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EspècesNœuds
Piraíba
Photo : Piscary

Piraíba

Brachyplatystoma filamentosum · Pimelodidae

  • Eau douce
  • Silures & poissons-chats
  • Difficile
  • Taille

    120–360 cm

  • Poids

    28–200 kg

Où le pêcher

  • Estuaire
  • Rivière

Icônes des milieux : Flaticon

Le piraíba est le plus grand silure du bassin amazonien, appartenant à la famille Pimelodidae. Il se distingue par sa taille imposante, son corps argenté allongé et de très longs barbillons. Espèce migratrice, il effectue de vastes déplacements entre les eaux douces et les zones estuariennes.

Calendrier

Signalée dans 4 pays

Brésil · Colombie · Guyane française · Pérou

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

Trois ensembles fluviaux sans communication intérieure portent le piraíba : l’Amazone, l’Orénoque, et les grands fleuves des Guyanes et du nord-est brésilien. Une mention argentine existe, très au sud du reste, et son statut est plus faible que celui des autres signalements.

Ces bassins ne se touchent pas en amont. Ils ne partagent que la façade océanique, et c’est par là que passe le lien : les jeunes et les subadultes fréquentent l’eau saumâtre des embouchures, ce qu’aucun poisson strictement dulçaquicole ne pourrait faire. Une tolérance au sel chez les immatures suffit à expliquer qu’un géant d’eau douce occupe des réseaux que rien ne relie à l’intérieur du continent.

La conséquence est qu’une même vie parcourt tout le gradient, de l’estuaire aux hauts cours. L’aire n’est pas un chapelet de populations séparées mais un couloir unique, et chaque tronçon compte pour l’ensemble.

L’eau qu’il lui faut

Les fonds meubles sont sa surface d’appui. Sable et vase des chenaux principaux, sans blocs ni encombrement — ce n’est pas un silure de rapide ni de sous-berge, mais un poisson des grands volumes plats.

L’étage change avec l’âge. La nurserie est en aval, dans les eaux mêlées des embouchures ; les grands sujets se tiennent dans les fosses et les chenaux du lit majeur, très loin de la mer.

Zones

  • Fosses très profondes du fleuve Amazone
  • Estuaires et zones de marée
  • Confluences de grands affluents
  • Chenaux principaux en période de basses eaux

Techniques

  • Pêche au fond en grande rivière
  • Vif de gros calibre
  • Mort manié sur montage lourd
  • Dérive au fil du courant

Appâts

  • Gros poissons vifs
  • Poissons morts entiers
  • Anguilles de rivière
  • Matrinchã ou tucunaré

Ce qu’il mange

Le régime est du poisson, ce qui n’étonne pas d’un prédateur de ce gabarit. Ce qui étonne davantage tient aux contenus stomacaux : on y a rapporté des restes de singes.

Le fait dit ce qu’aucune liste de proies ne dirait. Un fleuve amazonien coule sous une canopée, et ce qui en tombe finit à la surface d’une eau profonde. Un prédateur assez grand pour avaler un primate ne trie pas entre ses proies habituelles et l’aubaine qui flotte.

Des attaques sur l’homme ont été rapportées dans certaines parties de l’Amazone. Elles sont anciennes, exceptionnelles, et l’espèce n’est pas tenue pour dangereuse.

Comment le pêcher

La taille courante rapportée est de cent vingt centimètres. Ce n’est pas un record mais l’ordinaire : le poisson qu’on rencontre est déjà hors de portée d’un matériel de carnassier, et le dimensionnement se décide sur cette valeur, pas sur un maximum.

Les engins commerciaux disent la méthode. Filets et palangres travaillent au fond, dans le chenal, avec des appâts posés — la palangre étant précisément un hameçon appâté laissé sur un fond meuble. Une pêche à la ligne qui reproduit cette présentation cherche le poisson là où il est, et non là où il est visible.

La répartition par taille trie les secteurs. Chercher un grand sujet en aval, dans les eaux saumâtres où se tiennent les immatures, revient à pêcher la classe de taille qu’on ne veut pas.

Conservation

La surexploitation est nommée comme la pression qui pèse sur l’espèce, et le mode de capture explique pourquoi. Un filet ne choisit pas ce qu’il retient, une palangre non plus, et un poisson qui atteint les dimensions affichées plus haut ne les atteint pas en quelques saisons.

Le second point de vulnérabilité est géographique. La nurserie se concentre dans les embouchures, c’est-à-dire dans la portion la plus courte, la plus accessible et la plus pêchée du parcours. Une pression exercée là ne prélève pas des adultes : elle prélève les années qui les précèdent.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Piraíba est un nom d’origine tupi-guarani, où pirá désigne le poisson — le même élément que dans piranha et pirarucu. L’espagnol, l’allemand et l’italien le reprennent tel quel, faute d’avoir jamais eu à nommer l’animal autrement.

L’anglais fait exception avec kumakuma, emprunté aux langues d’Amazonie occidentale. Aucune langue européenne n’a forgé de nom propre pour ce poisson : toutes ont pris celui des pêcheurs qui le connaissaient.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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