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EspècesNœuds
Makaire à rostre court
Photo : Piscary

Makaire à rostre court

Tetrapturus angustirostris · Istiophoridae

  • Mer
  • Mer côtière
  • Difficile
  • Réglementé
  • Taille

    190–230 cm

  • Poids

    94–52 kg

  • Profondeur

    0–1 830 m

Où le pêcher

  • Large

Icônes des milieux : Flaticon

Bien qu'on le rencontre occasionnellement dans l'océan Atlantique, on pense que cette espèce n'a ses zones de fraie et ses principales populations que dans les océans Pacifique et Indien. Espèce hautement migratrice.

Calendrier

Signalée dans 15 pays

Afrique du Sud · Australie · Chili · Costa Rica · États-Unis · Islande · La Réunion · Mayotte · Mexique · Nouvelle-Calédonie · Nouvelle-Zélande · Polynésie française · Portugal · Terres australes françaises · Vanuatu

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’aire est indo-pacifique, des eaux tropicales aux tempérées. Les individus signalés dans l’Atlantique existent, mais ce sont des égarés : les zones de fraie et les populations principales de l’espèce se trouvent uniquement dans le Pacifique et l’océan Indien. Une capture atlantique n’indique donc aucune population et n’annonce rien.

La forme de l’aire est nettement dissymétrique. Elle monte à quarante-trois degrés nord et descend à cinquante-six degrés sud, treize degrés de plus dans l’hémisphère austral. La branche sud atteint des latitudes que la branche nord n’approche pas, ce qui place une partie de la population dans des eaux franchement froides pour un poisson de ce groupe.

Le reconnaître

La longue voile du dos ne porte aucune épine. Cinquante et un à cinquante-sept rayons, tous mous, et pas un seul rayon rigide : c’est la construction du groupe, et elle explique qu’une nageoire aussi haute puisse se replier entièrement dans une gorge du dos. L’anale compte dix-huit à vingt-trois rayons, également sans épine.

Cette première dorsale est d’un bleu sombre uni, sans mouchetures. Le caractère élimine les voiliers et le makaire blanc de l’Atlantique, dont la même membrane est ponctuée de noir, mais il ne suffit pas à conclure dans le Pacifique : le makaire rayé y présente aussi une nageoire nue. Ce qui départage les deux est le rostre, et les noms vernaculaires de l’espèce ne parlent que de lui.

Le reste des nageoires est brun à brun foncé. Les bases de l’anale s’éclairent d’un blanc argenté, seule touche claire dans un ensemble sombre. Le dos est bleu foncé, les flancs bleus éclaboussés de brun, le ventre blanc argenté.

Le corps est allongé, et rapporté à sa longueur l’animal est mince : la silhouette n’a rien de la masse des grands marlins.

La reproduction

La ponte est placée dans les mois d’hiver, et elle réclame des courants chauds du large dont la surface avoisine vingt-cinq degrés.

Les deux conditions tirent dans des directions opposées, et c’est ce qui rend le fait utile. Vingt-cinq degrés en surface, pendant la saison froide, ne se trouvent pas n’importe où : il faut aller les chercher dans une veine chaude. La reproduction de cette espèce n’est donc pas attachée à une région mais à un courant, et le poisson doit se déplacer vers lui au moment où l’eau environnante refroidit.

Ni la taille à la première maturité, ni la fécondité, ni le nombre de pontes ne sont documentés.

L’eau qu’il lui faut

Deux chiffres décrivent l’espèce, et il faut les tenir ensemble. La tranche habituelle va de la surface à trois cent cinquante mètres. La profondeur maximale enregistrée est de mille huit cent trente.

Le second n’invalide pas le premier. Il indique que l’animal est capable de quitter complètement la couche de surface, ce que ne montrent pas ses parents atlantiques, dont les plages relevées s’arrêtent à deux cents mètres. La vie ordinaire se déroule néanmoins en haut, au-dessus de la thermocline, dans l’eau océanique du large.

Zones

  • Eaux hauturières tropicales
  • Zones de remontée d'eaux froides
  • Bordures insulaires

Techniques

  • Traîne de surface
  • Pêche au vif
  • Leurres de surface
  • Traîne profonde

Appâts

  • Petits maquereaux
  • Calmars entiers
  • Sardines riggées
  • Leurres vinyl

Ce qu’il mange

Poissons, céphalopodes et crustacés. La part des crustacés est celle qui distingue un peu ce menu de celui des grands makaires, chez qui le poisson et le calmar tiennent presque toute la place.

Comment le pêcher

La voie de capture documentée est la palangre. L’espèce est prise sur des hameçons destinés aux thons, et cette précision oriente la recherche : les hameçons en question travaillent bien plus bas qu’une traîne de surface, et la tranche habituelle du poisson, jusqu’à trois cent cinquante mètres, correspond à cette profondeur d’engin plutôt qu’à celle d’une ligne tirée derrière un bateau.

L’espèce figure malgré tout parmi les poissons de sport reconnus. Le pêcheur qui la vise délibérément travaille donc contre la statistique : elle se prend presque toujours par accident, en marge d’une pêche au thon.

Le repère de saison découle de la reproduction. Un courant chaud du large, en hiver, avec une surface proche de vingt-cinq degrés, réunit les conditions décrites pour la fraie — et donc les poissons matures. C’est une consigne de recherche exploitable, à condition de disposer des cartes thermiques.

Réglementé — Capture souvent encadrée par quotas, tailles, saisons ou déclarations.

Conservation

Personne ne cherche ce poisson, et c’est le cœur du problème. Il arrive dans les cales comme prise accessoire d’une pêcherie thonière, il est enregistré — quand il l’est — sur la ligne de quelqu’un d’autre, et une espèce comptée à l’intérieur des captures d’une autre ne peut pas être évaluée pour elle-même.

Le manque de données n’a rien d’accessoire ici. La taille à la maturité n’est pas connue, la fécondité pas davantage, la croissance pas plus. Il n’existe donc aucun moyen de dire si les prélèvements portent sur des reproducteurs ou sur des juvéniles, ni à quelle vitesse un stock touché se reconstitue.

Le débouché commercial ferme la dernière porte. La chair part congelée et alimente au Japon des préparations transformées, du surimi au saucisson en passant par le sashimi. Un poisson qui a un marché sous toutes ses formes n’est jamais rejeté, et la prise accessoire devient un prélèvement à part entière.

Reste que l’aire couvre deux océans et quatre-vingt-dix-neuf degrés de latitude, répartis sur les zones économiques de dizaines d’États et de vastes portions de haute mer. Aucune autorité ne voit l’ensemble.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Toutes les langues du catalogue s’accordent sur le rostre court : shortbill spearfish, marlín trompa corta, Kurzschnäuziger Speerfisch, aguglia rostro corto, agulhão-de-bico-curto.

Le nom scientifique dit autre chose. Angustirostris signifie au rostre étroit, non au rostre court, et ces deux propriétés du même bec ne se recouvrent pas : un rostre peut être fin et long. Le binôme et les noms communs décrivent donc deux caractères différents du même organe, ce qui explique quelques descriptions contradictoires dans la littérature ancienne.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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