
Tilapia de Galilée
Sarotherodon galilaeus · Cichlidae
- Eau douce
- Autres
- Moyen
- Taille
40 cm
- Poids
1,6 kg
- Temp. eau
22–28 °C
Où le pêcher
- Estuaire
- Lac
Icônes des milieux : Flaticon
Le tilapia de Galilée est un cichlidé de taille moyenne aux reflets argentés-olivâtres, présent dans les lacs et rivières d'Afrique et du Levant, notamment dans le lac de Tibériade. Il se distingue par son comportement de soin parental biparental, les deux parents incubant les oeufs en bouche.
Calendrier
Signalée dans 7 pays
Cameroun · Chine · Côte d’Ivoire · Gambie · Ghana · Mali · Nigeria
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
L’aire dessine une bande continue de l’Atlantique africain au Jourdain. Sénégal, Gambie, Casamance, Konkouré, Sassandra, Bandama, Comoé, Niger, Volta, Mono, Ouémé, Ogun, Cross, Bénoué, Logone, Chari et lac Tchad à l’ouest ; le Nil entier à l’est, ses lacs du delta, l’Albert et le Turkana ; puis le système du Jourdain et les fleuves côtiers d’Israël, où l’espèce fréquente surtout les lacs.
Trois points isolés en disent plus que le reste : le Draa au Maroc, l’Adrar mauritanien et les oasis sahariennes du Borkou, de l’Ennedi et du Tibesti, en plein nord tchadien. Ce sont des reliques. Le Sahara a porté des lacs et des réseaux reliés au Nil et au Tchad, et quelques poissons ont survécu dans les points d’eau permanents quand le reste s’est asséché. Une population de tilapias au Tibesti n’a pas été apportée : elle est restée.
Le bassin du Congo est occupé par deux sous-espèces distinctes, l’une du bas et du moyen fleuve avec le bas Kasaï et la Lukenie, l’autre du moyen Congo et des affluents Oubangui, Uele, Itimbiri, Aruwimi et Lomami. Cinq sous-espèces sont reconnues en tout, ce qui donne la mesure du morcellement d’une aire aussi étendue.
Le reconnaître
Chez ce tilapia, la couleur ne dit pas le sexe. Un sujet en pleine activité reproductrice reste gris sur le dos, argenté sous le ventre, avec une marge rosée au bord de la dorsale et de la caudale — et cela vaut du mâle comme de la femelle. L’absence de livrée nuptiale contrastée est le premier tri à faire face aux tilapias du genre Oreochromis, dont les mâles virent au bleu, au vermillon ou au noir dès qu’ils creusent.
Le second signe est sur la caudale : elle est nue, sauf à sa base, où quelques rangs d’écailles remontent. Les taches de mélanine, quand il y en a, apparaissent chez des individus isolés et jamais à l’échelle d’une population entière — un poisson tacheté ne définit donc rien.
Reste la silhouette. Le corps est court et haut, comprimé latéralement, sa hauteur dépassant en général 45 % de la longueur standard. Le profil du museau est droit ou à peine bombé. Les pectorales sont longues : couchées le long du flanc, elles atteignent l’aplomb de l’anus ou de la partie épineuse de l’anale. La tête occupe entre 32,5 et 39 % du corps mesuré sans la caudale.
Les comptages ferment la détermination. Quatorze à dix-sept épines dorsales et onze à quatorze rayons mous, soit vingt-sept à trente rayons dorsaux au total, vingt-huit ou vingt-neuf le plus souvent ; trois épines anales et neuf à douze rayons mous ; vingt-sept à trente et une vertèbres ; vingt à vingt-sept branchiospines sur la branche inférieure du premier arc. Seule différence sexuelle visible : chez le mâle, les derniers rayons mous de la dorsale et de l’anale s’allongent.
La reproduction
C’est la femelle qui mène. Elle prend l’initiative de la parade et de l’accouplement, creuse l’essentiel du nid et défend le territoire de ponte — répartition inverse de celle des Oreochromis, où le mâle bâtit une cuvette et la garde seul.
Un couple se forme, et il ne dure pas. Le lien se défait à l’instant précis où les œufs passent dans la bouche des parents : la parade, le nid et l’appariement n’auront servi qu’à produire une ponte, et rien ne subsiste ensuite de l’association.
L’incubation buccale est biparentale. Le père et la mère portent chacun une part des œufs, ce qui est rare : chez les tilapias les plus répandus en élevage, la femelle emporte tout et le mâle recommence aussitôt avec une autre. Ici, les deux adultes cessent de s’alimenter en même temps et la couvée est doublement assurée — un parent perdu n’en coûte que la moitié.
Ce détail engage directement qui pêche pendant la période de reproduction. Un poisson pris à ce moment-là peut porter des œufs dans la gorge quel que soit son sexe, et la manipulation les lui fait recracher. La maturité est atteinte vers seize centimètres.
L’eau qu’il lui faut
Les adultes se tiennent en eau libre, les juvéniles et les reproducteurs près du bord. Un même lac abrite donc sa population en deux endroits distincts, et c’est le moment de l’année, non la profondeur disponible, qui décide de la répartition.
L’espèce vit à partir de cinq mètres, dans des eaux de vingt-deux à vingt-huit degrés, et entre volontiers en milieu saumâtre. Le fait le plus utile est ailleurs : on l’a observée à neuf degrés, bien en dessous de sa fourchette ordinaire, ce qui explique qu’elle tienne dans des eaux que sa latitude ne laisserait pas prévoir.
Dans les lacs du Sudd, sur le Nil Blanc, elle s’associe aux herbiers immergés. Le comportement social est intermittent : bancs occasionnels, territorialité par périodes. Ce n’est ni un poisson de banc permanent ni un solitaire.
Zones
- Berges herbeuses
- Zones peu profondes ensoleillées
- Estuaires
- Lacs peu profonds
Techniques
- Pêche à l'anglaise
- Feeder léger
- Pêche au coup
- Ligne de fond simple
Appâts
- Pain de mie
- Algues vertes
- Maïs doux
- Granulés végétaux
- Ver de vase
Ce qu’il mange
Algues et fines particules organiques. Le poisson broute et filtre, il ne poursuit rien, et son appareil branchial le confirme : vingt à vingt-sept branchiospines sur la branche inférieure du premier arc retiennent ce qui est trop petit pour être saisi.
La mâchoire pharyngienne inférieure est courte, sa longueur tenant deux à trois fois dans celle de sa carène. C’est l’outil d’un poisson qui traite une matière molle et abondante, pas des coquilles ni des carapaces.
Comment le pêcher
Deux périodes, deux poissons. Hors reproduction, les adultes sont en eau libre et se prospectent comme un banc mobile ; en reproduction, ils reviennent sur les petits fonds, deviennent territoriaux et se prennent alors autant par agacement que par faim.
Le régime commande l’appât. Un poisson qui vit d’algues et de débris fins ne se décide pas sur une imitation de proie : les pâtes végétales, les farines et les appâts de fond menus correspondent à ce qu’il mange réellement, et l’hameçon doit rester proportionné à une bouche de tilapia moyen.
Car la taille reste modeste : un sujet de trente centimètres est déjà bon. Le matériel se règle là-dessus, pas sur l’idée qu’on se fait d’un cichlidé africain.
Reste la période de bouche pleine. Un parent qui incube ne s’alimente pas, ce qui vide provisoirement les postes de leurs plus gros sujets, et ceux qu’on prend malgré tout perdent leur couvée au décrochage. La saison de ponte est le moment où l’espèce se trouve le plus facilement et se dérange le plus.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Tilapia de Galilée, du lac de Tibériade, dont le système jordanien porte l’une de ses populations les plus anciennement connues. L’anglais dit mango tilapia, mais c’est le nom de table qui a fait le tour du monde : le poisson servi sur les rives de ce lac sous l’appellation de poisson de saint Pierre est celui-ci.
Les textes anciens l’appellent Tilapia galilaea. Le genre Sarotherodon a été séparé de Tilapia et d’Oreochromis sur des critères de reproduction plus que d’aspect, et son nom dit les dents : sarothron, le balai, et odous, la dent, pour une denture en brosse.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org