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EspècesNœuds
Brochet africain
Photo : Piscary

Brochet africain

Hepsetus odoe · Hepsetidae

  • Eau douce
  • Carnassiers
  • Moyen
  • Taille

    44 cm

  • Temp. eau

    26–28 °C

Où le pêcher

  • Estuaire
  • Canal
  • Rivière

Icônes des milieux : Flaticon

Petit prédateur africain au corps allongé et fuselé, rappelant le brochet, avec une gueule proéminente garnie de dents acérées et une livrée verdâtre tachetée.

Calendrier

Signalée dans 19 pays

Angola · Bénin · Botswana · Cameroun · Congo-Brazzaville · Congo-Kinshasa · Côte d’Ivoire · Gabon · Gambie · Ghana · Guinée · Liberia · Namibie · Nigeria · République centrafricaine · Sénégal · Sierra Leone · Togo · Zambie

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’aire est étroite et bornée par deux fleuves : la Sassandra en Côte d’Ivoire à l’ouest, le Chari en République centrafricaine à l’est, avec une extension vers le sud jusqu’à la Kribi au Cameroun.

Cette étroitesse est récente, et elle n’a rien à voir avec le poisson. Le nom couvrait auparavant la quasi-totalité de l’Afrique subsaharienne ; une révision du genre publiée en 2012 l’a restreint à cette bande, décrit une espèce nouvelle et redécrit celle-ci. Toute mention hors de ces limites — et il y en a beaucoup dans la littérature ancienne, dans les guides et sous les photographies — désigne un autre Hepsetus.

Il faut donc lire les sources par leur date. Une carte antérieure à la révision et une carte postérieure ne parlent pas du même animal, alors qu’elles portent le même nom.

Le reconnaître

Tout se compte sur la tête, et c’est ce qui rend la détermination ingrate. La largeur de la tête vaut 32,8 à 42,3 % de sa longueur, la distance entre la narine et la mâchoire inférieure 36,6 à 42,1 %, l’écart internasal 21,9 à 28,3 % : trois proportions crâniennes, mesurées au pied à coulisse, pour séparer des poissons qui ont exactement la même silhouette.

Deux comptages plus accessibles complètent la clé. Les branchiospines du premier arc sont nombreuses, dix-sept à vingt-trois, et les écailles de la ligne latérale peu nombreuses, quarante-trois à cinquante et une. Cette combinaison — beaucoup de branchiospines, peu d’écailles — n’appartient qu’à cette espèce du genre.

La nageoire dorsale porte neuf rayons mous, l’anale douze, aucune épine nulle part. La colonne compte quarante-cinq à quarante-neuf vertèbres, ce qui va avec un corps allongé.

En pratique, aucune de ces mesures ne se prend au bord de l’eau. Dans l’aire décrite plus bas, la géographie fait le travail : c’est le seul Hepsetus présent.

La reproduction

Le nid est un radeau de bulles, libre en surface. Un characiforme qui construit une structure flottante est une anomalie dans un ordre où l’immense majorité des espèces dispersent leurs œufs et n’y reviennent pas.

Cette architecture impose ses conditions. Une agglomération de bulles enrobées de mucus ne tient ni dans le vent, ni dans le courant, ni contre le clapot : il faut une surface abritée, calme, généralement fermée par la végétation. La contrainte de reproduction explique donc mieux que toute autre chose le choix des eaux décrit plus loin.

La maturité arrive tôt et petit, autour de quatorze centimètres. Un poisson qui fraie à cette taille consacre l’essentiel de sa vie à se reproduire plutôt qu’à grandir, et une population comporte donc très peu d’immatures.

L’eau qu’il lui faut

Le fait le plus utile de sa biologie est une absence, pas une présence. L’espèce fréquente préférentiellement les hauts cours et les petites rivières, là où les poissons-tigres du genre Hydrocynus sont rares ou absents.

Un prédateur dont la distribution locale se définit par celle d’un autre prédateur ne se cherche pas au hasard dans un bassin. Le grand chenal, patrouillé par les Hydrocynus, n’est pas son domaine ; les affluents et les têtes de réseau le sont.

Le reste de l’enveloppe est cohérent avec ces eaux : un pH de 6 à 7,5, une dureté modérée, vingt-six à vingt-huit degrés. C’est le profil d’une eau forestière, tiède, faiblement minéralisée, souvent ombragée. L’espèce se tient près du fond mais accomplit des déplacements en eau douce, sans jamais gagner la mer.

Zones

  • Bordures végétalisées de fleuve
  • Plaines d'inondation temporaires
  • Marécages et lagunes
  • Canaux et fossés herbeux

Techniques

  • Pêche au vif en bordure
  • Leurres de surface animés
  • Mort manié lent en nénuphars
  • Spinner léger en lisière

Appâts

  • Petits poissons vifs
  • Leurres de surface
  • Vers de terre
  • Petites grenouilles

Comment le pêcher

Remonter est la première décision. Puisque l’espèce cède le lit principal aux poissons-tigres, un secteur se choisit vers l’amont et vers le petit : bras étroits, affluents, bordures fermées par la végétation, plutôt que le large d’un fleuve.

La contrainte du nid oriente ensuite la lecture de la surface. Les eaux calmes et abritées qui permettent à un radeau de bulles de tenir sont aussi celles où un poisson embusqué guette vers le haut, et une animation de surface y trouve son sens là où elle serait perdue dans le courant.

Le calibre suit. C’est un prédateur de petit gabarit, qui fraie déjà à quatorze centimètres : hameçons et leurres se dimensionnent sur des proies de bordure, pas sur des poissons de chenal.

Une pêche vivrière l’exploite localement, au filet, et le commerce aquariophile en prélève des sujets vivants. Ces deux débouchés ne visent pas les mêmes tailles, et le second concerne les jeunes.

Conservation

L’espèce a été évaluée en 2019, soit après la révision de 2012 — ce qui n’est pas un détail administratif. Toute estimation antérieure portait sur un ensemble de populations réparties d’un bout à l’autre du continent ; celle-ci porte sur une bande de forêt ouest-africaine, ce qui est un tout autre objet.

La conséquence pratique est qu’il n’existe pas de série longue. Le suivi d’une espèce commence le jour où son nom cesse de désigner autre chose, et pour celle-ci ce jour est proche.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Brochet africain en français, African pike en anglais, lucio africano en espagnol, Afrikanischer Hecht en allemand : chaque langue a repris le même faux ami. Ce poisson n’a aucune parenté avec les Esox — c’est un characiforme, du même ordre que les piranhas et les tétras.

La ressemblance est réelle mais convergente. Un corps allongé, une gueule armée portée à l’avant du crâne et des nageoires reportées vers l’arrière constituent la solution la plus économique au métier d’embusqué, et deux lignées très éloignées l’ont trouvée chacune de son côté.

L’espèce décrite en 2012 dans la même révision porte, elle, un nom local : akawo.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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