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EspècesNœuds
Corégone de lac
Photo : Piscary

Corégone de lac

Coregonus clupeaformis · Salmonidae

  • Eau douce
  • Salmonidés
  • Moyen
  • Taille

    54–100 cm

  • Poids

    2,2–19 kg

  • Longévité

    50 ans

  • Temp. eau

    8–14 °C

  • Profondeur

    8–128 m

Où le pêcher

  • Lac

Icônes des milieux : Flaticon

Le corégone de lac est un salmonidé d'eau douce d'Amérique du Nord au corps argenté comprimé latéralement, avec un museau arrondi et une bouche petite adaptée au filtrage du zooplancton. Il peuple les grands lacs froids et profonds du Canada et des états du nord des États-Unis, où il forme des bancs importants en eau ouverte.

Calendrier

Signalée dans 2 pays

Canada · États-Unis

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’espèce occupe les bassins atlantique, arctique et pacifique dans la majeure partie du Canada, vers le sud jusqu’en Nouvelle-Angleterre, dans le bassin des Grands Lacs et au centre du Minnesota, plus les bassins des rivières Copper et Susitna en Alaska.

Elle a été introduite dans le nord-ouest des États-Unis et déversée dans des lacs andins d’altitude, dans deux pays d’Amérique du Sud.

Une réserve taxinomique accompagne cette espèce : elle est probablement conspécifique du lavaret européen, et appartient à un complexe d’espèces. Les corégones ne se laissent pas ranger facilement, et c’est vrai des deux côtés de l’Atlantique.

Le reconnaître

L’adipeuse est bien développée, souvent plus grande chez le mâle, et les ventrales portent un processus axillaire — une petite écaille allongée à leur base.

Le dos va du brun foncé au bleu de nuit, s’éclaircit en argent sur les flancs et devient large et clair sous le ventre. Les jeunes ne portent aucune marque de tacon, ce qui les sépare immédiatement des juvéniles de truite ou de saumon avec lesquels ils partagent l’adipeuse.

Le comptage : onze à treize rayons mous à la dorsale, dix à quatorze à l’anale, aucune épine, et cinquante-cinq à soixante-quatre vertèbres.

La reproduction

La ponte a lieu de nuit et près de la surface. Une femelle et un ou plusieurs mâles montent ensemble, libèrent œufs et laitance, puis redescendent séparément vers le fond.

Les poissons en fraie sont très actifs et peuvent sauter complètement hors de l’eau. C’est un comportement spectaculaire et rare chez un poisson d’eau profonde.

Le rythme dépend de la latitude, et l’écart est considérable : ponte annuelle dans la partie sud de l’aire, tous les deux ans voire tous les trois ans dans les régions arctiques et subarctiques. Une même espèce peut donc reproduire trois fois moins souvent d’un bout à l’autre de son domaine, ce qui change radicalement la capacité d’une population à encaisser un prélèvement.

L’eau qu’il lui faut

L’espèce occupe les grands lacs et les grandes rivières, et entre en eau saumâtre. C’est avant tout un poisson de lac, néritopélagique, plutôt sédentaire — au moins dans les Grands Lacs.

Son année se décompose en quatre mouvements, et c’est le calendrier le plus utile qu’on puisse avoir sur elle. Au printemps, elle passe de l’eau profonde vers les petits fonds. L’été, elle regagne la profondeur à mesure que les hauts-fonds se réchauffent. À l’automne et au début de l’hiver, elle migre vers les zones de fraie peu profondes. Après la ponte, elle redescend.

Elle forme des populations séparées à l’intérieur d’un même grand lac. La profondeur enregistrée va de huit à cent vingt-huit mètres, la plage thermique de huit à quatorze degrés.

Zones

  • Lacs profonds d'Amérique du Nord
  • Eaux pélagiques profondes
  • Hauts-fonds lacustres en automne
  • Lacs sous glace en hiver

Techniques

  • Pêche au jigging léger en pleine eau
  • Pêche à la traîne en bateau (trolling)
  • Pêche aux leurres (cuillères argentées)
  • Pêche sous glace (jigging)

Appâts

  • Cuillères argentées
  • Vers de vase
  • Asticots
  • Leurres souples blancs

Ce qu’il mange

Les adultes se nourrissent principalement de larves d’insectes aquatiques.

C’est une différence notable avec les corégones européens, spécialisés dans le zooplancton : celui-ci mange au fond. Sa bouche infère et son museau proéminent prennent alors tout leur sens — ce sont les outils d’un poisson qui fouille le sédiment.

Comment le pêcher

Les quatre mouvements de l’année donnent la stratégie complète. Petits fonds au printemps, profondeur en été, zones de fraie peu profondes à l’automne et au début de l’hiver, retour au large après. Se tromper de saison revient à pêcher un lac vide.

Le régime benthique oriente vers des présentations au contact du fond, et non vers la pleine eau où l’on chercherait un corégone européen.

L’âge maximal rapporté est de cinquante ans. Un gros corégone de lac nordique est un poisson qui a vu passer un demi-siècle, dans une eau à huit degrés où rien ne pousse vite.

La ponte tous les deux ou trois ans dans le Nord change le sens de chaque prélèvement : le poisson qu’on garde ne se remplace pas au rythme d’une population méridionale.

Conservation

L’écart de rythme de reproduction entre le sud et le nord de l’aire est le fait à retenir. Une population arctique qui ne fraie qu’une année sur trois met trois fois plus de temps à se reconstituer, alors même qu’elle vit dans des eaux où la croissance est déjà lente.

Les populations séparées à l’intérieur d’un même grand lac ajoutent une difficulté : ce ne sont pas des stocks interchangeables, et vider un secteur ne se compense pas par les poissons du secteur voisin.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Grand corégone en français, lake whitefish en anglais. Au Québec, il porte aussi le nom de poisson blanc, et il soutient une pêcherie commerciale ancienne dans les Grands Lacs.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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