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EspècesNœuds
Ide mélanote
Photo : Piscary

Ide mélanote

Leuciscus idus · Cyprinidae

  • Eau douce
  • Carpes & blancs
  • Moyen
  • Taille

    30–80 cm

  • Poids

    0,3–5,5 kg

  • Longévité

    29 ans

  • Temp. eau

    4–20 °C

Où le pêcher

  • Rivière

Icônes des milieux : Flaticon

Corps élancé argenté avec nageoires rougeâtres - Poisson grégaire combattif

Calendrier

Signalée dans 15 pays

Allemagne · Autriche · Belgique · Danemark · Estonie · Finlande · France · Norvège · Pays-Bas · Pologne · Royaume-Uni · Russie · Suède · Tchéquie · Ukraine

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’ide occupe les bassins de la Baltique, de la mer Noire, du nord de la Caspienne et de la mer du Nord, et le bassin atlantique vers le sud jusqu’à la Seine et à la basse Loire. En Asie, il s’étend jusqu’au bassin de la Léna et à celui de l’Aral. Il est absent de Scandinavie au nord du soixante-neuvième parallèle.

Il a été introduit en Grande-Bretagne et dans le nord de l’Italie.

Une voie d’introduction lui est propre : la forme dorée de l’espèce, l’ide mélanote, a été transportée dans plusieurs pays d’Europe et aux États-Unis comme poisson d’ornement. Ce sont des poissons de bassin qui se retrouvent en rivière, et l’ornement explique ici une partie de la carte.

Le reconnaître

Toutes les nageoires de l’ide tirent sur le rouge, sauf la dorsale. C’est le premier signe, et il tient sur un poisson vivant comme sur une photographie.

Le second est une absence. Les écailles des flancs ne portent pas le réticulé noir régulier qui dessine un filet sur le chevaine ; la pigmentation y reste diffuse. Les deux espèces se ressemblent assez pour que ce détail décide.

Les comptages confirment : cinquante-six à cinquante-huit écailles sur la ligne latérale plus trois, huit rayons branchus et demi à la dorsale, dix à onze et demi à l’anale, quarante-sept vertèbres, dents pharyngiennes sur deux rangs. La bouche est terminale, la caudale à dix-neuf rayons.

L’ide est le plus grand des Leuciscus européens, et c’est le rapport entre son format et celui de ses congénères qui compte ici, non le record lui-même — les chiffres publiés varient selon les sources.

La reproduction

La femelle ne fraie qu’une fois par saison, et avec plusieurs mâles. Ceux-ci se rassemblent sur la frayère et suivent les femelles mûres.

La ponte se fait dans les affluents, en courant modéré, sur gravier ou végétation immergée, et les œufs collants sont fixés au support.

Une seule ponte par an place l’ide à l’opposé du chevaine, qui étale la sienne sur plusieurs épisodes. La conséquence est directe : une crue au mauvais moment ne détruit pas une fraction de sa reproduction, elle la détruit entière.

L’espèce s’hybride à l’occasion avec l’aspe, ce qui est notable entre deux poissons aux régimes aussi éloignés.

L’eau qu’il lui faut

Les adultes fréquentent les grandes rivières de plaine et les lacs riches en nutriments, jusqu’à une quinzaine de mètres de fond. Ils supportent l’eau saumâtre.

La structure sociale s’inverse avec l’âge. Les juvéniles vivent en groupes et occupent une grande variété d’habitats de bordure ; les adultes deviennent solitaires et gagnent les eaux profondes. Un gros ide se cherche donc seul, loin de la berge où on a vu les petits.

Zones

  • Zones calmes
  • courants modérés
  • zones moyennes
  • rivières larges

Techniques

  • Leurres
  • Vers
  • Pain
  • Insectes

Appâts

  • Micro-leurres
  • Cuiller
  • Mouches

Ce qu’il mange

Son régime est large : animaux aquatiques et terrestres de toutes sortes, matière végétale. Les grands individus se tournent nettement vers le poisson.

Cette bascule est ce qui sépare l’ide de la vandoise, avec laquelle il partage la rivière sans partager la taille. Un poisson qui se met au poisson dépasse le plafond que les invertébrés imposent, et c’est pourquoi l’un atteint quatre-vingt-cinq centimètres quand l’autre en fait rarement plus de trente.

Comment le pêcher

Deux âges, deux pêches. Les juvéniles grégaires de bordure se prennent comme les autres cyprinidés, sur des appâts menus. Les gros sujets, solitaires et profonds, relèvent plutôt des techniques du carnassier — et cette dualité est ce qui déroute le plus souvent.

La longévité change la lecture d’une prise. L’âge maximal rapporté est de vingt-neuf ans, ce qui est considérable pour un cyprinidé de rivière : un très gros ide a traversé trois décennies, et sa remise à l’eau n’a pas le même sens que celle d’un poisson de trois ans.

Sa chair est de qualité médiocre, ce qui a de longue date orienté vers la remise à l’eau.

La saison suit sa reproduction : la montée dans les affluents rassemble au printemps des poissons autrement dispersés en profondeur.

Conservation

Une femelle qui ne pond qu’une fois par an, dans un affluent, sur un gravier propre, cumule les points de rupture. Perdre l’accès à l’affluent, perdre le gravier ou perdre l’année suffit — et contrairement à un poisson qui étale sa ponte, il n’y a pas de seconde chance dans la saison.

La longévité masque longtemps le problème. Une population d’ides peut afficher de beaux poissons pendant quinze ans après avoir cessé de se renouveler.

Les introductions ornementales posent une question distincte : des poissons de bassin, sélectionnés pour leur couleur, se retrouvent dans des rivières où l’espèce est native, et s’y reproduisent avec elle.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Ide mélanote en français, souvent simplement ide ; la forme dorée d’élevage porte le même nom, ce qui entretient une confusion entre une espèce sauvage et un poisson d’ornement. Ide ou orfe en anglais — le second désignant plutôt la forme dorée. Aland ou Nerfling en allemand, jazь dans les langues slaves.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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