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EspècesNœuds
Poisson-chat
Photo : Piscary

Poisson-chat

Ameiurus melas · Ictaluridae

  • Eau douce
  • Silures & poissons-chats
  • Facile
  • Taille

    27–66 cm

  • Poids

    0,3–3,6 kg

  • Longévité

    10 ans

  • Temp. eau

    8–30 °C

Où le pêcher

  • Canal
  • Étang
  • Rivière

Icônes des milieux : Flaticon

Espèce invasive catégorisée nuisible - 8 barbillons - Épines venimeuses douloureuses

Calendrier

Signalée dans 14 pays

Allemagne · Belgique · Canada · Croatie · Espagne · États-Unis · France · Hongrie · Italie · Pays-Bas · Portugal · Roumanie · Serbie · Suisse

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’aire d’origine s’étend des Grands Lacs au nord du Mexique. Ce qui a changé, c’est l’Europe.

L’espèce y entretient désormais des populations autonomes dans les bassins de l’Èbre et du Tage, dans la plupart des bassins français, et localement en Italie, aux Pays-Bas et en Allemagne — avec cette réserve que l’aire réelle est probablement plus large que l’aire connue, la confusion avec l’espèce voisine brouillant les inventaires nationaux.

Plusieurs pays ont enregistré des dégâts écologiques après son arrivée, et elle y est traitée comme une espèce indésirable. Le mécanisme n’est pas celui d’un grand prédateur : c’est la densité. En Europe, le poisson-chat forme des populations très nombreuses d’individus rabougris, qui ne grandissent plus faute de place et de nourriture, occupent tout l’espace disponible et ne présentent aucun intérêt pour personne. Un étang basculé dans cet état ne se remet pas seul.

Le reconnaître

Huit barbillons, pas six. Deux longs sur la mâchoire supérieure, deux courts sur les narines et quatre sous le menton : c’est le compte des Ictaluridés américains, et il tranche d’emblée avec le silure d’Europe, qui n’en porte que six. Les deux poissons appartiennent à des familles différentes et la ressemblance s’arrête au fait d’être nus, moustachus et nocturnes ; entre un poisson de trente centimètres et un poisson dont le record vérifié dépasse deux mètres et demi, la confusion ne tient d’ailleurs pas longtemps.

La difficulté réelle est ailleurs, et elle est sérieuse. Cette espèce est constamment confondue avec la barbotte brune, à tel point que la documentation de référence signale ne pas savoir laquelle des deux est présente dans certains pays. Un poisson-chat sorti d’un canal français est donc identifié par défaut plus que par examen, et la question ne se règle pas sur une photo.

Le corps est trapu, sans écailles, la peau lisse et glissante, la caudale peu ou pas échancrée. Les épines des nageoires pectorales et de la dorsale se bloquent en position dressée et piquent : elles portent du venin, ce qui rend la piqûre douloureuse bien au-delà de la profondeur de la plaie. Elles sont la première chose à maîtriser quand on saisit ce poisson, et le geste consiste à l’immobiliser par le dessus en gardant les doigts en arrière des pectorales.

La reproduction

La femelle construit, le mâle referme. Elle prépare le nid en dégageant du fond les débris, le gravier et le limon ; puis le couple entame une séquence de coups de tête réciproques et se caresse mutuellement le corps avec les barbillons.

Vient un geste qu’aucun autre poisson d’eau douce européen ne pratique : le mâle enroule sa nageoire caudale autour de la tête de la femelle, et c’est à ce moment qu’elle libère ses œufs. Le couple recommence, jusqu’à cinq fois dans la même heure. Entre deux émissions, la femelle ventile ce qui est déjà déposé.

La garde est ensuite assurée par les deux parents, qui défendent et ventilent la ponte. Cette biparentalité est le moteur discret de tout ce qui suit dans cette fiche : deux adultes de trente centimètres postés sur un nid protègent une ponte contre à peu près tout ce qui vit dans un étang, et le taux de survie qui en résulte est sans rapport avec celui d’une espèce qui abandonne ses œufs.

L’eau qu’il lui faut

Il cherche le fond mou et l’eau qui ne bouge pas. Fosses, bras morts, veines lentes des ruisseaux comme des grands cours d’eau, retenues, méandres coupés, étangs : partout où le substrat est meuble et le courant faible.

Sa plage de tolérance explique cette ubiquité. De huit à trente degrés, dans une eau acide comme franchement calcaire, douce comme dure, il n’est arrêté par presque aucun paramètre physico-chimique. Un plan d’eau qu’un cyprinidé exigeant refuse lui convient parfaitement.

Zones

  • Fonds vaseux
  • eaux tièdes
  • zones calmes

Techniques

  • Ligne morte de fond
  • Flotteur nuit

Appâts

  • Vers
  • Viande
  • Tripes
  • Poisson mort

Ce qu’il mange

Il s’alimente de nuit et mange à peu près tout. Les jeunes prennent des larves d’insectes, des sangsues et des crustacés ; les adultes y ajoutent des bivalves, des escargots, de la matière végétale et du poisson.

Cette omnivorie complète est la seconde raison de son succès. Une espèce qui accepte le végétal n’a pas de plafond fixé par l’abondance des proies animales, et une population peut donc continuer de croître longtemps après qu’un carnassier strict aurait cessé de se reproduire faute de fourrage. C’est ce qui produit les populations rabougries plutôt qu’un équilibre.

Comment le pêcher

Il se prend surtout sans qu’on le cherche. Là où il abonde, il monte sur les esches destinées aux autres espèces — appâts de fond, pâtes, vers, bouillettes — et le nombre de prises accidentelles est le premier symptôme d’un plan d’eau qui a basculé.

Pour qui le cherche vraiment, tout tient en trois réglages. Le fond mou et le courant nul plutôt que la veine d’eau ; la nuit ou la fin de journée plutôt que le plein jour ; un appât qui sent, animal ou carné, plutôt qu’un leurre. La détection se fait au barbillon et à la trace chimique, la vue ne joue presque aucun rôle.

Le décrochage demande une méthode fixe. Les épines venimeuses se dressent dès que le poisson est saisi, la peau nue est glissante, et un poisson qui tourne dans la main met l’épine dans la paume. Une pince, un chiffon et une prise par le dessus règlent la question une fois pour toutes.

Conservation

Ce qui est en jeu ici n’est pas le sort de l’espèce mais celui des milieux où elle a été déposée.

Le basculement se produit toujours dans le même ordre. Deux parents gardent efficacement une ponte, l’espèce mange indifféremment de l’animal et du végétal, elle supporte des eaux chaudes et pauvres en oxygène, et rien ne régule sa densité. En quelques saisons, un étang compte des milliers d’individus de la taille d’une main, la ressource benthique est épuisée et les espèces qui dépendaient du fond ont disparu. Le poisson-chat n’élimine pas ses concurrents en les mangeant, il les prive de leur nourriture.

Le statut administratif qui découle de cette situation varie d’un pays et d’une région à l’autre, et il concerne autant le transport que la remise à l’eau d’un poisson pris. Ces règles se vérifient auprès de l’autorité compétente avant toute décision sur le terrain — c’est un des rares cas où le sort d’une prise n’est pas laissé au jugement du pêcheur.

Réglementation

Destruction obligatoire - Remise à l'eau interdite

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Poisson-chat en français, sans autre précision, l’espèce étant la seule de sa famille répandue dans les eaux françaises. L’anglais dit black bullhead, l’allemand Schwarzer Katzenwels, l’italien pesce gatto. Le français canadien réserve « barbotte » à ce groupe de poissons, si bien qu’un même animal s’appelle poisson-chat sur une rive de l’Atlantique et barbotte sur l’autre.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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