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EspècesNœuds
Tambour noir
Photo : Piscary

Tambour noir

Pogonias cromis · Sciaenidae

  • Mer
  • Mer côtière
  • Moyen
  • Taille

    50–170 cm

  • Poids

    1,5–51 kg

  • Longévité

    43 ans

Où le pêcher

  • Estuaire
  • Plage
  • Côte rocheuse

Icônes des milieux : Flaticon

Le tambour noir est un grand sciénidé robuste au corps ovale et gris foncé à noirâtre, orné de nageoires allongées et d'une bouche infère garnie de puissantes dents en pavé adaptées à broyer coquillages et crustacés ; il peut dépasser 1,5 m et 50 kg. Il fréquente les eaux côtières peu profondes, les estuaires et les hauts-fonds vaseux et sableux de l'Atlantique américain.

Calendrier

Signalée dans 3 pays

Argentine · Brésil · États-Unis

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Le reconnaître

Le menton porte cinq pores. Le long du bord interne des mâchoires inférieures, puis des sous-opercules, s’alignent dix à treize paires de petits barbillons, et leur particularité est de s’allonger vers l’arrière : les premiers se devinent, les derniers se voient. C’est cette rangée qui a donné son nom au genre.

Un jeune et un adulte ne se ressemblent pas. Le jeune porte quatre ou cinq barres verticales noires sur les flancs ; elles s’effacent à mesure qu’il grandit, et le poisson passe du gris argenté au très sombre. Les ventrales et l’anale restent généralement foncées.

Onze épines dorsales, dix-neuf à vingt-deux rayons mous. À l’anale, deux épines et cinq à sept rayons seulement — un comptage bas, facile à vérifier.

Deux caractères intérieurs complètent la description. La vessie gazeuse de l’adulte porte de nombreux appendices latéraux reliés entre eux selon un dessin compliqué, structure que le jeune n’a pas encore. Et le sagitta, le grand otolithe, est en demi-cercle, modérément mince.

L’eau qu’il lui faut

Il ne se contente pas des fonds de sable et de vase sableuse des eaux côtières : il choisit parmi eux ceux qui reçoivent un grand fleuve. La documentation insiste sur les secteurs à fort débit fluvial et sur les zones de mangrove.

Une eau chargée et dessalée, un fond mou, une lumière quasi nulle au ras du sédiment : dans ce décor, la vue ne sert plus à grand-chose. La rangée de barbillons y prend tout son sens, et l’espèce est équipée pour chercher au contact ce qu’elle ne peut pas voir.

Les juvéniles entrent en estuaire, ce qui les place encore plus haut dans le gradient de salinité que les adultes.

Zones

  • Estuaires et passes
  • Plages sablonneuses
  • Fonds vaseux côtiers
  • Jetées et digues

Techniques

  • Pêche au fond
  • Surfcasting
  • Pêche à la traîne côtière
  • Pêche en dérive

Appâts

  • Crabes bleus
  • Crevettes fraîches
  • Moules
  • Vers de vase
  • Couteaux

Ce qu’il mange

Crustacés, mollusques et poissons.

Les mollusques posent une condition que peu de prédateurs remplissent : ce sont des proies immobiles mais fermées. Les atteindre demande de les localiser dans un fond mou, puis d’en venir à bout — deux problèmes distincts, et c’est le premier que les barbillons résolvent.

Comment le pêcher

Le chiffre utile n’est pas le maximum mais l’écart entre deux autres. La taille courante s’établit vers cinquante centimètres ; la première maturité est rapportée à soixante-trois. Le tambour noir ordinaire, celui qui vient le plus souvent, n’a pas encore frayé une seule fois.

Le reste découle du milieu. Embouchures de grands fleuves, passes, fonds mous, mangrove : ce sont des eaux troubles, et un poisson qui chasse au contact n’a pas besoin de voir une présentation pour la trouver. C’est une pêche de fond et d’odeur plutôt que de vue.

Les juvéniles occupant les estuaires, une session en eau saumâtre ne travaille pas la même classe d’âge qu’une session en passe.

Conservation

Quarante-trois ans. Un gros tambour noir n’est pas un poisson qui a profité d’une bonne année, c’est un poisson qui a duré, et son prélèvement retire d’un coup des décennies de reproduction déjà accomplie et à venir.

Le seuil de reproduction est haut par rapport à ce qui se pêche couramment. La pression porte donc en priorité sur des individus qui n’ont rien produit, tandis que le renouvellement repose sur les plus grands — c’est-à-dire sur ceux que tout le monde cherche.

À cela s’ajoute une géographie fragile. L’espèce se concentre là où les grands fleuves débouchent et là où pousse la mangrove : deux milieux qui reçoivent tout ce qu’un bassin versant charrie, et dont la surface se réduit là où le littoral s’aménage.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Tambour noir en français, black drum en anglais, corvinón negro en espagnol, ombrina nera en italien, Schwarzer Trommler en allemand.

Le nom de genre est plus parlant que tous ceux-là : Pogonias vient du grec pôgôn, la barbe. Le poisson est nommé d’après les barbillons de son menton, pas d’après sa couleur ni son bruit.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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