
Bar japonais (suzuki)
Lateolabrax japonicus · Lateolabracidae
- Mer
- Mer côtière
- Moyen
- Taille
16–102 cm
- Poids
0,1–8,7 kg
Où le pêcher
- Estuaire
- Côte rocheuse
Icônes des milieux : Flaticon
Fréquente les eaux en mouvement des récifs rocheux côtiers. Les juvéniles peuvent remonter les rivières puis regagner la mer pour frayer.
Calendrier
Signalée dans 5 pays
Chine · Corée du Sud · Japon · R.A.S. chinoise de Hong Kong · Taïwan
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
La documentation ne donne pas de liste de pays mais un rectangle : de quarante-quatre à quinze degrés nord, de cent six à cent quarante-trois degrés est. Cela couvre la façade orientale de l’Asie, du nord de l’archipel japonais aux mers de Chine, et rien au-delà.
Cette aire est bornée par une côte, pas par un océan, et le cycle de l’espèce explique pourquoi. Un poisson dont les juvéniles remontent les rivières ne peut pas traverser le large : chaque génération a besoin d’une embouchure. L’aire s’arrête donc où s’arrête le plateau continental irrigué par des fleuves, et aucune population océanique n’en est connue.
Le reconnaître
Douze à quinze épines dorsales. Le comptage écarte à lui seul les bars européens, qui n’en portent que huit à dix, et il vaut d’être fait sur un poisson argenté qui, de loin, leur ressemble beaucoup.
Derrière ces épines viennent douze à quatorze rayons mous. L’anale est armée de trois épines et compte sept à neuf rayons. Le corps est fusiforme.
Aucun caractère de robe n’est retenu par la clé : tout le diagnostic tient dans les comptages, ce qui suppose de manipuler le poisson plutôt que de le juger à l’eau.
La reproduction
Tous les suzuki commencent leur vie sexuelle en mâles. Le changement de sexe intervient après la maturation, acquise à deux ans, et il ne va que dans un sens : mâle d’abord, femelle ensuite.
La conséquence est directe. Un gros individu est nécessairement une femelle, et un rassemblement de petits poissons mûrs est un rassemblement de mâles. Aucun caractère extérieur n’est nécessaire pour trancher : la taille suffit.
La ponte se place en hiver, sur les récifs rocheux profonds ou dans la frange côtière. Deux repères de maturité circulent — deux ans pour la maturation, cinquante centimètres en longueur — et ils ne se lisent pas sur la même échelle ; il ne faut pas chercher à les faire coïncider.
L’eau qu’il lui faut
Le poste type est nommé sans ambiguïté : l’eau en mouvement des récifs rocheux côtiers. Trois conditions dans une seule phrase — de la roche, de la côte, du courant. Le poisson est signalé à partir de cinq mètres.
L’amplitude de salinité est complète. Le suzuki se rencontre en mer, en eau saumâtre et en eau douce, et cette tolérance n’est pas une curiosité de laboratoire : elle est le mécanisme même de son cycle. Les juvéniles montent en rivière, les adultes redescendent frayer en mer.
C’est l’inverse du saumon, et cela se traduit directement sur l’eau. Un poisson pris à plusieurs kilomètres en amont d’une embouchure est un jeune ; les reproducteurs, à la même saison, sont sur les cailloux du large.
Zones
- Estuaires et embouchures de rivières
- Zones côtières rocheuses
- Ports et digues
- Herbiers marins côtiers
Techniques
- Lancer aux leurres de surface
- Pêche au stickbait
- Jigging côtier
- Pêche au vif en dérive
Appâts
- Leurres de surface
- Stickbaits
- Crevettes vivantes
- Petits poissons morts
Ce qu’il mange
Zooplancton dans les premiers temps, petits poissons et crevettes ensuite. Le basculement est complet : l’adulte ne prélève plus rien en pleine eau à la façon d’un planctonophage, il chasse.
La place des crevettes dans ce menu mérite attention. Un prédateur qui prend autant de crustacés que de poissons se pêche sur deux registres, et le registre crustacé est celui qu’on néglige.
Comment le pêcher
La pêche du suzuki se règle sur son sexe. Les grands poissons sont des femelles, et les femelles portent seules la ponte : garder un beau poisson n’a donc pas ici la même portée que sur une espèce à sexes fixes.
L’hiver rassemble les reproducteurs sur la roche profonde et la frange côtière. Le reste de l’année, ce sont les récifs battus par le courant et les embouchures — et un poisson qui tolère l’eau douce se cherche aussi loin de la mer, la frontière entre pêche côtière et pêche d’estuaire n’ayant pour lui aucun sens.
La taille couramment rapportée, seize centimètres, dit surtout d’où viennent les données : des débarquements et des échantillonnages, pas des carnets de pêche sportive. Il ne faut pas y lire la taille des poissons qu’on rencontre à la ligne.
Conservation
L’hermaphrodisme séquentiel est ce qui rend cette espèce sensible à une pression de pêche pourtant ordinaire. Tous les gros poissons étant des femelles, toute pêche qui garde les grands et rend les petits ne rend que des mâles. Le rapport des sexes ne se rétablit ensuite qu’au rythme des changements individuels, c’est-à-dire lentement.
L’autre dépendance est l’embouchure. Les juvéniles montent en rivière : un estuaire coupé par un ouvrage retire une classe d’âge sans qu’aucune ligne n’ait été mouillée.
L’espèce est élevée commercialement, ce qui déplace une part de la demande hors du stock sauvage.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Suzuki est le nom japonais, et il est passé dans l’usage des pêcheurs aux leurres bien au-delà du Japon. Le japonais change d’ailleurs de mot selon la taille du poisson — seigo pour le jeune, fukko pour l’intermédiaire, suzuki pour l’adulte —, usage réservé à une poignée d’espèces dont on suit la croissance de près.
Le nom de famille, en revanche, n’est pas fixé. Le placement du genre est signalé comme incertain ; les catalogues le rangent dans une famille à lui, les Lateolabracidae, sans que l’affaire soit tranchée.
Le poisson entre enfin dans la pharmacopée chinoise, usage inhabituel pour un bar.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org