Avant-première AndroidTeste Piscary avant tout le monde — laisse l’adresse Gmail de ton compte Google Play.

Uniquement pour t’ajouter au test, puis supprimée. Confidentialité

EspècesNœuds
Barramundi
Photo : Piscary

Barramundi

Lates calcarifer · Latidae

  • Mer
  • Carnassiers
  • Moyen
  • Taille

    150–200 cm

  • Poids

    33–60 kg

  • Longévité

    35 ans

  • Temp. eau

    15–28 °C

  • Profondeur

    10–40 m

Où le pêcher

  • Estuaire

Icônes des milieux : Flaticon

Grand prédateur de la famille des Latidae, au corps robuste argenté avec une tête massive et une mâchoire proéminente, pouvant dépasser un mètre en eaux marines et saumâtres d'Asie-Pacifique.

Calendrier

Signalée dans 14 pays

Australie · Bangladesh · Chine · Inde · Indonésie · Malaisie · Nouvelle-Calédonie · Polynésie française · Singapour · Sri Lanka · Taïwan · Thaïlande · Viêt Nam · Wallis-et-Futuna

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

Du bord oriental du golfe Persique à la Chine, Taïwan et le sud du Japon, puis vers le sud jusqu’au sud de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et au nord de l’Australie.

L’aire est un ruban côtier, et sa forme s’explique par deux exigences superposées. La première est la profondeur : l’espèce tient entre dix et quarante mètres et ne traverse pas d’océan. La seconde est l’estuaire, sans lequel la ponte ne mène à rien. Le tracé suit donc les côtes à mousson, là où un fleuve, une saison des pluies et une eau saumâtre coïncident — et il s’arrête net dès que l’une des trois manque.

La tolérance thermique fixe le reste : quinze à vingt-huit degrés, ce qui exclut les latitudes tempérées où l’espèce est pourtant élevée sous abri.

Le reconnaître

La tête est armée, et c’est ce qu’on sent avant de le voir. Le bord inférieur du préopercule est dentelé et porte à son angle une épine solide ; l’opercule en porte une plus petite, doublée d’un volet dentelé au-dessus du départ de la ligne latérale. Trois arêtes coupantes sur la même joue, dans l’ordre où la main les rencontre quand elle attrape mal.

Le corps est allongé et comprimé, le profil du dos concave puis remontant. La bouche est grande, un peu oblique, et la mâchoire supérieure se prolonge derrière l’œil : la gueule d’un poisson qui aspire sa proie entière plutôt qu’il ne la découpe. La caudale est arrondie.

Les comptages sont simples : sept à neuf épines dorsales, dix ou onze rayons mous derrière, trois épines anales et sept ou huit rayons mous.

La reproduction

Un barramundi commence sa vie mâle et la finit femelle, mais l’inversion n’a rien d’une horloge. La règle générale est qu’un individu mûrit d’abord comme mâle, fonctionne comme tel une saison ou plusieurs, puis change de sexe. Deux écarts complètent le tableau : quelques individus deviennent femelles directement, sans étape mâle, et d’autres mâles ne basculent jamais. Le résultat se lit dans la structure des tailles — les femelles manquent presque totalement chez les petits sujets et dominent chez les grands.

L’effet est multiplicatif, et c’est là que le trait devient une décision de pêche. Une femelle peut porter jusqu’à 2,3 millions d’œufs par kilogramme de poids corporel. Un gros poisson n’est donc pas seulement une femelle plutôt qu’un mâle : c’est un nombre d’œufs qui croît avec la masse à laquelle on l’applique.

Le calendrier suit la mousson. À l’ouverture de la saison des pluies, les mâles en maturation descendent des eaux douces vers l’aval et rejoignent, dans les estuaires et sur les plateaux de marée qui bordent les embouchures, des femelles qui y résident déjà. La ponte a lieu sur la pleine lune et sur la nouvelle lune, au début du flot, quand le courant montant emporte les œufs vers l’intérieur de l’estuaire. Les géniteurs se rassemblent pour l’occasion et libèrent œufs et laitance en pleine eau.

Un point conditionne tout le cycle : les adultes et les juvéniles vivent parfaitement en eau douce, mais l’embryon exige de l’eau saumâtre pour se développer. Un barramundi enfermé dans une retenue grandit, grossit, atteint la maturité, et ne se reproduira jamais.

L’eau qu’il lui faut

Eaux côtières, estuaires et lagunes, en eau claire comme en eau chargée. L’espèce va et vient entre le fleuve et la mer, et la partie fluviale n’est pas un accident : les juvéniles âgés occupent le haut des cours d’eau, loin en amont.

Les tout jeunes, eux, vivent dans des marais saumâtres temporaires reliés aux estuaires. Ce milieu n’existe qu’une partie de l’année, il est plat, il est en bordure de côte, et c’est exactement le premier qu’on assèche, endigue ou aménage.

L’adulte cherche du couvert. Berges sous-cavées, arbres tombés, souches immergées, végétation surplombante : il se tient contre l’obstacle et non en pleine eau.

Zones

  • Estuaires et débouchés de rivières
  • Mangroves et racines immergées
  • Lagunes côtières
  • Fosses sous les structures

Techniques

  • Lancer-ramener au popper
  • Jigging vertical
  • Pêche au vif
  • Leurres nageurs subsurface
  • Pêche à la traîne

Appâts

  • Poissons-appâts vivants
  • Crevettes
  • Leurres métalliques
  • Poppers
  • Leurres souples

Ce qu’il mange

Poissons et crustacés pour l’adulte, insectes en plus chez les juvéniles. Rien d’exotique dans le menu ; c’est la vitesse à laquelle il se remplit qui frappe.

En bassin, dans de bonnes conditions, un barramundi atteint un kilo et demi à trois kilos en un an. Une croissance pareille suppose une prise alimentaire continue, et un prédateur qui doit manger sans arrêt ne peut pas se permettre de chasser à la course. Il attend contre une structure, à portée d’un mouvement bref. Le couvert décrit plus haut n’est pas un abri, c’est un poste de travail.

Comment le pêcher

Tout part de la structure. Un lancer qui n’atteint pas la berge sous-cavée, la souche ou la branche basse n’a pas eu lieu : le poisson est contre l’obstacle, à quelques dizaines de centimètres, et un mètre d’écart suffit à ne rien produire.

Le bas de ligne se choisit contre les joues, pas contre les dents. La denture est faite pour retenir, mais le préopercule dentelé et le volet operculaire coupent aussi net qu’une lame dès que le poisson secoue la tête ou se retourne. Un fil fin sectionné après dix secondes de combat n’a pas été mordu, il a été scié.

Le calendrier et la marée se lisent dans la reproduction. Le début de la saison des pluies rassemble les poissons aux embouchures ; les deux syzygies concentrent l’activité ; le début du flot est le moment que l’espèce a choisi pour tout ce qui compte. Ces trois repères se superposent, et quand ils coïncident, l’estuaire n’a plus rien d’un terrain à prospecter.

Reste la décision au moment de la prise. Le gros poisson du banc est une femelle, et sa fécondité se compte au kilo. Un sujet remis à l’eau se tient par la mâchoire inférieure, jamais par les opercules.

Conservation

Le point de rupture du cycle est un ouvrage en travers. L’espèce a besoin de circuler du fleuve à l’estuaire et retour ; ses œufs ont besoin d’eau saumâtre ; ses larves ont besoin de marais côtiers temporaires. Chacune de ces trois pièces peut être en bon état sans que l’ensemble fonctionne, s’il manque le passage entre elles. Un barrage, une écluse mal franchissable ou une digue de front de mer suffisent à transformer une population reproductrice en population entretenue.

Le repeuplement des retenues illustre la même chose autrement. On y met des poissons qui grandissent bien, se pêchent bien, et ne renouvellent rien : la ressource y est entièrement importée.

L’élevage, lui, a pris une ampleur considérable — Thaïlande, Indonésie, Australie — et l’espèce est le premier poisson commercial australien en même temps que l’une des espèces les plus recherchées par les pêcheurs de loisir du pays. Cette double demande est ce qui finance les passes à poissons autant que ce qui pèse sur les estuaires.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Barramundi vient d’une langue aborigène du Queensland, où il désignait à peu près « le poisson de rivière à grandes écailles ». Le mot est passé à l’anglais australien, puis au commerce mondial, et il a fini par s’imposer dans les six langues de ce catalogue — cas rare pour un poisson que l’Europe ne pêche pas.

Les pêcheries asiatiques emploient d’autres noms : Asian sea bass ou giant sea perch à l’exportation, bhetki au Bengale, kakap putih en Malaisie et en Indonésie. Aucun de ces noms ne le rattache à une perche ni à un bar : la ressemblance s’arrête à la silhouette.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

Espèces proches