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EspècesNœuds
Truite de la mer Noire
Photo : Piscary

Truite de la mer Noire

Salmo labrax · Salmonidae

  • Mer
  • Salmonidés
  • Difficile
  • Taille

    80 cm

Où le pêcher

  • Estuaire

Icônes des milieux : Flaticon

La truite de la mer Noire est un salmonidé anadrome des côtes pontiques, au corps argenté ponctué de taches noires, qui remonte les cours d'eau de Turquie, de Bulgarie et de Géorgie pour se reproduire.

Calendrier

Signalée dans 12 pays

Bosnie-Herzégovine · Bulgarie · Croatie · Géorgie · Monténégro · Roumanie · Russie · Slovaquie · Slovénie · Suisse · Turquie · Ukraine

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’aire suit les fleuves qui se jettent dans la mer Noire : c’est une truite de façade, pas de bassin continental. Le contour est celui du littoral pontique, pas celui d’un réseau hydrographique.

Une population fait exception, et elle est instructive. Le ruisseau Lipkovska, dans le haut Vardar en Macédoine du Nord, en abrite une — or le Vardar coule vers l’Égée, pas vers le Pont. Une truite séparée de son aire par une ligne de partage des eaux ne s’explique pas par la dispersion actuelle : elle enregistre une configuration hydrographique plus ancienne que celle des cartes.

Le reconnaître

La queue la désigne. Sa caudale n’est que faiblement échancrée, presque droite, là où les autres truites du bassin pontique la portent nettement fourchue. C’est le caractère unique retenu pour la séparer de ses congénères sur cette façade.

Les œufs en sont un second, utilisable seulement sur une femelle mûre : ils sont jaunes à orange et mesurent environ cinq millimètres.

Le comptage tranche plus finement. Elle porte seize à dix-huit branchiospines, le plus souvent dix-huit, quand Salmo trutta en compte treize à dix-huit avec une valeur usuelle de seize. Les fourchettes se recouvrent presque entièrement ; ce sont les modes qui diffèrent, ce qui rend le caractère lisible sur une série de poissons et douteux sur un individu isolé.

La reproduction

La fraie se tient d’octobre à janvier, dans les hauts de bassin où le courant est le plus vif. Elle se fait toujours en eau douce, quelle que soit la forme dont vient le géniteur.

Le calendrier d’eau douce est long. Les tacons passent deux à quatre ans en rivière avant de smoltifier. Ceux qui descendent restent ensuite deux à quatre ans en mer ; les autres mûrissent sur place sans jamais voir l’eau salée.

Cette bifurcation se joue individuellement, au sein d’une même ponte. Une rivière produit donc en permanence les deux stratégies, et la proportion entre elles dépend de ce que chacune rapporte dans ce bassin-là.

L’eau qu’il lui faut

Trois formes coexistent : anadrome, lacustre et résidente. En mer, elle longe les côtes jusqu’à une cinquantaine de mètres de fond. La fraction résidente occupe les ruisseaux et les têtes de bassin, en courant rapide, sur pierre ou gravier, en eau froide et limpide.

Cette pluralité, banale chez les truites, prend ici une portée particulière. Là où un ouvrage a coupé la route de la mer, la population subsiste par sa part sédentaire. Elle survit donc à l’amputation de sa forme la plus productive, ce qui rend son état difficile à juger : les poissons visibles en rivière ne disent rien du sort des migrateurs.

Zones

  • Estuaires de la mer Noire
  • Rivières côtières
  • Embouchures de fleuves

Techniques

  • Pêche à la mouche (streamer)
  • Leurre léger
  • Pêche au toc en rivière

Appâts

  • Streamer
  • Cuiller
  • Petit poisson mort

Ce qu’il mange

Le régime se lit à deux âges. Tacons et adultes sédentaires vivent d’invertébrés aquatiques et terrestres. Les anadromes et les grands individus de lac s’attaquent surtout aux poissons et aux crustacés de taille.

Le point notable est que les migrateurs ne jeûnent pas une fois revenus en eau douce. C’est une exception dans ce groupe, et elle change la manière dont un poisson en montaison réagit à ce qui passe devant lui.

Comment le pêcher

Une différence avec le saumon atlantique commande tout : les individus anadromes continuent de se nourrir pendant leur séjour en rivière. L’appétit reste donc un levier, et l’appât comme le leurre travaillent sur la faim plutôt que sur le seul réflexe.

La taille du leurre se choisit selon la fraction visée, pas selon le tronçon. Tacons et adultes sédentaires cherchent des invertébrés ; anadromes et grands sujets lacustres chassent le poisson et les gros crustacés. Les deux catégories partagent souvent le même parcours, et une nymphe et un streamer n’y prennent pas les mêmes poissons.

L’accès aux frayères déplace enfin les concentrations. Puisque les barrages arrêtent la plupart des adultes en montaison, les poissons s’accumulent à l’aval des ouvrages — c’est aussi là que la pression est la plus forte. Les conditions d’exercice varient beaucoup d’un pays riverain à l’autre et se lisent auprès de l’administration compétente.

Conservation

Le barrage est le facteur cité en premier, et il agit sans tuer personne : il empêche la majorité des adultes en montaison d’atteindre leurs sites de reproduction. Une population perd ainsi sa fraction anadrome, celle qui grossit en mer et qui rapporte, tout en gardant une apparence de santé grâce à ses résidents.

Le mécanisme est d’autant plus difficile à corriger que l’espèce se répartit sur une façade entière, découpée entre plusieurs États, chacun gérant ses propres fleuves côtiers. Il n’y a pas de bassin unique où porter l’effort.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Truite de la mer Noire en français, Black Sea trout en anglais, Schwarzmeerforelle en allemand. Elle a longtemps été traitée comme une sous-espèce de la truite commune, dont la séparation reste discutée selon les auteurs.

L’épithète prête à une confusion amusante : labrax désigne en grec un poisson vorace, et la nomenclature l’a employée deux fois. Dicentrarchus labrax, le bar européen, n’a évidemment aucun rapport avec ce salmonidé.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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