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EspècesNœuds
Vivaneau bohar
Photo : Piscary

Vivaneau bohar

Lutjanus bohar · Lutjanidae

  • Mer
  • Mer côtière
  • Moyen
  • Taille

    76–90 cm

  • Poids

    5,5–13 kg

  • Longévité

    55 ans

  • Profondeur

    0–180 m

Où le pêcher

  • Récif
  • Côte rocheuse
  • Large

Icônes des milieux : Flaticon

Le vivaneau bohar est un puissant prédateur des récifs tropicaux, au corps rouge sombre uni avec parfois des reflets violacés sur les flancs. Sa large tête, ses yeux dorés et ses dents visibles en font l'un des vivaneaux les plus agressifs et les plus prisés des pêcheurs d'Asie, d'Afrique et d'Océanie.

Calendrier

Signalée dans 39 pays

Afrique du Sud · Arabie saoudite · Australie · Égypte · États-Unis · Fidji · Guam · Îles Cocos · Îles Mariannes du Nord · Îles Marshall · Îles Salomon · Inde · Indonésie · Japon · Kenya · Kiribati · La Réunion · Madagascar · Maldives · Mayotte · Micronésie · Mozambique · Niue · Nouvelle-Calédonie · Palaos · Papouasie-Nouvelle-Guinée · Philippines · Polynésie française · Samoa · Samoa américaines · Seychelles · Taïwan · Tanzanie · Terres australes françaises · Territoire britannique de l’océan Indien · Tonga · Tuvalu · Vanuatu · Wallis-et-Futuna

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’aire couvre l’Indo-Pacifique de l’Afrique de l’Est aux Marquises et aux îles de la Ligne, du sud du Japon à l’Australie. Sa forme importe moins que sa texture.

L’espèce est en effet plus commune autour des îles océaniques que sur les façades continentales. Elle ne se répartit donc pas uniformément dans son aire : elle se concentre là où le récif entoure une terre isolée en plein océan, et se raréfie là où le plateau continental élargit la bande côtière. Cette préférence a deux conséquences, l’une pour les populations, l’autre pour la santé de qui la mange.

Le reconnaître

Un sillon net, presque une fossette, court des narines au bord antérieur de l’œil. C’est le premier caractère que retient la diagnose publiée de l’espèce, et il a sur les autres un avantage pratique : il reste lisible sur un poisson mort, quand les couleurs ont tourné.

Le corps est brun rougeâtre foncé, parcouru de rayures sombres à peine visibles. Les jeunes, et certains adultes, montrent deux taches blanc argenté sur le dos — celles qui ont donné son nom anglais à l’espèce, et qui manquent assez souvent pour qu’on ne puisse pas s’y fier seul. La pectorale est rose, son bord supérieur franchement noir.

Le juvénile est un autre poisson. L’arrière du corps et la queue sont parfois blancs, ce qui lui donne l’allure d’une demoiselle du genre Chromis. Un prédateur qui ressemble à un mangeur de plancton n’est pas un détail de coloration anodin, et c’est à ce stade que l’identification demande le plus d’attention.

Pour le reste : hauteur du corps comprise 2,4 à 2,9 fois dans la longueur standard, cran et bouton du préopercule moyennement marqués, plaque vomérienne en croissant étroit, vingt-deux à vingt-trois branchiospines sur le premier arc. Dix épines dorsales, treize à quatorze rayons mous, trois épines anales et huit rayons.

L’eau qu’il lui faut

Le poisson occupe le récif corallien dans son ensemble, des lagons abrités aux récifs extérieurs. Il se tient le plus souvent seul, à proximité immédiate des pentes externes abruptes, et ne forme qu’occasionnellement des groupes.

Cette solitude relative distingue nettement l’espèce de ses congénères grégaires. On ne cherche pas un banc, on cherche un poste : une tête de corail isolée, une cassure de tombant, l’entrée d’une passe. La tranche habituelle se situe entre dix et soixante-dix mètres, mais l’espèce monte au ras de la surface et descend à cent quatre-vingts.

Zones

  • Tombants récifaux extérieurs
  • Passes de récifs
  • Têtes de corail isolées
  • Fonds durs au large

Techniques

  • Jigging métallique
  • Pêche au vif
  • Pêche au leurre souple
  • Traîne récifale

Appâts

  • Poissons vifs
  • Calmars en morceaux
  • Crevettes vivantes
  • Crabes
  • Anchois entiers

Ce qu’il mange

Le poisson domine largement le menu. S’y ajoutent des crevettes, des crabes, des amphipodes, des squilles, des gastéropodes et des tuniciers.

Cette liste décrit un carnivore opportuniste appuyé sur une base piscivore. C’est aussi, et ce point est déterminant pour la suite, la position d’un prédateur haut placé dans la chaîne alimentaire du récif corallien.

Comment le pêcher

L’espèce répond aux leurres métalliques travaillés vite entre deux eaux, et se prend classiquement à la ligne à main et à la palangre de fond. Le poisson chasse à proximité du tombant : c’est le relief, pas la profondeur seule, qui désigne le poste.

Vient ensuite la seule question qui compte vraiment sur cette espèce, et elle est sanitaire.

Ce vivaneau est l’un des poissons les plus régulièrement impliqués dans les intoxications par la ciguatera. Les gros individus venus des zones océaniques du Pacifique occidental sont souvent toxiques — Tuvalu est explicitement cité. La toxine s’accumule le long de la chaîne alimentaire du récif et se retrouve concentrée chez les prédateurs de fin de chaîne, ce que ce poisson est.

Trois propriétés en font un risque particulier. Elle est inodore et invisible : rien dans l’aspect, l’odeur ou la fraîcheur du poisson n’en signale la présence. Elle résiste à la cuisson comme à la congélation, si bien qu’aucune préparation ne la neutralise. Et sa présence tient au secteur de capture, pas à l’espèce prise isolément : le même poisson est consommé sans incident sur une île et provoque des intoxications sur la suivante.

La règle pratique en découle. La question se pose sur place, auprès des pêcheurs du lieu, avant de conserver une prise ; et elle se pose d’autant plus qu’il s’agit d’un gros sujet issu d’un récif d’île océanique, c’est-à-dire exactement le poisson qu’on cherche à prendre.

L’espèce est utilisée fraîche et séchée-salée là où elle est consommée.

Conservation

Cinquante-cinq ans. C’est l’âge maximal rapporté, et c’est le chiffre qui commande la lecture de tout le reste : ce poisson vit plus longtemps que la plupart des pêcheries qui l’exploitent n’ont existé.

La maturité intervient vers quarante-trois centimètres, à partir de trente-neuf. Un individu de taille courante — la documentation retient soixante-seize centimètres en longueur standard — a donc plusieurs décennies derrière lui. Une classe d’âge retirée d’une population ne se remplace pas en quelques saisons.

S’ajoute la géographie. Une espèce concentrée autour des îles océaniques vit en populations petites et séparées par de grandes étendues d’eau profonde. Ce qui est prélevé sur un récif isolé ne se recompose pas depuis le récif voisin dans la même saison, à la différence d’un stock continental continu.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Vivaneau bohar en français : l’épithète scientifique est reprise telle quelle, sans traduction ni adaptation. Elle ne décrit ni une couleur, ni une forme, ni un milieu, à la différence de presque tous les noms de ce genre.

Les autres langues du catalogue ont préféré la marque : two-spot red snapper, pargo de dos manchas, Zweifleck-Schnapper, vermelho-de-duas-manchas. Toutes désignent les deux taches dorsales, qui ne sont pourtant présentes ni chez tous les individus ni à tous les âges. L’italien, lui, a suivi le français et gardé bohar.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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