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EspècesNœuds
Bonite à dos rayé
Photo : Piscary

Bonite à dos rayé

Sarda sarda · Scombridae

  • Mer
  • Grands pélagiques
  • Moyen
  • Taille

    50–91 cm

  • Poids

    1,3–11 kg

  • Longévité

    5 ans

  • Temp. eau

    12–27 °C

  • Profondeur

    80–200 m

Où le pêcher

  • Large

Icônes des milieux : Flaticon

La bonite à dos rayé est un scombridé pélagique à la silhouette fuselée, reconnaissable à ses stries longitudinales sombres et obliques courant sur le tiers supérieur du corps. Espèce côtière migratrice très rapide, elle chasse en surface dans les eaux tempérées et chaudes de l'Atlantique, de la Méditerranée et des mers adjacentes.

Calendrier

Signalée dans 22 pays

Afrique du Sud · Cameroun · Congo-Brazzaville · Côte d’Ivoire · Cuba · Espagne · États-Unis · France · Gabon · Ghana · Guinée · Guinée équatoriale · Guinée-Bissau · Irlande · Liberia · Mexique · Nigeria · Norvège · Porto Rico · Portugal · Sénégal · Sierra Leone

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

La façade est de l’Atlantique porte une aire d’un seul tenant, d’Oslo à Port Elizabeth, Méditerranée et mer Noire comprises. La façade ouest, elle, est coupée en trois morceaux : un tronçon de la Nouvelle-Écosse à la Floride avec le nord du golfe du Mexique, un autre en Colombie et au Venezuela, un troisième du sud de l’Amazone au nord de l’Argentine. Entre eux, l’essentiel de la mer des Caraïbes ne l’abrite pas.

Ce trou caraïbe n’est pas une lacune d’observation. L’espèce vit sur les plateaux, dans une eau chargée de fourrage ; le bassin caraïbe offre des grands fonds et une eau claire et pauvre, et la bonite l’évite alors même qu’elle en occupe les deux bords.

La cassure brésilienne est plus curieuse encore, parce qu’elle ne s’explique pas par la dessalure. Ce poisson supporte des salinités de quatorze à trente-neuf pour mille, soit d’un estuaire à une lagune surconcentrée. Le panache de l’Amazone ne devrait donc pas l’arrêter, et pourtant la limite des signalements se place là.

Le reconnaître

Les stries obliques du dos montent plus raide chez cette bonite que chez toutes les autres du genre. C’est l’angle qui compte, pas le nombre de lignes : posées presque à plat chez ses proches, elles s’inclinent ici franchement vers la nuque. Le critère se lit à un mètre, sur un poisson mouillé posé sur le pont.

Les comptages tranchent ensuite sans discussion possible. Vingt à vingt-trois épines dorsales, cinquante à cinquante-cinq vertèbres : les autres bonites restent sous la vingtaine d’épines et sous quarante-six vertèbres. Aucun autre caractère du genre n’a cette netteté, et un poisson mal marqué se détermine ainsi plutôt qu’à l’œil.

Le corselet donne à l’animal son aspect en deux parties. Cette plaque d’écailles épaissies enveloppe l’avant du corps comme un plastron ; derrière elle, le tégument est couvert d’écailles si petites qu’on croit toucher une peau nue. Le contraste au doigt est immédiat, et il confirme qu’on tient un scombridé plutôt qu’un carangidé.

La bouche est de taille moyenne, l’apophyse entre les ventrales petite et fendue en deux. La vessie natatoire manque, et la rate est volumineuse pour l’animal.

La taille courante des captures ne fait guère plus de la moitié du plus grand individu connu.

La reproduction

La maturité arrive vers trente-sept ou trente-huit centimètres, à peine plus du tiers de la longueur maximale. Rapportée à une longévité qui ne dépasse pas cinq ans, cette précocité n’est pas un détail : le poisson doit se reproduire tôt puisqu’il ne vivra pas longtemps.

Œufs et larves dérivent en pleine eau, sans support ni garde. Rien n’est déposé, rien n’est surveillé.

L’eau qu’il lui faut

L’amplitude de tolérance est ce qui définit l’espèce mieux que n’importe quel milieu. Douze à vingt-sept degrés, quatorze à trente-neuf pour mille de salinité : aucune autre bonite ne couvre une telle plage, et c’est ce qui lui permet d’occuper à la fois la mer Noire et le golfe de Guinée.

Elle vit en bancs dans la couche éclairée du plateau, au-dessus des fonds côtiers, et pénètre dans les estuaires. Une rencontre en eau dessalée n’est donc pas un accident : c’est un comportement décrit, et c’est ce qui la sépare des thons du large qui ne s’y risquent jamais.

Zones

  • Eaux pélagiques côtières
  • Zones de chasse en surface
  • Abords des caps et pointes
  • Sous les rassemblements d'oiseaux marins

Techniques

  • Lancer-ramener aux leurres métalliques
  • Pêche à la plume
  • Traîne rapide
  • Popper de surface

Appâts

  • Leurres métalliques flasheurs
  • Plumes colorées
  • Poppers de surface
  • Petits poissons vivants

Ce qu’il mange

Le menu tient en trois lignes : petits poissons de banc, calmars, crevettes. Ce qui surprend est le calibre. Malgré une taille modeste au regard de la famille, l’animal avale des proies relativement grosses, et sa gueule le permet.

Le cannibalisme est établi chez l’espèce. Un banc de bonites mange ses propres jeunes, et cette autorégulation pèse sur les classes d’âge avant qu’aucun prédateur extérieur n’intervienne.

Comment le pêcher

Deux faits organisent le choix du leurre, et ils vont dans le même sens. Le poisson gobe des proies grosses pour lui, et il mange les siennes. Descendre en taille est donc l’erreur la plus courante sur cette espèce : un leurre au gabarit d’une bonite juvénile passe mieux qu’une petite lame censée imiter l’anchois.

La tolérance à la dessalure ouvre une pêche que la famille offre rarement. Les embouchures, les passes de lagunes et les estuaires du bas sont des postes légitimes pour un scombridé rapide, et l’eau trouble n’y est pas un obstacle.

Le thermomètre borne la saison par le bas. Sous douze degrés, l’espèce n’est pas là ; le seuil est plus large que celui de la plupart des pélagiques et il repousse la fenêtre côtière plus tôt au printemps et plus tard à l’automne qu’on ne l’attend.

Des cas de ciguatera ont été rapportés sur ce poisson. Le risque dépend du secteur de capture et de rien d’autre, et aucune préparation ne l’annule ; un renseignement local vaut avant de garder une prise.

Conservation

Un stock de bonite à dos rayé ne compte jamais plus de cinq classes d’âge, et c’est là que tout se joue. Les vieux poissons qui, chez d’autres espèces, servent de réserve pendant une mauvaise année n’existent pas ici : le recrutement d’une saison manquée n’est rattrapé par personne, et l’effondrement se voit dans les débarquements dans les deux ans.

La même horloge joue à l’endroit. Une population reconstitue ses effectifs en quelques saisons dès que la pression baisse, ce qu’un poisson de trente ans ne sait pas faire. Le risque n’est donc pas la disparition mais l’instabilité, et une pêcherie industrielle installée sur cette espèce travaille sur une ressource qui varie beaucoup d’une année sur l’autre sans que rien ne soit compromis.

La précocité de la maturité complète le tableau à son avantage : à trente-sept centimètres, un poisson qui atteint la taille courante des captures s’est reproduit plusieurs fois.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Bonite à dos rayé en français, du caractère qui la détermine. Palamita en italien, Pelamide en allemand : ces deux noms viennent du grec pêlamys, qui désignait dans l’Antiquité le jeune thon, et le poisson a longtemps porté le genre Pelamys.

Un piège commercial mérite d’être connu. L’espagnol appelle cette espèce bonito del Atlántico, mais réserve bonito del norte au germon, un thon d’un tout autre gabarit et d’une tout autre valeur. Le mot bonite, sur un étal ou une conserve, ne renseigne donc sur rien sans le nom scientifique.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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