
Voilier indo-pacifique
Istiophorus platypterus · Istiophoridae
- Mer
- Mer côtière
- Moyen
- Réglementé
- Taille
270–348 cm
- Poids
254–100 kg
- Longévité
13 ans
- Profondeur
0–200 m
Où le pêcher
- Large
Icônes des milieux : Flaticon
Le voilier indo-pacifique est célèbre pour son immense nageoire dorsale en forme de voile, plus haute que sa profondeur de corps, qui lui sert à rabattre les bancs de poissons lors de la chasse. Considéré comme l'un des poissons les plus rapides au monde, il nage en pleine mer tropicale sur une large aire Indo-Pacifique.
Calendrier
Signalée dans 19 pays
Allemagne · Australie · Autriche · Costa Rica · Espagne · États-Unis · France · Guatemala · Îles Féroé · Inde · Indonésie · Italie · Mexique · Mozambique · Norvège · Porto Rico · Portugal · Royaume-Uni · Svalbard et Jan Mayen
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
L’aire couvre l’Indo-Pacifique tropical et tempéré, et elle n’est pas symétrique : elle atteint quarante-cinq à cinquante degrés nord dans le Pacifique occidental contre trente-cinq à l’est, quarante-cinq degrés sud dans l’ouest de l’océan Indien contre trente-cinq à l’est. Les bordures occidentales des océans portent des courants chauds vers les pôles, et le voilier les suit.
Le poisson a par ailleurs franchi le canal de Suez et s’est installé en Méditerranée depuis la mer Rouge, comme des dizaines d’autres espèces indo-pacifiques depuis l’ouverture du canal.
Reste une frontière qui n’est pas dans l’eau. Certains auteurs ne reconnaissent qu’une seule espèce de voilier dans le monde ; la convention suivie ici en retient deux, celle-ci pour l’Indo-Pacifique et une autre pour l’Atlantique, au vu des différences relevées entre elles. La limite orientale de l’aire est donc en partie une décision de nomenclature.
Le reconnaître
La première dorsale est plus haute que le corps n’est épais, et elle porte quarante-deux à quarante-neuf rayons sur une membrane bleu-noir semée de taches sombres. Aucun autre poisson à rostre ne déploie une nageoire de cette ampleur.
Le rostre est long, mince et rond en section — c’est là que se fait la différence avec l’espadon, dont la lame est aplatie. Les mâchoires et les palatins portent des dents en velours, minuscules et innombrables. Il n’y a aucune branchiospine.
Le reste de la silhouette raconte la vitesse. Deux dorsales, la seconde réduite à six ou sept rayons ; des ventrales transformées en une épine et deux rayons soudés, très longues et étroites, escamotables dans une gouttière du ventre ; un pédoncule caudal muni d’une double carène de chaque côté ; des écailles minuscules, enfoncées dans la peau, terminées par une ou deux pointes émoussées. Un poisson qui range ses ventrales à l’intérieur de son propre corps.
La livrée porte une vingtaine de barres verticales bleutées sur un dos sombre, un ventre argent pâle, et des nageoires brun-noir ou bleu foncé.
Les tailles publiées vont à trois mètres quarante-huit et cent kilos deux cents, pour deux mètres soixante-dix couramment et treize ans de longévité.
La reproduction
La ponte n’a pas de saison dans les eaux tropicales et subtropicales du Pacifique : elle s’y produit toute l’année, avec un pic pendant l’été local de chaque hémisphère.
L’appariement prend deux formes. Un mâle et une femelle nagent de conserve, ou bien deux à trois mâles poursuivent une même femelle. Les œufs mûrs mesurent environ quatre-vingt-cinq centièmes de millimètre et portent une unique gouttelette d’huile ; ils sont transparents et leur membrane est lisse. Ceux prélevés sur une femelle capturée dans l’océan Indien atteignaient en moyenne un millimètre trois.
Cette gouttelette d’huile est ce qui permet à un poisson du grand large de se reproduire n’importe où : elle maintient l’œuf dans la couche de surface, là où se trouvent la chaleur et la nourriture des larves, sans que les parents aient à chercher un substrat. L’espèce accomplit malgré tout des migrations de ponte dans le Pacifique.
L’eau qu’il lui faut
Le voilier vit au-dessus de la thermocline, dans la couche chaude de surface, entre zéro et deux cents mètres et le plus souvent sous les trente premiers. La thermocline lui sert de plancher : l’épaisseur de la couche chaude détermine le volume d’eau dont il dispose, et cette épaisseur varie d’un secteur à l’autre bien plus que la température de surface.
Les concentrations les plus fortes se trouvent près des côtes et des îles, pas au milieu des bassins océaniques. Un relief sous-marin, une pointe, un tombant rassemblent la nourriture, et le poisson y est présent en densité sans rapport avec ce que donne le large.
Les bancs paraissent constitués par taille.
Zones
- Eaux côtières tropicales
- Autour des DCP (dispositifs de concentration de poissons)
- Zones de fronts thermiques
- Eaux hauturières bleues
Techniques
- Traîne de surface rapide
- Pêche au vif
- Leurres skippeurs
- Mort manié en surface
Appâts
- Balao riggé
- Petits thonidés
- Calmars naturels
- Leurres de surface colorés
Ce qu’il mange
Poissons surtout, crustacés et céphalopodes ensuite. Les dents en velours et l’absence de branchiospines disent la méthode : rien n’est mâché ni filtré, la proie est avalée entière.
Comment le pêcher
La voile n’est pas un ornement. Déployée, elle double la surface apparente du poisson, et plusieurs voiliers travaillant ensemble s’en servent pour resserrer un banc de fourrage en une boule compacte contre la surface. Le rostre entre en jeu ensuite, en coups latéraux qui assomment ou blessent des proies que le poisson revient cueillir. Comprendre cela change la lecture d’une surface agitée : un banc compressé et harcelé signale un travail collectif, pas un individu isolé.
L’espèce se prend surtout à la palangre et au filet, parfois à la traîne et au harpon. Pour qui pêche à la traîne, la conséquence pratique est double : chercher près des côtes et des îles, où le poisson est dense, et travailler la couche supérieure, puisqu’il vit au-dessus de la thermocline.
Le rostre pose enfin un problème mécanique. La bouche est dure, garnie de dents minuscules qui ne retiennent rien, et le poisson passe une partie du combat hors de l’eau. La tenue du fer se joue au coin de la gueule, et un décrochage survient presque toujours dans les premières secondes.
Réglementé — Capture souvent encadrée par quotas, tailles, saisons ou déclarations.
Conservation · Vulnérable (UICN) — Cette espèce est menacée d'extinction. Relâche-la systématiquement (no-kill), manipule-la avec le plus grand soin et vérifie la réglementation locale — sa pêche peut être interdite.
Conservation
Ce qui pèse ici n’est pas la lenteur du renouvellement. Le voilier vit treize ans au maximum connu et pond toute l’année sous les tropiques : à l’échelle des grands pélagiques, c’est un poisson rapide. La pression vient du volume et de la surface couverte.
Les palangres tendues pour le thon travaillent la même couche d’eau, et le voilier s’y prend accessoirement, sur des millions d’hameçons. Sa chair se vend fraîche, fumée ou congelée et sert de sashimi, si bien qu’un poisson pris n’est jamais un poisson perdu pour l’armement : rien n’incite à l’éviter.
À cela s’ajoute la géographie de ses concentrations. Les densités les plus élevées sont côtières et insulaires, exactement là où les pêcheries artisanales travaillent et où les flottes hauturières viennent aussi. Deux efforts se superposent sur les mêmes agrégations.
Un poisson combattu longuement dans une eau chaude de surface récupère mal. Pour qui le relâche, la durée du combat et le temps passé hors de l’eau comptent davantage que le choix de l’hameçon.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Voilier, ou voilier indo-pacifique quand il faut le distinguer de son homologue atlantique. Indo-Pacific sailfish en anglais, pez vela en espagnol, pesce vela en italien : cinq langues sur six ont retenu la voile, l’allemand préférant l’éventail avec Fächerfisch. Le nom de genre dit la même chose en grec — istion, la voile, et phoros, qui porte — et platypterus signifie « à large nageoire ».
Sources : fishbase.se · api.gbif.org