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EspècesNœuds
Tiger shovelnose
Photo : Piscary

Tiger shovelnose

Pseudoplatystoma fasciatum · Pimelodidae

  • Eau douce
  • Silures & poissons-chats
  • Moyen
  • Taille

    105 cm

  • Poids

    70 kg

  • Temp. eau

    24–28 °C

Où le pêcher

  • Rivière

Icônes des milieux : Flaticon

Le tiger shovelnose est un grand silure sud-américain de la famille Pimelodidae, au corps élancé marqué de bandes verticales sombres sur fond gris argenté évoquant un tigre. Sa tête longue et aplatie en forme de pelle, munie de longs barbillons, est très caractéristique.

Calendrier

Signalée dans 6 pays

Argentine · Bolivie · Brésil · Colombie · Guyana · Guyane française

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

Cinq bassins, et ils ne communiquent pas tous : l’Amazone, l’Orénoque, le Paraná, plus le Corantijn et l’Essequibo des Guyanes.

Cette combinaison est le motif classique des grands poissons de chenal d’Amérique du Sud. Ces bassins ont échangé leurs faunes au cours du temps, par des plaines inondées communes et des captures de cours d’eau, et une espèce de lit majeur figure parmi celles qui ont circulé le plus facilement.

La bande de latitudes, de huit degrés nord à onze degrés sud, tient tout entière dans la ceinture chaude. La température rapportée pour l’espèce va de vingt-quatre à vingt-huit degrés : une fenêtre de quatre degrés seulement.

La reproduction

Onze centimètres séparent les deux sexes à la maturité : quarante-cinq pour les mâles, cinquante-six pour les femelles. Et l’écart ne se referme pas ensuite, puisque les femelles atteignent des tailles que les mâles n’atteignent pas.

La fécondité est donnée au kilo : huit millions d’œufs par kilogramme de poisson. L’unité est la seule qui convienne, parce que la production suit la masse — ce qui veut dire que la ponte d’un bief repose sur ses plus grosses femelles bien plus que sur le nombre de ses reproducteurs.

Un gros cachara est donc une femelle, et il porte à lui seul une part de la reproduction du secteur. La même source donne par ailleurs cinquante-trois centimètres comme seuil général de maturité, sans distinguer les sexes ; les deux chiffres cohabitent dans la documentation et il vaut mieux les connaître tous les deux.

L’espèce est potamodrome : son cycle entier se joue dans le réseau fluvial.

L’eau qu’il lui faut

Le lit majeur est son domaine, et la nuance qui suit est la plus utile de la fiche. L’adulte fréquente l’ensemble des chenaux principaux et entre parfois dans les forêts inondées — mais ses recherches de nourriture, elles, restent confinées au lit du fleuve.

Présence et alimentation sont donc dissociées, ce qui est rarement établi aussi clairement pour un poisson amazonien. Pendant la crue, le poisson peut être dans la forêt ; il mange dans le chenal.

Une préférence est notée par comparaison avec son proche parent : il paraît plus attaché aux cours d’eau ombragés.

L’amplitude chimique, enfin, est large — pH de six à huit, dureté de quatre à trente degrés. De quoi tenir aussi bien dans les eaux noires acides que dans les eaux chargées de limon.

Zones

  • Chenaux principaux des grands fleuves
  • Fosses profondes à courant modéré
  • Confluences d'affluents
  • Plages de sable sous-marines

Techniques

  • Vif en pleine eau
  • Mort manié sur montage glissant
  • Leurre souple swimbaits
  • Pêche au fond en rivière

Appâts

  • Poissons vifs amazoniens
  • Poissons morts entiers
  • Sardines de rivière
  • Piranhas entiers

Ce qu’il mange

Il chasse de nuit, et la liste de ses proies est instructive : loricariidés, cichlidés, characoïdés, plus des crabes.

Le premier nom est le plus parlant. Les loricariidés sont les poissons-chats cuirassés, couverts de plaques osseuses ; les avaler suppose une gueule large et un tube digestif qui accepte l’armure. Un prédateur qui les prend ne trie pas ses proies sur leur commodité.

Les crabes complètent le tableau et situent la chasse au contact du fond, ce que confirme un mode de vie démersal.

Comment le pêcher

Le chenal, la nuit, au fond : les trois données de la pêche sortent d’une seule phrase de la documentation.

L’alimentation confinée au lit du fleuve est la consigne la plus utile. Pendant la crue, il est tentant de suivre l’eau dans la forêt inondée ; l’espèce y passe, mais elle revient manger au chenal, et c’est là qu’il faut poser.

Ses proies désignent l’appât : du poisson, et du poisson de fond plutôt que de pleine eau. Une proie cuirassée n’est pas un obstacle pour lui, un crabe non plus.

La chair, jaunâtre, est décrite comme sans arêtes, ce qui a fait de l’espèce un poisson de marché sur toute son aire — et explique la pression exercée sur elle par ailleurs que par la ligne.

Conservation

Ce qui pèse ici n’est pas une étiquette, c’est la structure de la ponte. Huit millions d’œufs par kilo signifie que la contribution d’une femelle croît avec sa masse. Retirer les plus grosses retire une part disproportionnée de la reproduction, et une pêche qui sélectionne le calibre les retire en premier, puisque les grands individus sont précisément les femelles.

Le second point est le fleuve lui-même. Un poisson potamodrome dont l’alimentation est confinée au lit majeur dépend de la continuité de ce lit : un ouvrage qui coupe le chenal ne lui retire pas seulement un couloir de migration, il lui retire son garde-manger.

Sa préférence pour les cours d’eau ombragés ajoute enfin une dépendance discrète à la ripisylve. L’ombre d’un chenal vient de ses berges boisées, et rien ne la remplace.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Aucun nom français n’existe hors du commerce aquariophile, qui l’appelle tiger shovelnose — museau en pelle et robe de tigre, ce qui décrit correctement l’animal. Les noms sud-américains sont plus anciens et plus précis : cachara au Brésil, surubí atigrado dans les pays hispanophones.

Pseudoplatystoma se lit « faux large museau », et fasciatum renvoie aux bandes du flanc. Le binôme dit donc la tête et la robe, dans cet ordre.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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