
Rohu
Labeo rohita · Cyprinidae
- Eau douce
- Carpes & blancs
- Moyen
- Taille
200 cm
- Poids
45 kg
- Longévité
10 ans
Où le pêcher
- Canal
- Lac
- Rivière
Icônes des milieux : Flaticon
Fraie dans les rivières en crue. La fécondité varie de 226 000 à 2 794 000 œufs selon la longueur et le poids du poisson ainsi que le poids de l'ovaire.
Calendrier
Signalée dans 8 pays
Bangladesh · Chine · Inde · Myanmar (Birmanie) · R.A.S. chinoise de Hong Kong · Sri Lanka · Thaïlande · Viêt Nam
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
L’aire signalée descend jusqu’à vingt-et-un degrés de latitude sud. Aucune rivière d’Asie du Sud n’atteint l’hémisphère austral : tout ce qui figure sous l’équateur a été déposé là.
Le motif de ces transferts est constant. On installe le rohu pour peupler des retenues et pour l’élever, et la carte suit donc les programmes piscicoles plutôt que des couloirs biogéographiques. Un poisson arrivé par camion dessine une aire discontinue, faite de plans d’eau et non de bassins.
Le reconnaître
Le profil inférieur de la tête est nettement arqué. Le dessous du museau et de la gorge dessine une courbe franche, visible d’un seul coup d’œil sur un poisson posé à plat, et c’est le caractère que les clés de détermination placent en premier.
La dorsale se mesure contre la tête. Elle est courte, et ses premiers rayons ramifiés sont plus courts que la tête elle-même : douze à quatorze rayons ramifiés et demi la composent. Le dos porte, en avant de cette nageoire, douze à seize écailles alignées sur la médiane.
Le museau ne porte aucun lobe latéral — une absence que la clé ne prendrait pas la peine de mentionner si l’ornement n’existait pas chez des cyprinidés voisins.
Le corps est fusiforme, de section ovale.
La reproduction
La ponte n’a pas de date, elle a une condition : la mousson du sud-ouest. Elle se déclenche quand le fleuve déborde, et pas avant.
Le site est décrit avec une précision rare. Les adultes fraient dans les cours moyens, là où l’eau de crue s’étale en nappes peu profondes et relativement claires sur des terrasses fertiles, bien en amont de toute influence de la marée. Ni l’estuaire, ni les gorges de tête de bassin.
La fécondité s’échelonne de deux cent vingt-six mille à près de deux millions huit cent mille œufs, et elle suit la longueur du poisson, son poids et celui de son ovaire. Un facteur douze sépare les deux bornes : ce que produit une femelle dépend presque entièrement de son gabarit.
Le rohu ne mûrit pas avant cinquante-huit centimètres. Rapporté à une longévité de dix ans, cela ne laisse qu’une poignée de saisons de reproduction, et chacune reste suspendue à une crue.
L’eau qu’il lui faut
Les adultes tiennent les rivières, et deux traits de comportement les séparent de la plupart des cyprinidés qu’on élève avec eux : ils sont actifs de jour, et généralement solitaires.
Benthopélagique, le rohu occupe la couche voisine du fond sans y coller, et il est signalé à partir de cinq mètres. Il s’enfouit à l’occasion, comportement inattendu chez un poisson de cette taille.
L’espèce est potamodrome et tolère le saumâtre, ce qui l’autorise à descendre bas dans les deltas. La reproduction, elle, tire dans l’autre sens : elle se joue au-dessus de toute influence de marée.
Zones
- Grandes rivières à courant modéré
- Réservoirs de plaine
- Zones limoneuses de fond
- Canaux d'irrigation
Techniques
- Pêche au fond au feeder
- Pêche à la bolognaise
- Pêche au coup
- Pêche à l'anglaise
Appâts
- Boulettes de son de blé
- Tourteau d'arachide
- Riz cuit
- Pâte de farine de maïs
- Graines de moutarde
Ce qu’il mange
Le régime documenté se réduit à un mot : des plantes. Rien d’animal n’y figure.
Pour un cyprinidé qui atteint cette taille, c’est un carburant pauvre, et il suppose un volume ingéré considérable. C’est aussi ce qui a fait la fortune de l’espèce en pisciculture : un poisson qui pousse sur du végétal coûte peu à nourrir, et il occupe dans un bassin l’étage que d’autres laissent inexploité.
Comment le pêcher
Trois traits organisent la pêche du rohu : il est végétarien, il est actif de jour, il est seul.
Le premier exclut d’emblée le ver, l’asticot et toute imitation de proie. Restent les pâtes, les graines et les farines — l’attractivité passe par l’odeur et la texture, jamais par le mouvement.
Le deuxième est un avantage rare chez un poisson de fond : l’activité se place en pleine journée, et il n’y a pas de veille nocturne à organiser.
Le troisième coûte cher. Un poste qui donne un rohu n’en donne pas six ; il n’y a pas de banc à fixer sur l’amorce, et une session se construit sur des poissons pris un par un.
La mousson déplace enfin complètement la cible. Pendant la crue, les adultes sont dans les nappes peu profondes des cours moyens, sur des terrasses inondées qui n’existent pas le reste de l’année. Cinquante-huit centimètres marque la maturité, repère utile quand vient le moment de rendre un poisson à l’eau ou non.
Conservation
Ce qui pèse sur le rohu n’est pas la ligne, c’est le régime hydrologique.
Sa ponte ne se déclenche que sur une crue qui s’étale en nappes sur des terrasses. Un fleuve dont les débits sont lissés et les terrasses déconnectées garde ses adultes et cesse de produire des jeunes, sans qu’aucun signe visible n’accompagne la bascule. Les bassins de type bundh et les retenues où l’espèce fraie également sont une réponse technique à ce problème, pas une correction du problème.
Le calendrier resserre l’affaire. Dix ans de vie, une maturité à cinquante-huit centimètres, une ponte annuelle conditionnée par la mousson : une succession d’années sèches ne se rattrape pas sur une classe d’âge qui n’a pas été produite.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Rohu s’écrit de la même façon dans les six langues de l’application. Aucun de ces marchés ne lui a forgé de nom propre, et le mot indien a suivi le poisson dans tous les bassins où on l’a installé.
Rui en bengali, rohu ou rohi en hindi : le nom est vernaculaire avant d’être commercial, ce qui dit assez ancienne la place de l’espèce dans les pêcheries du sous-continent. C’est aujourd’hui l’un des cyprinidés les plus élevés au monde.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org