
Silver arowana
Osteoglossum bicirrhosum · Osteoglossidae
- Eau douce
- Carnassiers
- Moyen
- Taille
90 cm
- Poids
6,0 kg
- Temp. eau
24–30 °C
Où le pêcher
- Estuaire
- Rivière
Icônes des milieux : Flaticon
L'arowana argenté est un poisson élancé à la silhouette longiligne, recouvert de grandes écailles argentées aux reflets irisés. Nageur de surface redoutable, il peut bondir hors de l'eau pour capturer des proies telles que des insectes ou de petits vertébrés.
Calendrier
Son aire de répartition
Trois eaux sont citées : le bassin de l’Amazone, le Rupununi en Guyana, et l’Oyapock — le fleuve frontière entre la Guyane française et le Brésil.
Ces ensembles ne communiquent pas par leur cours normal. Une espèce strictement dulçaquicole présente dans les trois suppose donc des passages temporaires, et les plaines qui s’inondent chaque année en fournissent : à la crue, des terrains séparés le reste du temps deviennent une nappe continue, franchissable par un poisson de surface.
Le reconnaître
Deux barbillons se dressent à l’extrémité de la mâchoire inférieure, plantés tout au bout du menton. Ils sont assez saillants pour donner son épithète à l’espèce, et ils pointent vers le haut, dans le prolongement de la lèvre.
Les écailles sont très grandes, à un point qui frappe : on les compte à l’œil nu sur le flanc d’un poisson vivant. Le corps est allongé, de section ovale — un ruban plutôt qu’un fuseau.
La dorsale et l’anale sont presque soudées à la caudale. La voilure impaire forme ainsi une frange continue sur le tiers arrière, et cette disposition sert une nage ondulante, tenue, capable de maintenir une position sous la surface sans un coup de queue. Ce n’est pas un moteur de sprint, c’est un moteur de patience.
La robe distingue les âges. L’adulte est argenté ; le juvénile porte des reflets bleus et une barre jaune orangé, marque qui disparaît avec la croissance et permet d’identifier un jeune sujet du premier coup d’œil.
La reproduction
C’est le mâle qui porte. Œufs, larves puis premiers juvéniles séjournent dans sa bouche pendant près de six semaines, et il les y garde jusqu’à ce qu’ils s’en passent.
Six semaines de bouche occupée engagent tout un cycle annuel. La production d’un mâle tient dans le volume de sa gueule, ce qui interdit les grandes pontes dispersées et impose l’inverse : peu de jeunes, chacun protégé longtemps. Une nichée n’est pas une masse d’œufs abandonnée à la statistique, c’est un investissement individuel avec un porteur unique.
L’eau qu’il lui faut
La documentation retient une capacité d’adaptation aux milieux pauvres en oxygène. C’est une tolérance, pas une obligation — le texte ne décrit pas ici de respiration aérienne, il décrit un poisson qui reste où l’eau se vide de son oxygène.
Cette tolérance ouvre un terrain que la concurrence déserte. Dans une plaine inondée, l’eau chaude et stagnante des bras fermés perd son oxygène à mesure que la végétation s’y décompose ; la plupart des poissons s’en retirent, et les proies qui y restent se retrouvent sans surveillance. Chercher l’espèce dans les eaux mortes n’est pas une erreur de logique, c’est le raisonnement inverse du bon sens habituel.
Zones
- Zones inondées avec végétation
- Berges ombragées de rivières noires
- Lagunes et bras morts
- Surface des zones peu profondes
Techniques
- Leurres de surface
- Pêche à la mouche (grosses mouches)
- Popper léger
- Vif en surface
Appâts
- Leurres grenouille
- Petits poissons vifs
- Grosses mouches artificielles
- Insectes artificiels surface
Ce qu’il mange
Le régime est mixte, avec une nette dominante de poissons capturés en surface, et un complément d’insectes de grande taille attrapés au vol ou sur la végétation.
Cette combinaison définit un chasseur du plafond. Le poisson n’explore ni le fond ni la pleine eau : il patrouille l’interface, où se rejoignent ce qui nage juste en dessous et ce qui tombe juste au-dessus.
Comment le pêcher
La bouche s’ouvre vers le haut, et cela commande tout le reste. Elle permet de saisir une proie en montant par-dessous : le cône d’attaque de l’animal est entièrement au-dessus de lui.
Un leurre qui passe sous ce poisson n’existe pas pour lui. Un leurre qui passe dessus est dans son champ. Toute la présentation se joue donc dans les quelques dizaines de centimètres du haut de la colonne d’eau, et une descente d’un mètre suffit à sortir du jeu.
Le saut prolonge ce principe hors de l’eau. L’espèce bondit pour prendre de gros insectes, coléoptères compris, ce qui signifie qu’elle prélève aussi sur la branche basse et le feuillage penché. Une imitation posée près d’un surplomb, immobile, entre dans un registre qu’elle connaît.
Elle reste par ailleurs omnivore, avec une préférence pour le poisson pris en surface. La conséquence est qu’elle inspecte : un prédateur qui accepte des proies variées prend le temps de les regarder, et un montage trop rapide ne lui laisse pas ce temps.
Conservation
Deux marchés prélèvent le même animal. Il alimente une pêche commerciale, et il alimente en parallèle un commerce aquariophile qualifié lui aussi de commercial. Le même poisson se vend donc mort au marché et vivant en bac.
C’est l’incubation qui rend ce double prélèvement coûteux. Capturer un mâle en charge, c’est enlever du fleuve un adulte et la totalité de ce qu’il portait : la perte n’est pas d’un poisson mais d’une génération entière pour ce reproducteur-là. Un mâle qui recrache sa bouchée à la capture ne la reprend pas.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Aucun nom français ne s’est imposé, et l’usage a repris l’anglais : arowana argenté, parfois arowane. Le Brésil dit aruanã.
L’épithète bicirrhosum désigne les deux cirres, c’est-à-dire les deux barbillons du menton : un nom qui décrit ce qu’on a sous les yeux. Le nom de genre, lui, renvoie à la langue osseuse et dentée qui caractérise le groupe — une pièce qui mord contre le palais, et non contre une mâchoire.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org