
Tanche
Tinca tinca · Cyprinidae
- Eau douce
- Carpes & blancs
- Moyen
- Taille
30–60 cm
- Poids
0,3–7,5 kg
- Temp. eau
4–24 °C
Où le pêcher
- Étang
- Lac
- Canal
Icônes des milieux : Flaticon
Corps massif vert-brun avec mucus épais protecteur - Poisson très résistant hors de l'eau
Calendrier
Frai : poisson vulnérable. Vérifie la réglementation locale, les dates de fermeture varient selon les pays.
Signalée dans 33 pays
Allemagne · Australie · Autriche · Belgique · Biélorussie · Bosnie-Herzégovine · Canada · Chine · Croatie · Danemark · Espagne · États-Unis · Finlande · France · Grèce · Irlande · Italie · Lituanie · Luxembourg · Norvège · Nouvelle-Zélande · Pays-Bas · Pologne · Roumanie · Royaume-Uni · Russie · Serbie · Slovénie · Suède · Suisse · Tchéquie · Turquie · Ukraine
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
La tanche est native de la plus grande partie de l’Europe et de l’Asie occidentale, jusqu’au bassin de l’Ienisseï. Elle manquait naturellement en Irlande, en Scandinavie au nord du soixante et unième parallèle, dans l’est du bassin adriatique et dans l’ouest et le sud de la Grèce — où elle a depuis été introduite.
Son aire réelle est difficile à établir, précisément parce qu’elle est déplacée depuis longtemps. La tanche a été élevée en étang au Moyen Âge au même titre que la carpe, et cette histoire piscicole brouille la frontière entre populations natives et introduites sur une grande partie du continent.
Le reconnaître
La tanche se reconnaît au toucher avant même la couleur : sa peau est épaisse et couverte d’un mucus abondant, et ses écailles, minuscules, sont profondément enfoncées dedans. Un poisson qui glisse des mains comme aucun autre cyprinidé.
La robe est vert olive, parfois vert sombre ou presque noire, avec des reflets dorés sur le ventre. L’œil est petit et orange-rouge, détail constant qui aide quand la lumière trompe. Le corps est massif, trapu, comprimé latéralement, et le pédoncule caudal est remarquablement court et haut — une silhouette ramassée qui ne ressemble à aucune autre.
Un seul barbillon de chaque côté, à la commissure des lèvres, courts et charnus. C’est le caractère qui la sépare de la carpe, qui en porte quatre, et des autres cyprinidés européens qui n’en ont pas.
La ligne latérale compte quatre-vingt-seize à cent quinze écailles, chiffre élevé qui s’explique par leur petite taille.
La reproduction
La tanche fraie tard et longtemps. Selon la latitude, la ponte s’étale de mai à septembre, et elle demande une eau à dix-neuf ou vingt degrés — parmi les exigences thermiques les plus élevées des poissons d’eau douce européens.
Elle ne pond pas d’un coup. La femelle dépose des œufs verts et collants sur les plantes ou le fond tous les un à cinq jours, pendant deux mois. Cette ponte fractionnée est une assurance : une vague de froid ou une baisse de niveau ne détruit qu’une partie de la saison.
Les œufs sont minuscules, moins d’un millimètre, et l’incubation ne dure que trois jours à vingt degrés. Les larves, longues de quatre à cinq millimètres, restent accrochées aux plantes plusieurs jours, le temps d’épuiser leur vésicule.
Les mâles mûrissent à deux ou trois ans, les femelles à trois à sept.
L’eau qu’il lui faut
La tanche veut de l’eau chaude, calme, peu profonde et densément végétalisée, sur un fond de vase. Étangs, bras morts, lacs peu profonds, canaux envasés : elle occupe précisément les milieux que d’autres espèces désertent.
Sa tolérance aux faibles taux d’oxygène est sa signature. Là où une eau stagnante et chaude d’été fait fuir ou mourir la plupart des poissons, la tanche tient. Elle passe même l’hiver enfouie dans la vase, en léthargie, ce qui la rend pratiquement introuvable pendant plusieurs mois.
Les larves et les juvéniles ne quittent pas la végétation dense. Les adultes fréquentent les mêmes herbiers, sur fond de vase, et s’écartent peu.
Zones
- Fonds vaseux
- herbiers denses
- étangs
- bras morts
Techniques
- Feeder
- Flotteur
- Montages fonds
Appâts
- Vers
- Asticots
- Pain
- Maïs
Ce qu’il mange
La tanche fouille le fond. Détritus, animaux benthiques et matière végétale composent l’ordinaire ; les adultes se nourrissent surtout de mollusques, qu’ils prélèvent dans la vase.
Cette alimentation explique sa présence dans des eaux pauvres en poissons-fourrage et son indifférence à ce qui se passe en pleine eau. Une tanche cherche ce qui est enfoui, pas ce qui nage.
Comment le pêcher
La tanche se pêche dans la vase et dans la végétation, à quelques mètres du bord, et cela contredit l’instinct qui pousse à lancer loin. Les bordures d’herbiers, les trouées entre les nénuphars, les fonds mous où les bulles remontent sont les postes.
Ces bulles sont d’ailleurs le meilleur indice de la discipline. Une tanche qui fouille libère des chapelets de fines bulles à la surface, et un poste qui bulle est un poste occupé — information que peu d’autres espèces offrent aussi clairement.
Sa touche est lente et hésitante, à l’image de sa façon de manger. Le flotteur tremble, s’enfonce à peine, remonte, repart : ferrer trop tôt sur ces mouvements est l’erreur classique.
Le calendrier est étroit. Une espèce qui exige vingt degrés pour frayer et qui hiverne dans la vase ne se pêche vraiment que de la fin du printemps au début de l’automne, aux heures chaudes et surtout au lever du jour.
Son mucus, enfin, mérite d’être respecté : il protège la peau, et un poisson essuyé dans une herbe sèche ou un linge repart amoindri. Les mains mouillées ne sont pas une politesse.
Conservation
Rien ne menace la tanche à l’échelle de son aire, qui est vaste.
Localement, elle recule, et la cause est identifiée : l’aménagement des cours d’eau. La tanche dépend de bras morts, de zones peu profondes et végétalisées, chaudes en été — exactement ce que le recalibrage des rivières, le curage et la régulation des niveaux font disparaître. Une rivière rectifiée perd ses tanches avant de perdre ses autres cyprinidés.
Sa chair est très estimée, ce qui ajoute une pression là où les populations sont déjà fragmentées.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Tanche vient du latin tinca, qui a donné le nom scientifique sans changement. La forme dorée d’élevage, souvent vendue pour les bassins d’ornement, est la même espèce et se rencontre parfois en liberté après échappée. Les anglophones disent tench, les Allemands Schleie, les Espagnols tenca.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org