
Mérou de Nassau
Epinephelus striatus · Serranidae
- Mer
- Mer côtière
- Moyen
- Taille
122 cm
- Poids
25 kg
- Longévité
29 ans
- Profondeur
1–90 m
Où le pêcher
- Récif
- Côte rocheuse
Icônes des milieux : Flaticon
Le mérou de Nassau est un serranidé des Caraïbes au corps brun-beige orné de cinq bandes sombres verticales bien marquées et d'une tache noire caractéristique à la base de la caudale. Il fréquente les récifs coralliens peu profonds des eaux chaudes de l'Atlantique Nord-Ouest, où il chasse poissons et crustacés.
Calendrier
Signalée dans 19 pays
Bahamas · Belize · Bermudes · Cuba · États-Unis · Guadeloupe · Haïti · Honduras · Îles Caïmans · Îles Turques-et-Caïques · Îles Vierges des États-Unis · Jamaïque · Martinique · Mexique · Panama · Porto Rico · Saint-Barthélemy · Saint-Martin · Saint-Martin (partie néerlandaise)
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
L’espèce occupe l’Atlantique ouest : Bermudes, Floride, Bahamas, péninsule du Yucatán et l’ensemble des Caraïbes jusqu’au sud du Brésil.
Elle est absente du golfe du Mexique, sauf sur le banc de Campeche au large du Yucatán, aux Tortugas et au large de Key West. Cette absence est nette et vaut d’être connue : un mérou à marque en W dans le golfe est une exception géographique.
Le reconnaître
Une marque en forme de W surmonte l’œil : les troisième et quatrième barres verticales du corps se divisent au-dessus de la ligne latérale et forment ce dessin caractéristique. C’est le critère qui isole l’espèce, et il tient même quand la robe change.
Or elle change beaucoup. Le fond va du fauve chez les poissons de faible profondeur au rosé ou au rouge chez ceux qui viennent de plus bas, parfois avec une teinte orangée. Et l’animal passe en quelques minutes d’un blanc presque uniforme à un brun foncé complet selon son humeur — un poisson observé deux fois dans la même plongée peut n’avoir pas la même apparence.
La dorsale est échancrée entre les épines avant, la troisième ou la quatrième étant la plus longue. Les bases de la dorsale molle et de l’anale sont couvertes d’écailles et d’une peau épaisse. Les écailles sont petites et fortement imbriquées. La caudale est arrondie chez les juvéniles.
La reproduction
La ponte est calée sur la lune. Elle a lieu à l’approche de la nouvelle lune, et jusqu’à trente mille individus se rassemblent sur certains sites de reproduction.
Ce chiffre est le fait central de l’espèce. Une population dispersée sur des centaines de kilomètres de récif se concentre à date prévisible en quelques points connus depuis des générations.
La parade est décrite en détail : mouvements en spirale verticale, courtes montées suivies d’un regroupement rapide puis d’une dispersion tout aussi rapide, et courses horizontales près du fond. La plupart des mâles et des femelles arborent alors une livrée bicolore.
Un point de biologie a été révisé. La littérature ancienne supposait un hermaphrodisme protogyne ; le gonochorisme — des sexes séparés dès l’origine — a depuis été démontré, et des mâles primaires ont été trouvés récemment. Le changement de sexe est néanmoins rapporté entre trente et quatre-vingts centimètres.
L’eau qu’il lui faut
On le rencontre du rivage jusqu’à quatre-vingt-dix mètres au moins, généralement à proximité des grottes.
Les juvéniles sont communs dans les herbiers marins, milieu distinct de celui des adultes et indispensable au cycle.
C’est une espèce solitaire et principalement diurne, qui forme néanmoins parfois des bancs hors de la période de reproduction.
Zones
- Récifs coralliens côtiers
- Fonds rocheux des Caraïbes
- Tombants récifaux
- Épaves côtières
Techniques
- Pêche au fond avec appât naturel
- Jigging sur récif
- Traîne côtière lente
- Leurre souple sur structure récifale
Appâts
- Calamar frais
- Poisson vif ou mort (gros)
- Crabe
- Crevette entière
- Poulpe
Ce qu’il mange
Le régime est chiffré : cinquante-quatre pour cent de poissons, vingt-trois pour cent de crabes, le reste en autres crustacés et mollusques.
Cette proportion place l’espèce parmi les mérous nettement piscivores, à la différence du mérou brun de Méditerranée qui vit d’abord de crabes et de poulpes.
Comment le pêcher
La documentation le décrit comme le moins méfiant et le plus familier de tous les mérous. C’est une phrase qui, chez un grand mérou côtier, énonce un problème plutôt qu’une qualité.
C’est le mérou commercial le plus important des Antilles, vendu frais, le plus souvent entre deux et dix kilos.
Sa vulnérabilité tient aux rassemblements. Trente mille poissons réunis à date de lune connue, sur un site fréquenté depuis des générations, constituent une ressource que quelques bateaux épuisent en une saison. La pêche de cette espèce et l’accès à ses sites de reproduction font l’objet de restrictions dans plusieurs pays de son aire, à vérifier auprès de l’autorité compétente.
Pour le reste, la recherche suit les grottes et les tombants, et les herbiers pour les jeunes.
Conservation · En danger critique (UICN) — Cette espèce est menacée d'extinction. Relâche-la systématiquement (no-kill), manipule-la avec le plus grand soin et vérifie la réglementation locale — sa pêche peut être interdite.
Conservation
Le mécanisme est connu, documenté et toujours à l’œuvre : une espèce dont toute la reproduction passe par quelques agrégations prévisibles n’a aucune protection statistique. Sa dispersion le reste de l’année ne compense rien, puisque c’est au rassemblement qu’on la pêche.
Plusieurs sites historiques d’agrégation ont cessé de se former. Un site qui disparaît ne se reconstitue pas : la connaissance de l’emplacement se transmet entre poissons, et la rompre supprime la reproduction de toute une région.
L’âge maximal rapporté est de vingt-neuf ans, la maturité vers quarante-huit centimètres.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Mérou rayé en français, Nassau grouper en anglais — nom de la capitale des Bahamas, où l’espèce a été décrite et où elle porte une pêcherie historique. Cherna criolla en espagnol des Caraïbes.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org