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EspècesNœuds
Tilapia du Nil
Photo : Piscary

Tilapia du Nil

Oreochromis niloticus · Cichlidae

  • Eau douce
  • Autres
  • Moyen
  • Taille

    60 cm

  • Poids

    4,3 kg

  • Longévité

    9 ans

  • Temp. eau

    14–33 °C

  • Profondeur

    0–20 m

Où le pêcher

  • Canal
  • Lac
  • Rivière

Icônes des milieux : Flaticon

Grand cichlidé au corps ovale argenté avec des bandes verticales foncées, reconnaissable à sa bouche protractile et à sa nageoire dorsale longue et épineuse.

Calendrier

Signalée dans 28 pays

Brésil · Chine · Colombie · Costa Rica · Côte d’Ivoire · Égypte · Équateur · États-Unis · Inde · Indonésie · Japon · Kenya · La Réunion · Malaisie · Mexique · Oman · Ouganda · Pérou · R.A.S. chinoise de Hong Kong · R.A.S. chinoise de Macao · République centrafricaine · Singapour · Sri Lanka · Taïwan · Tanzanie · Thaïlande · Viêt Nam · Zimbabwe

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’aire naturelle dessine deux ensembles que rien ne relie aujourd’hui. À l’est, le bassin du Nil avec les lacs Albert, Édouard et Tana, le Jebel Marra, le Kivu, le Tanganyika, l’Awash et les lacs éthiopiens, l’Omo, le Turkana, la Suguta, le Baringo, jusqu’aux rivières côtières d’Israël. À l’ouest, les bassins du Sénégal, de la Gambie, de la Volta, du Niger, de la Bénoué et du Tchad.

Cette double implantation est un héritage hydrographique : ces réseaux ont communiqué à des périodes plus humides, et le Sahara les a séparés depuis. La limite nord, trente-deuxième parallèle, est la plus septentrionale qu’un tilapia atteigne naturellement en dehors du tilapia bleu.

Le reste de la carte relève de l’économie et non de la biogéographie. L’espèce a été diffusée pour l’aquaculture dans toutes les zones chaudes du globe, sous forme de nombreuses souches sélectionnées, et des effets défavorables sont rapportés dans plusieurs pays d’accueil.

Une remarque taxinomique aide à lire la bibliographie ancienne : huit sous-espèces ont été reconnues autrefois — baringoensis, cancellatus, eduardianus, filoa, niloticus, sugutae, tana et vulcani — dont les noms circulent encore dans les publications antérieures à leur abandon.

Le reconnaître

La queue tranche la question. Des barres verticales sombres, régulières, la traversent sur toute sa hauteur, et elles sont présentes à tous les stades de la vie. Chez les petits sujets, ces barres sont larges, partent de la base de la nageoire et s’incurvent en arc. Aucun autre tilapia du genre ne porte ce dessin, et sa seule vérification suffit à écarter les confusions les plus fréquentes.

Le corps est haut, la tête petite en proportion. La hauteur représente trente-six à cinquante pour cent de la longueur standard. Les mâchoires du mâle mûr ne prennent pas d’ampleur particulière — la mandibule reste entre vingt-neuf et trente-sept pour cent de la longueur de la tête — et sa papille génitale n’est jamais frangée.

Les couleurs diffèrent selon le sexe. Le mâle tire sur le bleu rosé, avec parfois la gorge, le ventre, l’anale et les ventrales sombres. La femelle est brunâtre, blanc argenté par en dessous, marquée d’une dizaine de fines barres verticales.

Restent les comptages, quinze à dix-huit épines dorsales, onze à treize rayons mous derrière elles, neuf à onze rayons à l’anale, trente à trente-deux vertèbres.

La reproduction

Trois à six mois suffisent pour qu’un poisson devienne reproducteur, selon la température de l’eau, et trente grammes lui suffisent. Les femelles peuvent être mûres vers onze centimètres, les mâles vers quatorze. Aucune autre caractéristique n’explique aussi bien la place de cette espèce dans l’élevage mondial : une génération se boucle en une saison.

Le cycle est aussi rapide. Une femelle pond plusieurs fois par an, à raison d’une ponte tous les trente jours environ, dès lors que l’eau dépasse vingt degrés. En dessous de ce seuil, rien ne se passe.

Les mâles établissent des territoires sur du sable ferme, entre soixante centimètres et deux mètres de fond, dans les lacs et les eaux littorales, et y creusent une simple cuvette. Les femelles les visitent, la parade dure plusieurs heures. Les œufs sortent par lots dans le nid, le mâle les féconde, et chaque lot est immédiatement récupéré dans la cavité buccale de la femelle. Un même mâle féconde probablement les pontes de plusieurs d’entre elles.

Deux cents œufs au maximum tiennent dans une bouche. Ils mesurent un millimètre et demi ; les larves en font quatre à l’éclosion et ne sortent qu’une fois la vésicule vitelline résorbée, après une semaine environ. Toute la charge de l’élevage repose sur la mère.

L’eau qu’il lui faut

Peu de milieux d’eau douce chaude lui sont fermés. Fleuves, lacs, canaux d’irrigation, et jusqu’aux canaux d’évacuation d’eaux usées : la tolérance à des eaux dégradées fait partie du portrait. La profondeur exploitée va de la surface à vingt mètres.

Le sel constitue en revanche une vraie limite. L’espèce survit en eau saumâtre mais ne prospère pas en eau franchement salée, ce qui la distingue nettement du tilapia du Mozambique et explique qu’elle reste un poisson des eaux intérieures.

L’amplitude thermique tolérée s’étend de treize degrés et demi à trente-trois dans les conditions naturelles, de huit à quarante-deux à l’extrême. Le comportement est diurne.

Zones

  • Lacs peu profonds et chauds
  • Rivières à courant lent
  • Canaux et zones d'irrigation

Techniques

  • Pêche au feeder
  • Pêche à l'anglaise
  • Pêche au pain de mie
  • Pêche aux graines

Appâts

  • Pain de mie
  • Maïs
  • Vers de terre
  • Graines cuites
  • Boulettes végétales

Ce qu’il mange

Le phytoplancton et les algues du fond constituent la ration principale. S’y ajoutent les larves d’insectes, le périphyton — le feutrage d’algues et de micro-organismes qui tapisse les supports immergés — et le détritus. Les jeunes ont un régime plus mêlé que celui des adultes.

Manger à la base de la chaîne alimentaire est ce qui rend ce poisson économiquement décisif. Un animal qui transforme directement des algues en chair coûte à produire une fraction de ce que coûte un carnassier, et c’est cette équation, davantage que la qualité gustative, qui a porté l’espèce dans les bassins de la moitié du monde.

Comment le pêcher

Là où l’espèce est implantée, elle soutient des pêcheries importantes, et la capture commerciale pèse bien plus lourd que la pêche de loisir. Les engins collectifs y prennent des poissons d’un tout autre gabarit, jusqu’à neuf ans d’âge.

Pour qui pêche à la ligne, deux repères sortent de sa biologie. L’activité se concentre de jour. Et pendant la saison de reproduction, les cuvettes creusées dans les petits fonds sableux, entre soixante centimètres et deux mètres, sont tenues par des mâles qui défendent leur cercle : un poisson pris là est un reproducteur en poste, avec les conséquences que cela implique pour la ponte suivante.

Le régime végétal et planctonique oriente les esches vers des appâts pâteux, végétaux ou des invertébrés de petite taille. Les leurres imitant un poisson-fourrage n’ont pas de raison de fonctionner sur un brouteur d’algues.

Conservation

La question ne se pose pas dans le sens habituel : ce poisson ne recule nulle part, ce sont ceux qu’il rencontre qui disparaissent. Et le mécanisme est génétique autant qu’écologique. L’espèce s’hybride avec beaucoup d’autres du même genre, et un croisement fertile dilue en quelques générations un patrimoine qu’aucune mesure ne reconstitue ensuite.

Plusieurs États ont pour cette raison interdit tout nouveau déversement sur leur territoire, parmi lesquels l’Afrique du Sud, le Malawi et la Zambie. Ces trois pays abritent des tilapias propres au bassin du Zambèze et au bas Shire, que la généralisation des croisements effacerait sans que les captures baissent : les poissons resteraient, les lignées non.

Le classement de l’espèce parmi les nuisibles potentiels a des conséquences pratiques. Le transport de sujets vivants et leur mise à l’eau sont encadrés dans un grand nombre de pays, y compris là où des populations sont déjà installées depuis longtemps.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Tilapia du Nil en français comme dans la plupart des langues européennes, du fleuve où l’espèce a été décrite. Le nom commercial retenu sur les étals se réduit le plus souvent à « tilapia », sans autre précision : c’est ce poisson-là qui se cache derrière le terme dans la quasi-totalité des cas, tant sa production domine celle du genre.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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