
Rotengle
Scardinius erythrophthalmus · Cyprinidae
- Eau douce
- Carpes & blancs
- Facile
- Taille
20–45 cm
- Poids
0,1–2,5 kg
- Longévité
19 ans
- Temp. eau
2–22 °C
Où le pêcher
- Rivière
Icônes des milieux : Flaticon
Ressemble au gardon mais plus doré avec nageoires rouge vif et bouche orientée vers le haut
Calendrier
Signalée dans 31 pays
Allemagne · Autriche · Belgique · Biélorussie · Canada · Croatie · Danemark · Espagne · Estonie · États-Unis · Finlande · France · Hongrie · Irlande · Italie · Lituanie · Luxembourg · Moldavie · Norvège · Nouvelle-Zélande · Pays-Bas · Pologne · Roumanie · Royaume-Uni · Russie · Slovaquie · Slovénie · Suède · Suisse · Tchéquie · Ukraine
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
L’espèce occupe la plupart des rivières européennes au nord des Pyrénées et des Alpes, vers l’est jusqu’à l’Oural et l’Eya, ainsi que les bassins de l’Aral et de la mer Blanche, et le bassin de la mer Noire en Europe et dans le nord de l’Asie Mineure.
Elle est naturellement absente de la péninsule Ibérique, du bassin adriatique, d’Italie, de Grèce au sud du Pinios, de Grande-Bretagne au nord du cinquante-quatrième parallèle, d’Irlande et de Scandinavie au nord du soixante-deuxième.
Une précision vaut d’être relayée : elle est définitivement absente de Sibérie, et les mentions qui l’y plaçaient venaient d’une confusion avec le gardon. La même confusion qui embrouille les pêcheurs a embrouillé les inventaires.
Le reconnaître
Le rotengle et le gardon se confondent constamment, et la bouche décide. Chez le rotengle, le museau pointe vers l’avant et sa pointe se situe au niveau du milieu de l’œil ou légèrement au-dessus — une bouche tournée vers le haut, faite pour prendre en surface.
Le profil dorsal de la tête est droit ou légèrement convexe, et le dos n’est pas bossu derrière la nuque. Trente-neuf à quarante-deux écailles sur la ligne latérale, dix à treize rayons branchus et demi à l’anale, neuf à douze branchiospines.
Trois épines dorsales, huit ou neuf rayons mous, trois épines anales, huit à douze rayons, trente-six à trente-neuf vertèbres.
Un second critère, plus simple, tient à la position des nageoires : chez le rotengle, l’origine de la dorsale se situe nettement en arrière de celle des ventrales, alors qu’elles sont à l’aplomb chez le gardon.
La reproduction
Les mâles se rassemblent sur la frayère et poussent les femelles mûres, souvent dans un désordre d’éclaboussures, au cœur de la végétation dense.
Les œufs sont très collants, incolores ou jaune pâle, et se fixent aux racines ou aux plantes immergées en eau peu profonde.
La dépendance à la végétation est totale : sans herbier ni racine, il n’y a pas de support et pas de ponte. Une berge nettoyée ne produit plus de rotengles, quelle que soit la qualité de l’eau.
La maturité arrive très tôt, vers huit centimètres.
L’eau qu’il lui faut
Les adultes occupent surtout les rivières de plaine riches en nutriments et bien végétalisées, les bras morts, les méandres abandonnés, les étangs et les lacs.
L’espèce s’adapte à des conditions défavorables, et sa plage thermique est large : de deux à vingt-deux degrés.
Zones
- Surface
- herbiers
- nénuphars
- zones végétalisées
Techniques
- Flotteur
- Ligne au coup
- Anglaise
Appâts
- Asticots
- Pain
- Maïs
- Vers
Ce qu’il mange
Elle se nourrit principalement de plancton, d’insectes terrestres et de matière végétale.
Les deux derniers éléments comptent. Une bouche orientée vers le haut prend les insectes tombés de la végétation riveraine, et la part végétale du régime est réelle — ce qui la distingue du gardon, plus tourné vers les invertébrés du fond.
Comment le pêcher
La bouche vers le haut désigne la technique. Le rotengle prend en surface et juste en dessous, ce qui autorise des présentations posées — pain, graine, imitation d’insecte — là où le gardon se pêche au fond.
Les herbiers denses et les bordures végétalisées sont les postes, et ce sont les mêmes que ceux de sa ponte : on le cherche dans la végétation, pas au large.
Sa maturité à huit centimètres et sa longévité de dix-neuf ans donnent des populations où coexistent beaucoup de classes d’âge, la taille courante restant autour de vingt centimètres.
Conservation
L’espèce est menacée par l’introduction d’autres espèces. C’est une formulation inhabituelle dans la documentation, et elle vise un mécanisme précis : le rotengle s’hybride avec le gardon et la brème, et ces croisements diluent des populations locales sans réduire le nombre de poissons.
Sa dépendance absolue à la végétation immergée pour la ponte constitue l’autre pression. Le curage des berges, la disparition des herbiers et l’enrochement suppriment le support, et rien ne le remplace.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Rotengle en français, souvent appelé gardon rouge — appellation qui entretient exactement la confusion qu’il faut éviter, puisque ce sont deux espèces différentes. Rudd en anglais, Rotfeder en allemand, scardola en italien. Le nom scientifique renvoie à l’œil rouge, caractère que le gardon partage.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org