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EspècesNœuds
Omble Dolly Varden
Photo : Piscary

Omble Dolly Varden

Salvelinus malma · Salmonidae

  • Eau douce
  • Salmonidés
  • Moyen
  • Taille

    38–127 cm

  • Poids

    0,4–18 kg

  • Temp. eau

    4–18 °C

  • Profondeur

    0–200 m

Où le pêcher

  • Estuaire
  • Rivière

Icônes des milieux : Flaticon

L'omble Dolly Varden est un salmonidé d'eau douce aux flancs argentés à olive, ornés de taches rondes rose à rouge vif caractéristiques. Il fréquente les rivières et lacs froids du Pacifique Nord, du nord-ouest de l'Amérique du Nord jusqu'aux côtes asiatiques de Sibérie et du Japon.

Calendrier

Signalée dans 4 pays

Canada · États-Unis · Japon · Russie

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’aire dessine un anneau autour du Pacifique nord. Côté américain, elle couvre les bassins arctiques et pacifiques depuis le cours inférieur du Mackenzie jusqu’au Puget Sound et à la rivière Quinault, dans l’État de Washington. Côté asiatique, elle va de la Corée à la mer de Béring.

Cette forme en couronne n’a rien de fortuit. Le Dolly Varden est un migrateur néritique : sa phase marine se déroule près du rivage, jamais au large. Un poisson qui ne traverse pas d’océan ne colonise qu’en longeant les côtes, de bassin en bassin, et l’aire obtenue épouse le trait de côte au lieu de rayonner. Les deux rives du Pacifique nord sont ainsi reliées par le nord, par la Béringie, et non par une traversée.

La gamme de profondeur exploitée est en revanche large pour un poisson côtier, jusqu’à deux cents mètres.

Le reconnaître

Face à un omble arctique, la discrimination se fait au semis. Le Dolly Varden en porte davantage, et ceux qui suivent la ligne latérale sont plus petits. Ce double critère — plus nombreux, plus fins à cet endroit précis — est le seul qui sépare les deux espèces sur le terrain, et il demande de regarder la bande médiane du flanc plutôt que le dos.

Ces taches sont jaunes, orange ou rouges, réparties sur la surface dorsale. Le fond, lui, dépend entièrement du mode de vie. Un poisson revenu de mer a le dos, le dessus de la tête et le haut des flancs bleu sombre, le reste argenté à blanc. Un poisson resté en rivière a le dos vert olive à brun et des flancs plus ternes — sauf en fraie, où ils passent au rouge vif, et sauf dans certains secteurs d’Alaska où ce rouge est permanent.

Le mâle en livrée nuptiale, surtout chez les formes migratrices, est méconnaissable. Le ventre et la pointe du museau deviennent rouges, la mâchoire inférieure, l’opercule et une partie de la tête virent au noir, le dos et les flancs à l’olive brun. Les taches s’avivent en orange rouge. Les pectorales et l’anale deviennent rouge et noir avec un bord d’attaque blanc. Le museau s’épaissit et la mâchoire inférieure se retrousse. La femelle, elle, change peu.

L’anatomie complète le portrait : corps allongé et plutôt rond, hauteur maximale sous la dorsale, tête assez longue, caudale échancrée. Les nageoires ne portent aucune épine, dix à seize rayons mous à la dorsale et dix à quinze à l’anale. Au-dessus de l’insertion des ventrales se dresse un appendice charnu à pointe libre, facile à trouver au doigt.

La reproduction

La femelle choisit le site et commence à creuser pendant que le mâle parade et écarte les intrus. Les deux descendent ensuite dans la cuvette pour émettre, et la séquence se répète plusieurs fois avant qu’elle ne songe à recouvrir. Elle procède alors en longeant le bord de la fosse, poussant graviers et particules à l’intérieur d’un battement de queue et d’anale. Plus tard, elle creusera de nouveau, achevant d’enterrer la première ponte du geste même qui prépare la seconde.

La périodicité suit la latitude : annuelle dans le sud de l’aire, une année sur deux ou sur trois dans l’Arctique, où la saison de croissance ne laisse pas de quoi reconstituer chaque printemps un stock d’œufs.

Une observation rapportée mérite d’être signalée avec les réserves qu’elle appelle : mâles et femelles mourraient après la fraie. Ce serait une exception notable chez un genre où le reproducteur survit d’ordinaire pour recommencer, et l’information reste à considérer comme telle, non comme un trait établi.

Le calendrier des migrateurs, lui, est net. Les poissons passent deux à trois ans en mer avant de revenir, et la remontée se place le plus souvent à l’automne. Les jeunes, eux, ne bougent pas avant trois à quatre ans passés en rivière.

L’eau qu’il lui faut

Il lui faut des eaux très propres. Les adultes occupent les coulées profondes et les fosses des ruisseaux et des rivières de toutes tailles, ainsi que les lacs et la mer, mais l’espèce est associée aux torrents de montagne restés clairs.

Sa tolérance thermique va de quatre à dix-huit degrés, la plus large de tous les ombles considérés ici. C’est ce qui lui permet de descendre plus au sud que l’omble arctique sur la façade pacifique, et de supporter des rivières côtières qui se réchauffent l’été.

Beaucoup de populations sont enclavées et accomplissent tout leur cycle en eau douce. Les autres alternent entre la rivière, l’eau saumâtre de l’estuaire et la frange côtière.

Zones

  • Fosses profondes en rivière
  • Aval des frayères à saumons
  • Confluences de cours d'eau
  • Estuaires en anadrome

Techniques

  • Streamer imitation œuf
  • Mouche noyée
  • Cuiller tournante légère
  • Pêche à la mouche

Appâts

  • Œufs de saumon artificiels
  • Streamers imitant des alevins
  • Vers de terre
  • Nymphes

Ce qu’il mange

Le jeune, pendant ses trois ou quatre années de rivière, mange des insectes, des sangsues, des escargots et des œufs de saumon. Cette dernière ressource est la clé de son écologie. Une fois en mer, il se rabat sur des insectes, des poissons et divers invertébrés.

Un omble qui grandit sur des œufs de saumon dépend de la montaison des saumons, saison après saison. Là où les remontées de saumon sont fortes, les jeunes disposent chaque automne d’une nourriture concentrée et très riche ; là où elles ont disparu, cette ressource manque au moment où elle comptait le plus.

Comment le pêcher

Toute la pêche du Dolly Varden se cale sur les frayères de saumon. Les poissons se tiennent en aval des nids, là où le courant emporte ce qui n’a pas été enterré, et une imitation d’œuf dérivée à hauteur de fond dans ce couloir est le montage qui répond au comportement réel du poisson. Prospecter loin de ces couloirs pendant la montaison revient à insister là où le poisson n’a plus grand-chose à faire.

La deuxième donnée exploitable est la taille à maturité, qui est basse : 23,5 centimètres en moyenne, avec une fourchette de douze à vingt et un centimètres selon les stocks. Presque tout ce qu’on rencontre est donc un poisson qui a déjà frayé, et la remise à l’eau d’un petit sujet n’a pas ici la même portée que chez les ombles à maturité tardive.

L’écart entre la taille commune, 37,5 centimètres, et les records publiés est considérable, et il désigne des poissons d’une tout autre catégorie que ceux qu’on prend habituellement en rivière.

Enfin, le poisson de mer reste à portée du bord. La phase marine se déroulant près de la côte, la plage et l’estuaire sont des postes, et la remontée d’automne concentre les migrateurs dans les premiers kilomètres d’eau douce.

Conservation

Le régime des juvéniles a longtemps valu à cette espèce une réputation de nuisible auprès de qui gérait le saumon, et cette réputation a pesé sur son traitement bien avant qu’on ne mesure sa place réelle dans le système. L’ironie est complète : le même lien de dépendance qui l’a fait accuser fait aujourd’hui d’elle un indicateur de la santé des montaisons.

Trois exigences se cumulent dans son cycle, et chacune est un point de rupture possible. Il faut une rivière assez propre et assez froide pour porter les jeunes pendant trois à quatre ans. Il faut un passage libre vers l’estuaire, puis le retour. Et il faut, pour les formes arctiques qui ne fraient qu’une année sur deux ou sur trois, que plusieurs cycles favorables se succèdent. Un barrage, un réchauffement estival ou une série de mauvaises années suffit à rompre la chaîne à l’un de ces trois endroits.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Le nom vient d’un personnage de Dickens. Dolly Varden, dans Barnaby Rudge, portait une robe à pois vifs, et le surnom fut donné au poisson en Californie au dix-neuvième siècle, à une époque où le vêtement était à la mode. Le français a repris l’expression telle quelle : omble Dolly Varden.

Malma, l’épithète scientifique, est le nom vernaculaire russe du poisson au Kamtchatka, entré dans la nomenclature avec les premières descriptions de la façade sibérienne. Les deux noms de l’espèce viennent donc de ses deux rives.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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