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EspècesNœuds
Bar des varechs
Photo : Piscary

Bar des varechs

Paralabrax clathratus · Serranidae

  • Mer
  • Mer côtière
  • Moyen
  • Taille

    35–72 cm

  • Poids

    0,5–7,0 kg

  • Longévité

    34 ans

  • Profondeur

    1–61 m

Où le pêcher

  • Récif
  • Côte rocheuse

Icônes des milieux : Flaticon

Serranidé côtier du Pacifique Est, prédateur embusqué emblématique des forêts de varech californiennes.

Calendrier

Signalée dans 2 pays

États-Unis · Mexique

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

De l’embouchure du Columbia, dans l’État de Washington, jusqu’au sud de la Basse-Californie : du quarante-huitième au vingt-troisième degré nord.

C’est la longueur du courant de Californie, et la forme de cette aire se lit comme celle d’un habitat plutôt que comme celle d’un poisson. Les forêts de varech réclament une eau froide, un fond dur et de la lumière ; elles poussent le long de cette côte et manquent aux façades chaudes et sableuses au-delà de ses deux extrémités. Une espèce attachée à une algue hérite de la répartition de cette algue.

Le reconnaître

La source ne donne pour cette espèce ni comptage de rayons, ni proportion, ni description de robe. Il faut donc identifier autrement, et ce qui reste est efficace sur l’eau à défaut de l’être en taxonomie.

Ce qui le désigne, c’est sa position dans l’eau. Le relevé indique qu’on le rencontre sur toute la hauteur de la colonne, du fond à la surface. Son voisin de côte, le bar sablier tacheté, est décrit à l’inverse sur le sable ou la vase, près des roches et des herbiers. Deux serranidés du même genre, deux étages : celui-ci occupe le volume, l’autre occupe le fond.

Le second indice est le lieu. Ce poisson vit dans le varech ou à ses abords, et cette station le désigne plus sûrement que n’importe quel caractère de robe.

La reproduction

Les œufs partent en pleine eau, sans nid ni garde — mais la source ajoute un élément qui pèse davantage : les rassemblements de fraie constituent une part significative du comportement reproducteur.

Elle écrit bien une part, et pas la totalité. Cette prudence mérite d’être respectée telle quelle : ce qu’on peut affirmer, c’est qu’une fraction de la reproduction de l’espèce se joue dans des concentrations, et qu’une concentration est la forme la plus vulnérable sous laquelle un stock puisse se présenter.

Il manque en revanche la donnée la plus utile de toutes. Aucune taille de première maturité n’est indiquée pour ce poisson dans le matériel disponible, ce qui laisse sans réponse la seule question qui compte au moment de garder une prise : cet individu s’est-il déjà reproduit. Sur la plupart des espèces, c’est ce chiffre qui donne son sens à une longueur. Ici, il fait défaut.

Ce qui est documenté, c’est l’âge : trente-quatre ans. Sur un poisson de ce gabarit, trois décennies et demie signifient une croissance lente d’un bout à l’autre de la gamme, et transforment le gradient de profondeur en gradient d’âge. Les grands poissons du large ne sont pas seulement plus gros : ce sont ceux qui ont mis des décennies à le devenir.

L’eau qu’il lui faut

Un récif rocheux offre de la structure au ras du fond et plus rien au-dessus. Une forêt de varech en offre du substrat jusqu’à la canopée, sans interruption. Cette différence est toute la biologie de l’espèce : elle utilise l’intégralité du volume parce que l’intégralité du volume est meublée.

Les chiffres cadrent le domaine. La plage enregistrée va de un à une soixantaine de mètres, la vie ordinaire se tient entre trois et vingt-cinq, et l’essentiel des poissons se rencontre entre deux mètres et demi et vingt et un.

À l’intérieur de cette tranche, la taille se trie par la profondeur : les grands individus se tiennent d’ordinaire plus profond. Ce n’est pas une statistique de plus, c’est une règle de recherche. Les marges externes et profondes d’un massif tiennent les gros poissons, l’intérieur peu profond tient le nombre.

Zones

  • Côtes de Californie du Sud
  • Basse-Californie (Mexique)
  • Forêts de varech
  • Récifs et hauts-fonds rocheux
  • Abords des structures artificielles

Techniques

  • Pêche aux leurres souples
  • Pêche au jig
  • Pêche à l'appât vivant
  • Pêche à soutenir près des structures
  • Lancer le long des lisières de varech

Appâts

  • Sardine vivante
  • Anchois vif
  • Leurres souples
  • Jigs métalliques
  • Calmar

Ce qu’il mange

Trois régimes se succèdent ou se superposent. Le juvénile vit d’invertébrés du fond, crustacés en tête. L’adulte prend des poissons et des céphalopodes. Jusque-là, rien que d’ordinaire chez un prédateur.

La troisième entrée est celle qui mérite attention : jeunes comme adultes peuvent se nourrir de plancton quand celui-ci abonde. Un mangeur de poissons et de calmars qui redescend filtrer du plancton pendant une efflorescence abandonne son propre étage trophique dès que l’eau devient assez riche pour que l’opération soit rentable — un comportement qu’on attribue d’ordinaire à des animaux bien moins spécialisés.

La conséquence est immédiate au bord de l’eau : un massif rempli de poissons qui ignorent tout ce qu’on leur présente peut être un massif rempli de poissons occupés à manger quelque chose qu’aucun leurre n’imite.

Comment le pêcher

Pêcher la colonne, pas le fond. L’instruction découle directement de la biologie et c’est elle qui sépare cette pêche de celle des serranidés de roche ou de sable : le poisson peut être au pied d’une algue, à mi-hauteur d’un stipe ou juste sous la canopée, et ne travailler qu’un seul de ces étages revient à ne prospecter qu’un tiers de l’habitat.

La profondeur choisie décide ensuite du calibre attendu. Les lisières profondes tiennent les vieux poissons, l’intérieur peu profond en tient davantage et de plus petits. C’est un arbitrage réel, pas une question d’accès.

Les adultes mangent du poisson et du calmar : vif, lanière, et leurres taillés sur ce profil. La source mentionne aussi la capture à la traîne, ce qui, pour un animal qui vit à l’intérieur d’une forêt, dit surtout une géométrie — une ligne traînée travaille les allées, la bordure extérieure et l’eau libre au-dessus de la canopée, jamais l’intérieur du massif.

L’espèce est recherchée en pêche sportive et sa chair est estimée. Sur cette côte, sa pêche est encadrée : les mesures en vigueur relèvent de l’autorité compétente et se vérifient avant la sortie.

Conservation

L’exposition la plus inhabituelle de ce poisson tient à ceci : son habitat est un organisme vivant.

La plupart des espèces liées à une structure dépendent d’un objet géologique — un récif, une marche rocheuse, un tombant. Ces reliefs se dégradent lentement et ne meurent pas. Une forêt de varech, elle, a un taux de mortalité : elle peut disparaître d’un secteur de côte en une saison et repousser plus tard, et pendant son absence le volume vertical dont l’espèce tire toute sa vie n’existe tout simplement plus. L’habitat a une espérance de vie, et le poisson en hérite.

Les rassemblements de fraie constituent la seconde exposition, pour la raison déjà dite : ils réunissent au même endroit, au même moment, des poissons dispersés le reste de l’année.

La longévité, enfin, fixe le rythme de toute reconstitution. Un animal qui met des décennies à atteindre le haut de sa gamme retrouve son effectif bien avant de retrouver ses grands individus, et une pêcherie qui ne compte que des poissons peut sembler rétablie longtemps avant de l’être.

Réglementation

En Californie, taille minimale de 35,6 cm (14 pouces) et quota journalier limité ; respecter la réglementation locale.

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Les six langues nomment l’algue, et aucune ne nomme le poisson : bar des varechs, kelp bass, cabrilla de sargazo, Tang-Sandbarsch, spigola del kelp, cabrilha-do-kelp. L’italien et le portugais empruntent même le mot anglais tel quel. Une unanimité pareille sur l’habitat plutôt que sur l’animal est rare, et elle confirme ce que dit la biologie : hors du varech, on ne le cherche pas.

L’espagnol mérite une note. Sargazo désigne d’abord un tout autre genre d’algue, mais c’est bien le nom que porte en Basse-Californie la grande laminaire qui forme ces forêts : le nom local est exact chez lui, trompeur ailleurs.

Le nom d’espèce va dans une autre direction. Clathratus renvoie au treillis, au grillage, et pointe donc un motif de la robe — celui-là même qui a valu au poisson son surnom de calico bass chez les pêcheurs américains.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

Espèces proches