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EspècesNœuds
Perroquet arc-en-ciel
Photo : Piscary

Perroquet arc-en-ciel

Scarus guacamaia · Scaridae

  • Mer
  • Mer côtière
  • Moyen
  • Taille

    70–120 cm

  • Poids

    5,1–20 kg

  • Profondeur

    3–25 m

Où le pêcher

  • Récif

Icônes des milieux : Flaticon

Récifs coralliens. Les juvéniles se rencontrent fréquemment dans les zones de mangrove.

Calendrier

Signalée dans 11 pays

Aruba · Bahamas · Bermudes · Colombie · États-Unis · Guadeloupe · Honduras · Îles Caïmans · Mexique · Pays-Bas caribéens · Porto Rico

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’aire couvre l’Atlantique ouest, des Bermudes, de la Floride et des Bahamas jusqu’à l’Argentine. Elle porte un trou : l’espèce est absente du nord du golfe du Mexique.

Ce creux au milieu d’une aire continue n’est pas un défaut d’échantillonnage. Le nord du golfe reçoit le Mississippi, et ses fonds côtiers sont des vasières alimentées par un fleuve, pas des récifs coralliens bordés de mangrove. Un animal qui a besoin des deux à la fois n’a rien à y faire, et son aire s’interrompt exactement là où l’un des deux disparaît.

Le reconnaître

Les nageoires sont orange terne, et des langues de vert s’avancent dedans depuis la base, sur la dorsale comme sur l’anale. Le bord des nageoires médianes est bleu, les plaques dentaires bleu-vert.

Un détail vaut d’être signalé parce qu’il est rare dans cette famille : la couleur ne dit pas le sexe. La description publiée ne relève aucune différence chromatique apparente entre mâles et femelles, là où beaucoup de poissons-perroquets affichent deux livrées si différentes qu’elles ont valu à certaines espèces d’être décrites deux fois. Sur un poisson en main, il faut donc renoncer à trancher.

Les comptages sont brefs : neuf épines dorsales, dix rayons mous, trois épines anales et neuf rayons.

La reproduction

La ponte se fait par couples distincts, et les œufs sont libérés dans l’eau sans être gardés.

L’appariement mérite d’être noté à côté du reste : chez un poisson qui n’affiche aucun dimorphisme de couleur, la formation d’un couple ne repose visiblement pas sur la reconnaissance d’une livrée. Ce que les partenaires se signalent, et par quel moyen, n’est pas dans le dossier.

L’eau qu’il lui faut

L’adulte vit sur le récif corallien, entre trois et vingt-cinq mètres. Le jeune, lui, se trouve couramment dans la mangrove — et ce sont deux milieux, deux endroits, deux âges.

Cette séparation commande tout ce qui suit. Une espèce dont les jeunes grandissent dans les palétuviers et dont les adultes vivent sur le corail dépend de deux habitats à la fois, et de la distance entre eux. Un récif en bon état ne suffit pas si la frange de mangrove qui l’alimente en jeunes a été comblée ; l’inverse est vrai aussi. La population se juge donc sur le maillon le plus faible des deux, pas sur celui qu’on observe en plongée.

Zones

  • Récifs coralliens
  • Herbiers marins tropicaux
  • Zones côtières peu profondes
  • Lagons

Techniques

  • Pêche de fond au posé
  • Pêche au flotteur
  • Pêche à la ligne légère au posé
  • Pêche côtière à l'appât naturel

Appâts

  • Crevettes
  • Algues et végétaux marins
  • Crabes
  • Vers marins

Ce qu’il mange

Il broute principalement les algues benthiques. C’est un régime de pâture, exercé de jour, sur un substrat fixe — ce qui explique qu’on trouve toujours l’animal au même endroit et à la même heure.

Comment le pêcher

Le fait qui organise la recherche de ce poisson n’est pas son régime, c’est son gîte.

L’espèce possède une caverne de repli, toujours la même, où elle se retire pour la nuit et dès qu’une menace se présente. Et elle s’aide du soleil pour la retrouver. Un poisson de récif qui rentre chez lui en s’orientant sur la position du soleil se comporte, à l’échelle de sa journée, comme un animal territorial doté d’un domaine : il s’éloigne de son abri le matin, y revient le soir, et connaît le chemin.

Trois conséquences pratiques en découlent. On ne cherche pas cette espèce au hasard d’un tombant mais autour d’un relief creux repérable. Un individu dérangé ne fuit pas au large, il rentre — et il rentre au même endroit, ce qui rend une caverne connue exploitable jour après jour. Et un poisson prélevé laisse un abri vacant plutôt qu’un trou dans un banc mobile.

Reste l’avertissement sanitaire, qui vaut ici comme sur les grands prédateurs du récif : des cas d’intoxication par la ciguatera sont rapportés pour cette espèce. La question se pose au lieu de capture, auprès de ceux qui y pêchent, avant de conserver une prise.

L’espèce fait l’objet d’une pêcherie commerciale modeste, elle est retenue comme poisson de sport, et elle alimente le commerce aquariophile.

Conservation · Quasi menacée (UICN) — Cette espèce est en déclin. Relâche vite tes prises et manipule-les avec soin — mains mouillées, le moins de temps possible hors de l'eau.

Conservation

Ce qui pèse sur l’espèce s’exerce d’abord sur ses nourriceries. Les fronts de mangrove sont comblés, endigués, convertis en marinas et en bassins : le milieu où grandissent les jeunes est le plus facile à supprimer de toute la trajectoire de l’animal, parce qu’il occupe précisément la bande où se construit le littoral.

L’effet est différé, et c’est ce qui le rend difficile à voir. Le récif conserve ses adultes pendant des années après que la mangrove voisine a disparu : le stock visible reste, la relève ne vient plus. Quand la baisse devient mesurable sur le corail, la cause a cessé d’être là depuis longtemps.

L’évaluation de référence date de 2012, ce qui laisse plus d’une décennie sans réexamen sur une côte qui s’est beaucoup construite entretemps.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Perroquet arc-en-ciel en français, rainbow parrotfish en anglais, Regenbogen-Papageifisch en allemand : trois langues qui promettent un spectre complet pour un poisson que sa propre description donne orange terne et vert.

L’espagnol a pris une autre voie. Pez loro guacamayo désigne l’ara, et c’est de là que vient l’épithète scientifique : guacamayo est le mot d’origine taïno que l’espagnol a retenu pour cet oiseau, et que la nomenclature a latinisé en guacamaia. Le poisson porte donc le nom d’un oiseau, dans une famille qui porte déjà celui d’un autre.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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