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EspècesNœuds
Red-finned mahseer
Photo : Piscary

Red-finned mahseer

Tor tor · Cyprinidae

  • Eau douce
  • Carpes & blancs
  • Moyen
  • Taille

    18–200 cm

  • Poids

    0,1–9,0 kg

  • Longévité

    10 ans

  • Temp. eau

    15–30 °C

Où le pêcher

  • Rivière

Icônes des milieux : Flaticon

Le red-finned mahseer est un grand cyprinidé aux nageoires rougeâtres caractéristiques, au corps robuste et aux grandes écailles bien visibles.

Calendrier

Signalée dans 4 pays

Bangladesh · Inde · Népal · Pakistan

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

La reproduction

Deux déplacements annuels encadrent la saison : vers les têtes de bassin au début des pluies, vers l’aval à leur fin. Le poisson suit donc la mousson dans les deux sens, et son adresse change avec le mois.

La ponte s’étale de mars à septembre, sur pierres et gravier. Six mois, c’est une fenêtre très large pour une seule rivière ; elle mêle probablement des populations éloignées, dont les saisons ne coïncident pas, sous une même moyenne.

La maturité est atteinte vers trente-six centimètres. L’espèce est par ailleurs qualifiée de longévive, ce qui ne s’accorde pas avec les dix ans figurant comme âge maximal observé — l’un des deux chiffres est faux, et il n’y a pas moyen de savoir lequel.

L’eau qu’il lui faut

Les profondeurs rapportées pour cette espèce commencent à quinze mètres. La précision mérite d’être relevée parce que l’autre grand mahseer du même versant est donné, lui, dans le premier mètre d’eau : deux cyprinidés de même famille et de même bassin, cherchés à deux étages sans rapport.

Le reste du décor est classique — rivières, lacs, torrents rapides à fond rocheux — mais une phrase de son dossier va plus loin : la croissance est meilleure dans une rivière à fond de roche. Un substrat qui influence la croissance, ce n’est pas une préférence, c’est un garde-manger.

Le mécanisme est dans le régime. Algues filamenteuses, larves de chironomes, coléoptères aquatiques : tout cela pousse ou vit sur la roche, et une rivière ensablée ne le produit pas. La tolérance thermique, de quinze à trente degrés, est plus large que ce que suggère son aire himalayenne.

Zones

  • Fosses profondes sous les rapides
  • Confluences de rivières
  • Plats rocheux à fort courant
  • Bords d'îles de gravier

Techniques

  • Pêche au fond avec boulettes
  • Pêche à la mouche noyée
  • Pêche à la dérive
  • Pêche au feeder en rivière rapide

Appâts

  • Boulettes de son d'orge
  • Asticots
  • Crustacés d'eau douce
  • Graines de maïs
  • Vers de terre

Ce qu’il mange

Il broute. Algues filamenteuses en premier, puis larves de chironomes, coléoptères aquatiques et crustacés : rien de piscivore dans cette liste, alors que son voisin de rivière prend du poisson à l’âge adulte.

Cette différence évite la concurrence entre les deux mahseers. Ils partagent les mêmes torrents et ne mangent pas la même chose, l’un raclant le périphyton et la faune des pierres, l’autre chassant.

Elle dicte aussi les appâts. Un poisson qui vit de ce qui adhère au substrat répond aux pâtes, aux graines et aux larves présentées près du fond, et beaucoup moins à ce qui imite une proie en fuite.

Comment le pêcher

Le fond rocheux est le premier critère de choix d’un secteur, avant le débit ou l’encombrement. C’est là que se trouve la nourriture, et un tronçon ensablé n’en tient pas malgré une belle apparence.

L’étage compte autant. Les profondeurs indiquées imposent des montages qui atteignent le fond dans une eau qui pousse, à l’inverse des présentations de surface qui conviennent à son congénère.

Le calendrier s’organise autour de la mousson. Avant les pluies, les poissons sont dans les parties basses ; pendant la montée, ils gagnent l’amont ; après, ils redescendent. Ces trois périodes ne se pêchent pas aux mêmes endroits, et une bonne connaissance d’un poste ne vaut que pour une phase du cycle.

Les prises se font en eau douce claire et rapide, entre quinze et trente degrés, sur une gamme d’altitudes considérable — ce qui rend les repères d’une rivière difficilement transposables à la suivante.

Conservation

Ce qui manque le plus à cette espèce, c’est un dénombrement. Son évaluation n’a pas pu conclure faute de données, et le détail de son dossier montre pourquoi : une saison de ponte donnée à six mois près, une longévité contredite par le seul âge mesuré, une taille record héritée d’un rapport de 1897 qui ne s’accorde avec aucun chiffre moderne.

Deux dépendances sont pourtant claires, et elles pointent le même risque. La ponte a lieu sur pierres et graviers propres ; l’alimentation dépend de ce qui pousse sur la roche. Un colmatage par les fines — celui qu’apportent l’extraction de granulats, l’érosion des versants et la retenue d’un barrage — retire les deux d’un coup, la frayère et le garde-manger.

S’y ajoute la nécessité de circuler deux fois l’an entre l’amont et l’aval. Un poisson qui doit passer, se nourrir sur la roche et frayer sur le gravier cumule trois exigences qu’un même aménagement suffit à contrarier.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Tor est un nom vernaculaire du sous-continent indien, retenu à la fois comme nom de genre et comme épithète : Tor tor. Ces répétitions, que la nomenclature appelle des tautonymes, signalent presque toujours une espèce nommée d’après le mot courant qui la désignait, sans rien y ajouter.

Le français emploie l’anglais red-finned mahseer, d’après la teinte de ses nageoires, tandis que l’anglais scientifique s’en tient à tor barb. Le même poisson est donc désigné par sa couleur dans une langue et par sa parenté dans l’autre.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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