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EspècesNœuds
Carangue à gros yeux
Photo : Piscary

Carangue à gros yeux

Caranx sexfasciatus · Carangidae

  • Mer
  • Mer côtière
  • Moyen
  • Taille

    60–120 cm

  • Poids

    3,2–18 kg

  • Longévité

    11 ans

  • Temp. eau

    26–29 °C

  • Profondeur

    0–146 m

Où le pêcher

  • Récif
  • Plage
  • Côte rocheuse

Icônes des milieux : Flaticon

La Carangue à gros yeux se reconnaît à ses yeux particulièrement développés et à son corps fusiforme argenté. Espèce cosmopolite des eaux tropicales et subtropicales, elle forme souvent de grandes bancs en eau côtière et récifale.

Calendrier

Signalée dans 40 pays

Afrique du Sud · Arabie saoudite · Australie · Chine · Colombie · Corée du Sud · Costa Rica · Égypte · Équateur · États-Unis · Fidji · Guam · Île Norfolk · Îles Mariannes du Nord · Îles Marshall · Îles Salomon · Inde · Indonésie · Japon · Kenya · Madagascar · Malaisie · Maldives · Mayotte · Mexique · Micronésie · Mozambique · Nouvelle-Calédonie · Palaos · Panama · Papouasie-Nouvelle-Guinée · Philippines · Polynésie française · Samoa américaines · Seychelles · Sri Lanka · Taïwan · Territoire britannique de l’océan Indien · Thaïlande · Vanuatu

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’espèce occupe deux ensembles séparés. Le premier va de la mer Rouge et de l’Afrique orientale jusqu’à Hawaï, remonte au sud du Japon et aux Ogasawara, descend jusqu’en Australie et en Nouvelle-Calédonie. Le second suit la côte américaine, de la pointe sud-ouest de la Basse-Californie et du golfe de Californie jusqu’à l’Équateur et aux Galápagos.

Le caractère amphidrome explique en partie cette étendue. Une espèce dont les jeunes circulent entre la mer et l’eau douce dispose de plus de milieux de nurserie qu’une espèce strictement récifale, et cette souplesse joue lors des colonisations.

Le reconnaître

L’œil porte le nom de l’espèce et il le mérite. La paupière adipeuse, ce voile transparent qui recouvre partiellement l’œil de nombreux carangidés, est ici bien développée : modérée en avant, elle empiète en arrière jusqu’au bord postérieur de la pupille. Aucune autre carangue de la même aire ne présente ce dispositif aussi complet.

Le second repère est un liseré. Le lobe de la seconde dorsale se termine par une pointe blanche, discrète chez les jeunes et de plus en plus franche à mesure que le poisson grossit. Sur un sujet de bonne taille elle se voit à distance, dans l’eau.

Une petite tache noirâtre marque l’angle supérieur de l’opercule. Elle est notablement plus petite que le diamètre de la pupille — précision utile, car des taches operculaires, plusieurs carangues en portent, et c’est leur dimension relative qui les sépare. Elle devient visible autour de quatorze centimètres à la fourche.

Les scutelles se comptent de vingt-sept à trente-six, précédées de zéro à trois écailles, et elles sont sombres : cette file noirâtre le long du pédoncule se repère à l’œil nu sur un poisson mouillé. Le poitrail est entièrement écailleux.

Un caractère interne mérite d’être connu de qui compare des descriptions : vingt-cinq vertèbres, réparties en dix plus quinze, là où plusieurs de ses congénères en comptent vingt-quatre. Pour le reste, neuf épines dorsales, dix-neuf à vingt-deux rayons mous, trois épines anales, quatorze à dix-sept rayons, et vingt et une à vingt-cinq branchiospines.

La robe est argentée à olive, avec des reflets bleu-vert irisés sur le dos et un ventre blanchâtre. Le profil dorsal est modérément convexe en avant, moins massif que celui des carangues à grosse tête.

L’eau qu’il lui faut

La journée et la nuit se passent dans des configurations inverses, et c’est le trait le plus caractéristique du poisson. De jour, il forme de grands rassemblements immobiles, qui tournent sur eux-mêmes dans les passes ou à l’extérieur du récif, parfois en bancs lents. De nuit, il se disperse et chasse seul.

Les adultes vivent en eaux côtières et océaniques, toujours liés au récif, et se tiennent en pleine eau entre un et quatre-vingt-seize mètres. La bathymétrie enregistrée pour l’espèce va de la surface à cent quarante-six mètres.

Les juvéniles entrent dans les estuaires, pénètrent parfois dans les rivières et remontent alors très loin dans les terres. C’est une tolérance à l’eau douce inhabituelle pour un poisson dont les adultes tiennent les passes récifales, et elle vaut d’être connue de qui pêche les cours inférieurs des fleuves tropicaux.

Zones

  • Récifs coralliens peu profonds
  • Passes de lagon
  • Hauts-fonds sableux
  • Côtes rocheuses exposées

Techniques

  • Pêche au popper en surface
  • Jigging lège
  • Lancer-ramener au leurre dur
  • Pêche au vif

Appâts

  • Poppers de surface
  • Petits poissons vifs
  • Jigs métalliques
  • Leurres souples streamers

Ce qu’il mange

Les adultes mangent des poissons, des calmars et des crustacés. La part des céphalopodes distingue ce régime de celui des carangues à dominante benthique : un calmar se capture en pleine eau, souvent de nuit, ce qui recoupe exactement le moment où l’espèce se disperse pour chasser.

Comment le pêcher

Le banc que l’on voit ne mange pas. C’est la conséquence directe du rythme de l’espèce : les agrégations denses et stationnaires que l’on croise dans une passe en plein jour sont au repos, et un leurre traversant ce nuage de poissons est souvent ignoré. L’activité alimentaire commence quand le banc se défait, à la tombée du jour.

Cette contrainte a une contrepartie. Un rassemblement diurne est fixe et visible, donc localisable à l’avance : repérer les passes occupées en plein jour permet d’y revenir au bon moment, plutôt que de chercher au hasard une fois la nuit tombée.

Le poisson se prend surtout à la ligne. À longueur égale, il est bien plus mince que la carangue bleue ou la carangue géante, et le combat s’en ressent. L’âge maximal rapporté est de onze ans, la maturité intervient à quarante-deux centimètres, et la taille courante s’établit à soixante.

Des intoxications par la ciguatera sont documentées chez cette espèce. Comme chez les autres carangues tropicales, la toxine se loge dans la chair sans altérer ni son aspect ni son odeur, et sa distribution dépend du récif d’origine du poisson.

Conservation

Le rythme de l’espèce est aussi sa faiblesse. Un poisson qui se rassemble tous les jours au même endroit, immobile, à faible profondeur et à découvert dans une passe, se prélève avec une facilité qu’aucun autre trait de son comportement ne compense. Aux engins de ligne s’ajoutent filets maillants et sennes tournantes, qui prennent le rassemblement entier plutôt qu’un individu.

Un site vidé de son agrégation ne se repeuple pas nécessairement : ces rassemblements sont fidèles à des passes précises, et rien n’assure qu’un autre groupe vienne occuper la place laissée libre.

L’évaluation de référence est de décembre 2018.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Carangue à gros yeux en français. La plupart des langues ont retenu le même caractère : bigeye trevally en anglais, jurel ojón en espagnol, xaréu-olho-grande en portugais du Brésil, Großaugen-Stachelmakrele en allemand.

L’épithète sexfasciatus signifie « à six bandes ». Rien de tel ne subsiste sur l’adulte, dont la livrée est unie : le nom scientifique décrit un état que le poisson ne montre plus une fois adulte, ce qui égare régulièrement qui s’y fie pour identifier une prise.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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