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EspècesNœuds
Doré noir
Photo : Piscary

Doré noir

Sander canadensis · Percidae

  • Eau douce
  • Carnassiers
  • Moyen
  • Taille

    36–76 cm

  • Poids

    0,5–4,0 kg

  • Longévité

    18 ans

Où le pêcher

  • Estuaire
  • Lac
  • Rivière

Icônes des milieux : Flaticon

Le doré noir est un percidé nord-américain proche du doré jaune mais plus petit, reconnaissable à ses taches sombres irrégulières sur les flancs et à sa première nageoire dorsale ornée de points noirs distincts. Il affectionne les eaux turbides et les fonds sablonneux des rivières et lacs peu profonds.

Calendrier

Signalée dans 2 pays

Canada · États-Unis

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’espèce occupe le Saint-Laurent et les Grands Lacs, le bassin de la baie d’Hudson et celui du Mississippi, du Québec à l’Alberta et jusqu’au nord de l’Alabama et à la Louisiane. Cette aire est celle d’un poisson de grands réseaux fluviaux continentaux, pas celle d’un poisson de lacs.

Des transferts l’ont installé dans des bassins atlantiques, dans ceux du golfe du Mexique et dans le sud du Mississippi. Comme chez beaucoup de percidés nord-américains, la carte actuelle additionne donc une répartition naturelle et une répartition halieutique, sans que rien ne les distingue à l’œil.

Le reconnaître

Des taches, pas des bandes. Le doré noir porte sur les flancs des macules sombres irrégulières que son grand cousin n’a pas, et sa première nageoire dorsale est semée de points noirs bien détachés au lieu d’être uniformément grisée. Ces deux marques se lisent sur un poisson mouillé, à bout de bras, ce qui est exactement la situation où la question se pose.

La taille sépare aussi les deux espèces, mais moins bien qu’on ne le croit. Le doré noir plafonne plus bas, alors que le poisson courant tourne autour de trente-cinq centimètres. Un individu de gabarit moyen ne permet donc de conclure sur rien : ce sont les marques qu’il faut regarder.

La reproduction

La fraie s’étale de mars à juin selon la latitude, par couples ou en petits rassemblements. C’est une organisation plus lâche que celle du doré jaune, qui forme des groupes structurés et dépose tout en une nuit.

La maturité arrive vers trente-deux centimètres, soit une dizaine de centimètres plus tôt que chez son congénère. Cet écart n’est pas anodin dans une eau où les deux vivent ensemble : à taille égale, un doré noir a plus de chances d’avoir déjà frayé qu’un doré jaune. Il compense ainsi une croissance et une taille finale plus modestes par une entrée plus rapide dans la population reproductrice.

L’eau qu’il lui faut

Le doré noir est un poisson de courant et de fond. Il occupe les veines de sable et de gravier, les fosses sableuses ou vaseuses et les bras morts des cours d’eau, du ruisseau au grand fleuve, et il ne se tient pas au-dessus de cinq mètres de profondeur — ce n’est pas un poisson de bordure.

Il fréquente moins volontiers les lacs et les retenues. C’est la différence de fond avec le doré jaune, qui prospère dans les grands plans d’eau : là où l’un s’accommode d’un lac, l’autre a besoin d’une rivière qui coule encore.

Zones

  • Courants de rivières
  • Fosses sous les rapides
  • Hauts-fonds sableux
  • Embouchures de rivières

Techniques

  • Jig léger près du fond
  • Pêche à la palette
  • Leurres souples en dérive
  • Mort manié lent

Appâts

  • Ver à nuit
  • Minnow vif
  • Jigs souples
  • Grub

Ce qu’il mange

Le basculement vers le poisson est précoce et brutal. Les larves se nourrissent de cladocères, de copépodes et de larves de chironomes ; dès le stade juvénile, l’alimentation est piscivore. Il n’y a pas ici de longue phase intermédiaire à invertébrés benthiques comme chez d’autres percidés.

Cette précocité a un coût. Un jeune poisson qui doit trouver des proies à sa mesure dès sa première saison dépend étroitement de l’abondance des alevins d’autres espèces, et une année sans fourrage se paie immédiatement sur la classe d’âge.

Comment le pêcher

Tout se joue au fond et dans le courant. Un poisson démersal qui occupe les veines de sable et de gravier ne monte pas chercher une présentation à mi-profondeur : le contact avec le substrat est la condition d’entrée, et la dérive contrôlée le long d’une veine vaut mieux que la prospection large d’un plan d’eau.

La lecture de la rivière compte plus que le choix du montage. Les cassures entre sable et gravier, les entrées et sorties de fosses, les bras morts en communication avec le courant principal : ce sont des situations peu nombreuses sur un linéaire donné, et elles se repèrent au sondeur ou à la sonde bien avant de mouiller un leurre.

La longévité mérite d’être gardée en tête au moment de décider du sort d’une prise : l’âge maximal rapporté atteint dix-huit ans, pour un poisson dont la taille courante ne laisse pas deviner l’âge.

Conservation

La vulnérabilité de cette espèce est inscrite dans son habitat plutôt que dans son effectif. Elle a besoin de veines courantes sur sable et gravier, et elle se raréfie dans les lacs et les retenues.

Or c’est précisément la transformation qu’ont subie beaucoup de grands fleuves nord-américains : une succession de barrages remplace une rivière par une chaîne de plans d’eau lents. Les adultes s’en accommodent un temps, mais l’habitat qui définit l’espèce disparaît section par section, et la population régresse vers les tronçons restés libres.

Les transferts vers d’autres bassins ne compensent pas cette perte. Ils déplacent des poissons ; ils ne recréent pas des veines de gravier.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Doré noir au Québec, sauger en anglais — un mot dont l’origine est obscure et qui n’a pas d’équivalent construit dans les autres langues, si bien que l’allemand et le portugais l’ont repris tel quel. Le français canadien dit parfois doré bleu, mais l’expression a désigné d’autres formes de dorés et prête à confusion dans les textes anciens.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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