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EspècesNœuds
Palomète à museau court
Photo : Piscary

Palomète à museau court

Trachinotus blochii · Carangidae

  • Mer
  • Mer côtière
  • Moyen
  • Taille

    40–110 cm

  • Poids

    0,9–3,4 kg

  • Profondeur

    1–7 m

Où le pêcher

  • Estuaire
  • Récif
  • Plage

Icônes des milieux : Flaticon

La palomète à museau court (Trachinotus blochii) est un carangidé au corps ovale comprimé et au profil frontal presque vertical, arborant une livrée argentée brillante parfois ornée de taches dorées sur les flancs. Poisson rapide et combatif, il évolue dans les eaux peu profondes des récifs et des plages sableuses de l'Indo-Pacifique.

Calendrier

Signalée dans 32 pays

Arabie saoudite · Australie · Chine · Égypte · Fidji · Guam · Île Norfolk · Îles Cocos · Îles Mariannes du Nord · Îles Marshall · Inde · Indonésie · Japon · Kenya · La Réunion · Malaisie · Maldives · Mayotte · Micronésie · Mozambique · Nouvelle-Calédonie · Palaos · Papouasie-Nouvelle-Guinée · Philippines · Polynésie française · R.A.S. chinoise de Hong Kong · Seychelles · Singapour · Taïwan · Tanzanie · Terres australes françaises · Wallis-et-Futuna

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’aire couvre la ceinture tropicale indo-pacifique dans toute sa largeur, de la mer Rouge et de l’Afrique orientale jusqu’aux Marshall et aux Samoa, du sud du Japon au nord de l’Australie.

Cette étendue s’explique par la continuité de ce que l’espèce exige : du sable en bordure et un récif exposé à quelques centaines de mètres. La ceinture chaude de l’Indo-Pacifique aligne ces deux éléments sans interruption sur près de la moitié de la circonférence terrestre. La limite orientale tombe là où les chaînes insulaires s’espacent et où commence le Pacifique ouvert, qui n’offre plus de rivage à intervalles utiles.

Le reconnaître

Les palomètes partagent une silhouette — courte, très haute, aplatie sur les côtés au point de ne presque plus rien montrer de face — et la détermination passe donc par les comptages plutôt que par l’allure.

Sept épines à la première dorsale, dix-huit à vingt rayons mous à la seconde. Trois épines à l’anale, seize à dix-huit rayons. Ces totaux sont nettement plus bas que ceux des palomètes de l’Atlantique est, qui approchent la trentaine de rayons à la dorsale molle : sur un poisson dont la forme ne dit rien, le décompte des rayons tranche.

L’eau qu’il lui faut

Un à sept mètres. Toute la vie de l’espèce tient dans cette tranche d’eau, la plus mince du genre, et rien de ce qui la concerne ne se joue au-delà.

À l’intérieur de cette bande, l’adresse change avec l’âge, et le changement est complet. Les juvéniles occupent les rivages sableux et les baies peu profondes à fond de sable ou de vase, aux abords des embouchures ; ils y supportent l’eau dessalée et vont par petites troupes. Les adultes quittent ces eaux troubles pour les récifs coralliens et rocheux tournés vers le large, en eau claire, et y vivent le plus souvent seuls.

Un pêcheur qui change de taille cible change donc de milieu, de couleur d’eau et de salinité — pas de technique.

Zones

  • Zones de surf côtières
  • Récifs peu profonds
  • Lagons tropicaux
  • Embouchures de rivières

Techniques

  • Spinning depuis la plage
  • Leurre métallique en casting
  • Crevette en dérive
  • Pêche au surf

Appâts

  • Crevette naturelle
  • Leurre métallique brillant
  • Crabe de plage
  • Vers marins

Ce qu’il mange

L’adulte se nourrit principalement de mollusques du sable et d’autres invertébrés à coquille dure.

Cette ligne mérite d’être prise au sérieux, parce qu’elle décrit un métier entier. Une proie enfouie ne se voit pas : il faut la détecter dans le substrat. Une proie à coquille ne s’avale pas telle quelle : il faut la casser. Ni la vitesse ni la vue ne servent à cela, et c’est pourquoi ce carangidé n’a rien de commun, dans sa manière de vivre, avec les carangues qui poursuivent du poisson en pleine eau au-dessus des mêmes récifs.

Comment le pêcher

Sept mètres de fond au maximum : la pêche se pratique du bord ou en très petite embarcation, et l’essentiel se trouve à portée de lancer. Aucun matériel de profondeur n’a d’utilité sur cette espèce.

Le choix du poste découle de l’âge des poissons recherchés. Les embouchures et les baies vaseuses tiennent les jeunes en groupes ; les récifs exposés du large tiennent les grands, isolés. Ce sont deux pêches distinctes, et confondre les deux revient à chercher un gros poisson dans une nurserie.

L’esche suit un régime d’invertébrés à coquille. Coquillages, crabes et crevettes correspondent à ce que l’animal mange réellement ; un leurre animé rapidement ne renvoie à rien dans son répertoire.

Un chiffre doit être connu avant de décider du sort d’une prise : les individus les plus précoces ne mûrissent qu’à cinquante-huit centimètres, alors que la taille couramment capturée est de quarante. Le poisson ordinaire de cette espèce est un poisson qui n’a pas encore pondu.

Des cas de ciguatera sont rapportés sur ce palomète. La toxine ne se détruit pas et sa présence est affaire de secteur ; l’usage local est le seul renseignement qui vaille.

Conservation

L’écart entre la maturité et la taille des captures est ce qui pèse ici, et il est considérable. Cinquante-huit centimètres pour le plus précoce des reproducteurs connus, quarante centimètres pour la prise ordinaire : la pêche travaille sur des poissons qui n’ont pas participé à une seule ponte, et le stock ne se renouvelle donc que par ce qui échappe à l’effort.

La nurserie ajoute sa fragilité. Les jeunes dépendent des embouchures et des baies vaseuses peu profondes, c’est-à-dire de la première bande que gagnent les ports, les remblais et l’aquaculture littorale sur toute l’aire tropicale. Une population peut décliner alors que les récifs du large, où vivent les adultes, restent intacts.

L’espèce est par ailleurs élevée commercialement, et cette production coexiste avec une pêcherie qui prélève des immatures. Savoir laquelle des deux alimente un étal donné est rarement possible.

L’évaluation de référence remonte à mars 2015.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Toutes les langues du catalogue s’accordent ici, ce qui n’est pas courant dans ce genre : snubnose pompano, pámpano de hocico chato, Stumpfnasen-Gabelmakrele, pampano dal muso corto, pampo-focinho-curto. Le museau court a fait l’unanimité, là où les autres palomètes se partagent des noms qui s’échangent d’une espèce à l’autre.

L’épithète blochii rend hommage à Marcus Elieser Bloch, médecin berlinois du dix-huitième siècle dont l’ichtyologie descriptive porte encore la marque.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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