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EspècesNœuds
Makaire bécune
Photo : Piscary

Makaire bécune

Tetrapturus pfluegeri · Istiophoridae

  • Mer
  • Grands pélagiques
  • Difficile
  • Réglementé
  • Taille

    165–254 cm

  • Poids

    41–58 kg

  • Profondeur

    0–200 m

Où le pêcher

  • Large

Icônes des milieux : Flaticon

Le makaire bécune est un billfish élancé de taille moyenne, caractérisé par une longue nageoire dorsale haute à l'avant et un rostre fin et pointu. Espèce pélagique de l'Atlantique, il se distingue du makaire blanc par sa taille plus modeste et sa silhouette plus fine.

Calendrier

Signalée dans 5 pays

Colombie · États-Unis · Guadeloupe · Martinique · Terres australes françaises

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’espèce occupe les eaux du large sur tout l’Atlantique, du quarante-quatrième parallèle nord au trente-troisième sud, et de la longitude du golfe du Mexique à celle du golfe de Guinée.

La densité, elle, est très inégale : le poisson est beaucoup plus abondant dans l’ouest du bassin que dans l’est. Cette dissymétrie prend un sens particulier si la population est bien unique, comme le calendrier de maturation le suggère : il ne s’agirait pas de deux stocks d’importance différente, mais d’un seul dont la masse se tient sur une seule rive.

Le reconnaître

Vingt-quatre vertèbres. Le chiffre ne sépare pas ce poisson de ses proches — c’est le total de toute la famille — mais il l’écarte de tout le reste, et sur une carcasse tronquée ramenée à quai il vaut mieux qu’une silhouette.

Le reste de la description est un relevé de couleurs de nageoires, et il faut le prendre comme tel : c’est ainsi que se déterminent des animaux qui se ressemblent tous. Les ventrales sont bleu-noir, avec une membrane franchement noire. La première anale est bleu foncé et s’éclaire de blanc argenté à sa base, tandis que la seconde anale est brun noirâtre : deux nageoires voisines de teintes différentes, détail vérifiable et rarement mentionné ailleurs.

Le fond du flanc est le second point utile. Il est blanc argenté éclaboussé de brun, là où l’autre makaire à rostre allongé du groupe a un flanc bleu sur lequel se posent les mêmes mouchetures. Dos bleu-noir, ventre blanc argenté, dorsales bleu foncé, pectorales brun noirâtre parfois nuancées de gris.

La dorsale ne compte que des rayons mous, de cinquante à cinquante-sept, l’anale de dix-huit à vingt et un.

C’est le plus long des makaires de son genre, et il reste léger pour sa taille ; la longueur courante des captures s’établit à un mètre soixante-cinq.

La reproduction

Le fait le plus important de cette fiche est un fait de calendrier. La maturation des adultes s’observe au même moment dans l’hémisphère nord et dans l’hémisphère sud — au même moment, et non à la même saison locale. Le poisson du nord et celui du sud mûrissent ensemble, en heure d’horloge, alors que l’un est en été quand l’autre est en hiver.

La conséquence tirée par les auteurs est lourde : cette synchronie suggère que l’Atlantique n’abrite qu’une seule population homogène. Deux stocks séparés n’auraient aucune raison de s’accorder sur des dates, et suivraient chacun le rythme thermique de son hémisphère.

Second point, indépendant du premier : les femelles ne pondent probablement qu’une fois par an. Une seule émission, pas de séries étalées sur la saison — ce qui signifie qu’une ponte manquée est une année perdue, sans rattrapage possible dans le même cycle.

L’eau qu’il lui faut

Sa tranche d’eau habituelle ne commence qu’à cent mètres, et s’étend jusqu’à deux cents. Le détail change tout : c’est précisément la profondeur à laquelle s’arrête la tranche habituelle des autres poissons à rostre du bassin.

L’espèce est décrite comme vivant néanmoins au-dessus de la thermocline, ce qui situe cette dernière plus bas que cent mètres dans les eaux qu’elle fréquente. Le portrait est celui d’un animal installé dans la moitié inférieure de la couche mélangée, et non collé à la surface.

Le domaine est celui de la haute mer, à l’écart des plateaux.

Zones

  • Eaux bleues hauturières atlantiques
  • Zones de fronts thermiques
  • Autour des îles atlantiques

Techniques

  • Traîne de surface lente
  • Pêche au vif
  • Leurres de surface
  • Traîne profonde

Appâts

  • Balao riggé
  • Petits maquereaux
  • Calmars naturels
  • Sardines entières

Ce qu’il mange

Poissons pélagiques et calmars, pour l’essentiel. Le menu est celui d’un chasseur de pleine eau qui prélève dans la couche où il se tient — c’est-à-dire assez bas pour rencontrer un fourrage que les prédateurs de surface ne voient pas.

Comment le pêcher

La profondeur est ce qui distingue cette pêche de celle des autres poissons à rostre atlantiques. Une nappe de leurres traînée derrière un bateau travaille les premiers mètres ; la tranche où ce makaire se tient d’ordinaire commence cent mètres plus bas. Les poissons pris en surface sont donc la frange haute de sa distribution, et une esche descendue — plomb, downrigger, palangre calée — atteint la bande où il vit réellement.

Le secteur compte autant que la profondeur. La rive ouest de l’Atlantique porte l’essentiel des effectifs, et l’écart avec la rive est n’est pas marginal.

Le régime oriente vers le poisson et le calmar, entiers, montés pour tenir la vitesse. Aucune imitation d’invertébré benthique n’a de sens sur un animal qui ne descend jamais chercher le fond.

L’espèce compte parmi les poissons de sport reconnus et sa chair part congelée, ce qui vaut d’être su avant de décider du sort d’une prise.

Réglementé — Capture souvent encadrée par quotas, tailles, saisons ou déclarations.

Conservation

Une ponte par an et par femelle : c’est le chiffre qui commande la prudence. Chez les espèces qui pondent par lots successifs, une saison contrariée se corrige en partie dans la même saison ; ici, rien ne se corrige. Une femelle mûre prélevée avant sa ponte annuelle représente une année entière de reproduction perdue pour cet individu, et non une fraction de saison.

L’unicité probable de la population aggrave ce point plutôt qu’elle ne le rassure. Un seul stock atlantique signifie qu’aucune fraction séparée ne sert de réserve : ce qui se prélève d’un côté du bassin se prélève sur le même ensemble que ce qui se prélève de l’autre, et l’effort s’additionne intégralement.

S’y ajoute la géographie de l’abondance. La masse du poisson se tient dans l’ouest, là où les flottes hauturières et les pêcheries sportives sont les plus nombreuses ; la fraction orientale, plus rare, ne pourra pas repeupler l’autre rive puisqu’elle en fait partie.

Aucune donnée de croissance ni de taille à la maturité ne figure par ailleurs dans la documentation de l’espèce, ce qui empêche de rapporter les captures à l’état du stock.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Makaire bécune en français. Le mot vient de bec et désigne aussi, aux Antilles françaises, le barracuda — un poisson sans aucun rapport dont le museau est également pointu. Le nom ne suffit donc pas à identifier l’animal dans une conversation locale.

Les autres langues ont toutes retenu la longueur du rostre : longbill spearfish, Langschnäuziger Speerfisch, aguglia rostro lungo, agulhão-de-bico-longo. Ces noms forment une paire avec ceux de son parent indo-pacifique, dont chaque langue dit exactement l’inverse. Le genre s’est ainsi trié sur la longueur d’un bec, une espèce par océan.

L’épithète, elle, commémore un nom propre, comme il est fréquent pour les grands pélagiques décrits tardivement — celui-ci ne l’a été qu’au milieu du vingtième siècle.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

Espèces proches