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EspècesNœuds
Java barb
Photo : Piscary

Java barb

Barbonymus gonionotus · Cyprinidae

  • Eau douce
  • Carpes & blancs
  • Moyen
  • Taille

    43 cm

  • Temp. eau

    22–28 °C

Où le pêcher

  • Canal
  • Lac
  • Rivière

Icônes des milieux : Flaticon

Le Java barb est un cyprinidé de taille moyenne aux flancs argentés, à la nageoire dorsale haut portée et aux reflets dorés discrets.

Calendrier

Signalée dans 9 pays

Cambodge · Inde · Indonésie · Laos · Malaisie · Singapour · Taïwan · Thaïlande · Viêt Nam

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

Quatre ensembles composent l’aire : les bassins du Mékong et de la Chao Phraya, la péninsule Malaise, Sumatra et Java. Ce sont des systèmes de basses terres à forte saisonnalité hydrologique, et c’est cette caractéristique commune, plus que la géographie, qui les réunit.

Dans le Mékong, l’occupation est totale. Le poisson est présent sur toute la longueur du fleuve, depuis le delta au contact de la zone d’intrusion saline jusqu’à Chiang Khong, dans le nord de la Thaïlande — soit l’essentiel du cours accessible. Peu d’espèces couvrent ainsi un fleuve d’un bout à l’autre.

L’aire ne s’arrête d’ailleurs plus là. Des individus échappés d’installations d’élevage se sont établis dans des rivières et fondent aujourd’hui des pêcheries de capture sur plusieurs îles d’Asie du Sud-Est, là où l’espèce n’était pas présente.

Le reconnaître

Un barbeau presque sans barbillons. Ceux qui subsistent sont minuscules ou réduits à l’état de moignons, et la paire supérieure disparaît parfois entièrement. Chez un poisson dont le nom, dans toutes les langues, renvoie à cet appendice, l’absence est le premier caractère à noter.

La silhouette est haute et fortement comprimée. Le dos s’élève en arc, avec un profil souvent creusé juste au-dessus de la nuque, ce qui donne au poisson sa forme de losange vu de côté. La tête est petite, le museau pointu, la bouche terminale — placée au bout du museau et non dessous.

La couleur d’un poisson frais est un blanc argenté, parfois teinté d’or, et rien d’autre : ni tache, ni bande, ni marbrure. Les seules couleurs sont dans les nageoires. La dorsale et la caudale sont grises à gris jaunâtre ; l’anale et les ventrales sont orange clair avec la pointe rougeâtre ; les pectorales vont du pâle au jaune léger.

Les comptages tranchent avec les cyprinidés d’Europe : quatre épines à la dorsale suivies de huit rayons mous, trois épines à l’anale suivies de six ou sept rayons ramifiés. Les tubercules du museau sont très peu nombreux et invisibles sans loupe, et la longueur du museau reste bien inférieure à la largeur de l’orbite.

L’eau qu’il lui faut

Il occupe la mi-hauteur et le fond des rivières, des ruisseaux, des plaines inondables et, à l’occasion, des retenues, dans une eau de vingt-deux à vingt-huit degrés. Un point contredit l’attente qu’on peut avoir d’un cyprinidé de grand fleuve : il préfère les eaux stagnantes aux eaux courantes.

Toute sa vie est réglée par le niveau, pas par la saison. Les premières pluies et la montée des eaux déclenchent le mouvement : le poisson quitte le fleuve, remonte dans un affluent, un canal ou un ruisseau, et gagne les terrains inondés. Il y passe la période de hautes eaux, dans la forêt noyée. Quand le niveau redescend, il refait le chemin en sens inverse et regagne le cours principal.

Ce trajet est court. La documentation le classe comme migrateur local et non comme grand migrateur : ce qu’il parcourt, c’est la largeur de la plaine, pas la longueur du fleuve. Le déplacement est latéral, et il conduit d’un chenal permanent à une nappe temporaire.

Zones

  • Bordures végétalisées de rivières
  • Plaines inondables et rizières
  • Canaux d'irrigation
  • Lacs peu profonds

Techniques

  • Pêche à l'anglaise en bordure
  • Pêche au coup léger
  • Pêche à la bolognaise
  • Pêche au feeder léger

Appâts

  • Pâte de riz gluant
  • Morceaux de végétaux aquatiques
  • Pain de mie
  • Graines de riz
  • Boulettes de son

Ce qu’il mange

Il mange des végétaux : feuilles, herbes, liseron d’eau et hydrilles, complétés d’invertébrés. C’est un consommateur de plantes aquatiques et de végétation immergée avant d’être un prédateur.

Ce régime explique le reste. Une forêt noyée offre à un herbivore une biomasse végétale que le chenal ne contient pas, et la crue est ce qui la met à portée pendant quelques mois. Le poisson ne monte pas sur la plaine pour se reproduire ni pour fuir, il y monte pour manger.

Cette capacité a d’ailleurs été mise à profit : on le déverse dans des retenues pour y contenir une végétation envahissante, service qui a souvent pesé plus lourd dans la décision de l’introduire que sa valeur alimentaire.

Comment le pêcher

Le calendrier se lit sur le niveau de l’eau. En hautes eaux, le poisson est dans les canaux, les ruisseaux et les terrains noyés ; en basses eaux, il est revenu dans le fleuve. Chercher au mauvais moment revient à chercher dans un compartiment qu’il a quitté.

Dans la zone inondée, sa préférence pour l’eau immobile désigne les endroits utiles : les fonds de nappe, les parties abritées du courant, l’intérieur de la forêt noyée plutôt que ses passages.

Les appâts suivent le menu, ce qui en fait l’un des rares poissons de sport que l’on prend sur des végétaux. Feuilles tendres, pousses aquatiques et pâtes végétales relèvent de son alimentation ordinaire, l’invertébré n’en constituant qu’un appoint.

Une capture exceptionnelle donne l’échelle du possible : le poisson homologué au réservoir de Dan Tchang, en Thaïlande, le 8 juillet 2003, dépasse la longueur maximale publiée pour l’espèce. Record de pêche et chiffres de référence ne s’accordent donc pas, et le lieu n’est pas un hasard — une retenue nourrit un herbivore mieux qu’un chenal.

L’usage alimentaire mérite enfin une note, parce qu’il tient à l’anatomie. La chair est traversée d’une multitude de petites arêtes, ce qui explique qu’on le prépare en lap pa, où le poisson est haché assez fin pour que les arêtes soient broyées avec le reste, ou grillé, ou transformé en som pa. Il se vend le plus souvent frais.

Une utilisation moins évidente le suit dans toutes les écloseries de la région : son hypophyse sert de matériel d’induction pour la reproduction artificielle d’autres espèces. Ce poisson est donc élevé en partie pour une glande, et non pour sa chair.

Conservation

Ce qui pèse sur lui n’est pas un obstacle sur le fleuve mais une digue le long du fleuve.

Sa croissance dépend d’une ressource qui n’existe que quelques mois par an, sur des terres normalement sèches. Un endiguement, une mise en culture de la plaine ou une régulation qui supprime le débordement ne coupent aucune route migratoire — le chenal reste continu, les adultes continuent d’y circuler — mais ils suppriment le pâturage. La perte se joue latéralement, là où les aménagements sont les moins souvent examinés sous l’angle du poisson.

Sa situation hors de son aire d’origine est d’une autre nature. Les populations issues d’évasions d’élevage se sont installées durablement sur plusieurs îles et portent désormais des pêcheries de capture. Toute décision les concernant est devenue une décision de gestion halieutique, avec des gens dont les revenus en dépendent, et non plus une question d’espèce introduite.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Le français n’a pas de nom pour ce poisson. Le catalogue reprend l’anglais silver barb, et l’usage francophone hésite entre le nom scientifique et une traduction ad hoc — situation ordinaire pour une espèce d’Asie du Sud-Est sans histoire de pêche en Europe.

Les autres langues du catalogue calquent la même formule : Silberbarbe, barbo plateado de Java, barbo argentato di Giava, barbo prateado de Java. Le renvoi à Java est trompeur : l’île n’est qu’un des quatre secteurs de l’aire, et le gros de l’espèce vit dans le Mékong et la Chao Phraya, à deux mille kilomètres de là.

Les noms qui comptent réellement sont ceux des langues du bassin, et ils apparaissent dans les préparations plutôt que dans les inventaires — lap pa, som pa. Le poisson est nommé par le plat.

L’épithète gonionotus décrit l’angle du dos, c’est-à-dire cette ligne dorsale brisée qui donne au poisson sa silhouette anguleuse.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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