
Bar sablier tacheté
Paralabrax maculatofasciatus · Serranidae
- Mer
- Mer côtière
- Moyen
- Taille
35–67 cm
- Poids
0,6–6,0 kg
- Longévité
20 ans
- Profondeur
1–61 m
Où le pêcher
- Estuaire
- Côte rocheuse
Icônes des milieux : Flaticon
Bar côtier brun-olive parsemé de petites taches sombres, prisé en pêche sportive sur la côte Pacifique de la Californie et du Mexique.
Calendrier
Signalée dans 3 pays
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
De Monterey, en Californie centrale, jusqu’au Mexique et dans tout le golfe de Californie, avec un signalement isolé jusqu’au Nicaragua — soit du trente-septième au dixième degré nord.
La limite nord est la plus intéressante à lire, parce qu’elle n’est pas thermique. L’espèce supporte de sept degrés et demi à trente-deux, encaisse des épisodes de froid extrême, et une amplitude de près de vingt-cinq degrés ne peut pas être ce qui l’arrête au niveau de Monterey. Ce qui s’arrête là, ce sont les baies chaudes et fermées : plus au nord, la côte offre moins d’eaux abritées et peu profondes, et c’est de cela que dépend le poisson.
Le signalement du Nicaragua doit se lire pour ce qu’il est, une mention isolée à l’extrémité sud d’une aire par ailleurs continue.
Le reconnaître
Le fond est brun-olive, semé de petites taches sombres. C’est ce qu’on voit, et c’est la moitié de ce que promet le nom scientifique : maculato- pour les taches, fasciatus pour les bandes. Sur un adulte tenu en main, les deux motifs ne pèsent pas le même poids, et le second demande d’être cherché — situation banale quand une épithète a été forgée d’après un spécimen conservé plutôt que d’après un poisson vivant.
La source consultée ne fournit pour cette espèce ni comptage de nageoires ni proportion utilisable. La détermination sur le terrain repose donc sur la robe et sur le lieu : un serranidé tacheté pris au fond d’une baie, sur du sable près d’un herbier, dans le sud de la Californie ou en golfe de Californie.
La reproduction
La donnée la plus utile de cette fiche est une correction, imprimée dans la source elle-même.
On a proposé pour cette espèce une protogynie — commencer sa vie en femelle, finir en mâle. Une étude plus détaillée, portant sur plusieurs espèces, a annulé cette proposition : celle-ci, et tous les membres du genre avec elle, sont gonochoriques. Un poisson naît mâle ou femelle et le reste.
L’effet sur le raisonnement du pêcheur est net, parce qu’il supprime une inférence à laquelle on est habitué ailleurs. Chez beaucoup de serranidés, et chez plusieurs sparidés que l’on pêche sur les mêmes types de fonds, la taille renseigne sur le sexe : un grand individu est un poisson qui a changé, et le prélever pèse sur la structure reproductive du stock. Ici, cette lecture ne s’applique pas. Un gros bar sablier tacheté est un gros poisson, et sa taille ne dit rien de son sexe.
Le reste du cycle est simple : les œufs sont émis en pleine eau et abandonnés. Aucun nid, aucun substrat requis, aucune garde.
L’eau qu’il lui faut
Quatre conditions, et elles doivent se rencontrer au même endroit : du sable ou de la vase pour le fond, de la roche à proximité, un herbier de zostères, et peu d’eau. Le sédiment est le garde-manger, la roche et l’herbe sont l’abri. Une étendue de sable propre sans l’un ni l’autre est un désert.
La profondeur enregistrée va de un à une soixantaine de mètres, mais la partie qui compte est la plus faible. Le poisson se pêche dans les baies et les ports, c’est-à-dire dans les eaux les plus remaniées de sa côte : chenaux dragués, bassins de marina, fonds de lagunes derrière un cordon de sable.
Il peut y vivre grâce à une tolérance thermique que peu de prédateurs côtiers possèdent. De sept degrés et demi à trente-deux : c’est exactement l’écart que connaît une eau peu profonde et enfermée, entre un après-midi d’été et une nuit d’hiver au même endroit. Un poisson capable d’absorber cet écart occupe des eaux qui se videraient de toute espèce plus exigeante.
Un dernier trait, donné en un mot par la source, change la manière de le chercher : il est discret, et se tient caché.
Zones
- Baies de Californie du Sud
- Golfe de Californie
- Côte de Basse-Californie (Mexique)
- Estuaires et lagunes côtières
- Herbiers de zostères
Techniques
- Pêche au leurre souple
- Pêche à soutenir au vif
- Pêche à la dandine (jig)
- Pêche du bord en baie
- Pêche au flotteur
Appâts
- Crevettes vivantes
- Vers marins
- Lanières de sardine
- Leurres souples (shads)
- Petits crabes
Ce qu’il mange
Petits poissons et crustacés du fond, capturés de jour.
Ce détail horaire mérite qu’on s’y arrête, car il n’est pas la règle chez les prédateurs embusqués des eaux fermées, où l’aube et le crépuscule font d’ordinaire l’essentiel de l’activité. Celui-ci chasse à la lumière, depuis son abri, ce qui s’accorde avec sa réputation de poisson caché : il ne patrouille pas, il attend à la lisière entre l’herbe et le sable et prélève ce qui passe.
Comment le pêcher
L’abri, lentement, en plein jour. Tout le reste découle de ces trois mots.
La présentation doit ramper. Un leurre souple tiré au ras du fond le long d’une bordure de zostères, une crevette vive sur un plomb léger, un petit crabe maintenu contre un pieu : ces montages fonctionnent parce qu’ils arrivent à un mètre d’un poisson qui ne sortira pas de son abri pour poursuivre quoi que ce soit. La surface prospectée compte peu, la précision du lancer compte pour tout.
Les baies et les ports sont le terrain, et l’eau peut être assez basse pour qu’on pêche depuis un ponton. Une marée montante qui recouvre une plate étale y installe les poissons, et la même plate se vide quand l’eau se retire.
Deux chiffres devraient peser sur la décision de garder une prise. La maturité est signalée dès neuf centimètres, et le poisson le plus âgé rapporté avait vingt ans. Une population est donc composée presque entièrement d’adultes, et les grands individus n’y sont pas des poissons bien nourris : ce sont des vieux poissons. Vingt ans dans un gabarit modeste, cela veut dire une croissance lente d’un bout à l’autre, et l’animal au bout de la ligne fréquente cette baie depuis plus longtemps que la plupart des bateaux qui y sont amarrés.
Conservation
Le point faible de cette espèce n’est pas un effectif, c’est une adresse.
La source note qu’elle est sans intérêt commercial et qu’elle compte comme poisson sportif. Toute la pression exercée sur elle est donc de loisir, et toute cette pression s’applique à l’intérieur des baies. Or ces baies sont l’habitat entier : garde-manger, abri, nurserie et refuge dans un même plan d’eau fermé, sans population profonde au large pour les réapprovisionner. Ce qu’on retire d’une baie est remplacé par cette baie ou par la suivante le long de la côte, et la distance qui les sépare est grande pour un poisson qui ne voyage pas.
Cette géographie le place exactement dans l’eau où se font les dragages, les aménagements portuaires, les rejets et la disparition des herbiers. Elle signifie aussi qu’une baie peut être vidée ou dégradée sans que rien n’apparaisse dans un bilan établi à l’échelle de la côte.
La longévité fixe enfin la vitesse de réparation. Un animal qui met deux décennies à atteindre le haut de sa gamme de tailles reconstitue ses effectifs bien avant sa structure d’âge : une baie pêchée durement redonne des poissons longtemps avant de redonner de vieux poissons.
Réglementation
Taille minimale et quotas applicables en Californie ; respecter la réglementation locale.
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Bar sablier tacheté en français, spotted sand bass en anglais, gefleckter Sandbarsch en allemand, spigola di sabbia maculata en italien, cabrilha-de-areia-pintada en portugais du Brésil, cabrilla de arena en espagnol. Six noms sur six citent le sable, cinq y ajoutent les taches : la convergence porte sur le substrat, ce qui est cohérent avec un poisson que l’on cherche d’abord par le fond.
Le qualificatif fait tout le travail. « Sand bass » employé seul s’applique à plus d’un Paralabrax de cette côte, et une capture déclarée sous ce nom nu ne désigne aucune espèce en particulier.
Le mot bar, comme partout sur cette façade, est trompeur. Il s’agit d’un serranidé, de la famille des mérous, et la ressemblance avec les bars d’eau douce d’Amérique ou avec le bar européen ne va pas plus loin qu’une silhouette. En espagnol du Mexique, cabrilla couvre de la même façon des serranidés de plusieurs genres : sans localité, le nom ne vaut pas détermination.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org