
Voilier de l'Atlantique
Istiophorus albicans · Istiophoridae
- Mer
- Mer côtière
- Moyen
- Réglementé
- Taille
240–315 cm
- Poids
133–58 kg
- Longévité
4 ans
- Temp. eau
21–28 °C
- Profondeur
0–200 m
Où le pêcher
- Large
Icônes des milieux : Flaticon
Vit dans les couches supérieures des eaux chaudes au-dessus de la thermocline, mais peut aussi descendre assez profondément. Migre souvent vers les eaux proches du rivage.
Calendrier
Signalée dans 7 pays
Colombie · Guinée · Guinée équatoriale · Guinée-Bissau · Pays-Bas · Porto Rico · Royaume-Uni
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
L’aire couvre l’Atlantique tropical et tempéré, et ses bornes diffèrent d’un bord à l’autre. Au nord, elle atteint environ quarante degrés dans le nord-ouest contre cinquante dans le nord-est ; au sud, quarante degrés dans le sud-ouest contre trente-deux dans le sud-est. La dérive nord-atlantique pousse de l’eau chaude très haut le long de l’Europe, et la limite du poisson suit cette eau plutôt que la latitude.
Des individus entrent en Méditerranée, presque toujours des juvéniles. Le voilier de l’Indo-Pacifique y parvient aussi, mais par l’autre bout, en franchissant le canal de Suez : la même mer fermée reçoit les deux espèces depuis des directions opposées.
Le reconnaître
Les deux voiliers du monde ne se séparent pas sur l’animal lui-même. Celui de l’Atlantique compte quarante-huit à cinquante-trois rayons mous à la première dorsale, neuf à douze à l’anale et vingt-quatre vertèbres, et la description morphologique de référence s’arrête à peu près là.
C’est le gabarit qui distingue le mieux les deux populations. À longueur comparable, le poisson atlantique est nettement moins lourd que son homologue indo-pacifique, où l’on annonce une centaine de kilos. Deux mètres quarante est la mesure courante.
Un point vaut d’être retenu avant tout autre : les femelles grandissent plus que les mâles. Un très grand voilier de l’Atlantique est donc une femelle. La maturité s’établit en moyenne à un mètre trente-trois, dans une fourchette d’un mètre vingt et un à un mètre quarante-six.
L’âge le plus élevé consigné n’est que de quatre ans. Le chiffre en dit sans doute autant sur la difficulté de lire l’âge d’un poisson à rostre que sur l’animal, mais il reste cohérent avec une croissance qui porte le poisson à la taille de reproduction en très peu de saisons.
La reproduction
Au large de la Floride, la scène se passe en eau peu profonde. Les femelles gagnent la côte, nagent lentement en surface, la dorsale dressée, escortées chacune d’un ou plusieurs mâles, et pondent près de la surface pendant la saison chaude. La voile sert ici à la parade et non à la chasse : le même organe, un autre emploi.
La ponte n’est pourtant pas seulement côtière. Elle a été observée au large, au-delà de l’isobathe des cent brasses, depuis le sud de Cuba jusqu’aux Carolines. Les deux lieux coexistent, et une population ne dépend donc pas d’un site unique.
Les quantités donnent la mesure de l’investissement. Une femelle de trente-trois kilos quatre relevée au sud-est de la Floride peut libérer jusqu’à quatre millions huit cent mille œufs, en trois émissions au cours d’une même saison. Le fractionnement est le point important : la reproduction d’une femelle s’étale sur des semaines, et une perturbation ponctuelle n’annule pas sa saison.
L’eau qu’il lui faut
Le poisson occupe la couche chaude au-dessus de la thermocline, entre vingt et un et vingt-huit degrés, de la surface à deux cents mètres, mais il est capable de descendre nettement plus bas. Il gagne fréquemment les eaux proches du rivage.
Sa dispersion est le fait pratique le plus important. Il forme parfois des bancs, ou de petits groupes de trois à trente individus, mais il se présente le plus souvent en agrégations lâches étalées sur de vastes étendues. Rencontrer un voilier ne signifie donc pas être arrivé sur une concentration : la densité reste faible même là où le poisson est présent, et couvrir de la surface reste le seul moyen de le trouver.
Zones
- Eaux côtières tropicales atlantiques
- Lignes de sargasses
- Fronts thermiques hauturiers
- Autour des DCP
Techniques
- Traîne de surface
- Pêche au vif
- Leurres skippeurs
- Pêche à la dérive
Appâts
- Balao riggé
- Petites sardines vivantes
- Calmars naturels
- Leurres de surface colorés
Ce qu’il mange
Petits poissons pélagiques pour l’essentiel, mais aussi des organismes de fond. Cette seconde moitié du régime est plus révélatrice que la première : un animal décrit comme épipélagique et qui prélève sur le fond ne reste pas dans la couche de surface autant que sa réputation le dit. Elle recoupe l’observation qu’il descend à des profondeurs considérables.
Comment le pêcher
La prospection commande. Les agrégations sont lâches, la traîne couvre du terrain, et un poisson trouvé n’annonce qu’un petit groupe — trois à trente individus, rarement davantage. Les mouvements vers la côte offrent les seules occasions où l’espèce se rapproche vraiment du bord.
La période de ponte rassemble les femelles en eau peu profonde, dorsale dressée en surface, dans une posture qui les rend repérables et lentes. C’est le moment où l’espèce est le plus visible et le moins à déranger.
Le poisson est exploité commercialement et vendu frais, en conserve ou congelé. Pêche sportive et pêche commerciale visent donc les mêmes agrégations, ce qui n’est pas le cas de tous les grands pélagiques.
Réglementé — Capture souvent encadrée par quotas, tailles, saisons ou déclarations.
Conservation · Vulnérable (UICN) — Cette espèce est menacée d'extinction. Relâche-la systématiquement (no-kill), manipule-la avec le plus grand soin et vérifie la réglementation locale — sa pêche peut être interdite.
Conservation
Le sexe et la taille marchent ensemble ici, et cela change ce que coûte un prélèvement. Les femelles dépassent les mâles ; conserver systématiquement les plus grands poissons revient à ne conserver que des femelles, et à retirer celles qui produisent les millions d’œufs d’une saison. Une pêcherie qui relâche tout sauf ses records fait exactement l’inverse de ce qu’elle croit.
Le second point est administratif et il compte davantage qu’il n’en a l’air. Tant que les voiliers de l’Atlantique et de l’Indo-Pacifique sont comptés comme deux espèces, leurs débarquements se totalisent séparément et un recul dans un océan reste visible. Sous un nom unique, les captures des deux bassins s’additionneraient, et une baisse d’un côté serait masquée par le maintien de l’autre. Savoir s’il existe une ou deux espèces de voilier n’est donc pas une question purement académique.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Voilier de l’Atlantique, Atlantic sailfish en anglais, pez vela del Atlántico en espagnol, agulhão-vela en portugais. Albicans signifie « qui blanchit », pour l’argent pâle du ventre ; le nom de genre désigne la voile.
Le binôme lui-même n’est pas stabilisé : une partie des auteurs range ce poisson sous le nom de son homologue indo-pacifique et ne reconnaît qu’un voilier dans le monde. Les deux noms circulent donc dans la littérature pour le même animal atlantique, ce qui complique la lecture des séries de captures anciennes.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org