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EspècesNœuds
Barbeau comizo
Photo : Piscary

Barbeau comizo

Luciobarbus comizo · Cyprinidae

  • Eau douce
  • Carpes & blancs
  • Moyen
  • Taille

    80 cm

Où le pêcher

  • Rivière

Icônes des milieux : Flaticon

Le barbeau comizo est l'un des plus grands barbeaux de la péninsule ibérique, reconnaissable à son museau proéminent et à sa silhouette puissante aux flancs argentés. Endémique du bassin du Tage et du Guadiana, il colonise les grandes rivières à courant modéré et les retenues où il peut atteindre des tailles exceptionnelles.

Calendrier

Signalée dans 2 pays

Espagne · Portugal

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

Il ne reste que deux bassins : le Tage et le Guadiana, partagés entre le Portugal et l’Espagne. Le troisième, le Guadalquivir, a été perdu — l’espèce y est éteinte.

Cette disparition dit l’essentiel de sa situation. Un endémique restreint à deux bassins a déjà connu, dans un troisième, la disparition complète d’une de ses populations. Le Guadalquivir n’est d’ailleurs pas vide de barbeaux : un autre Luciobarbus y vit toujours. Ce n’est donc pas le bassin qui est devenu inhabitable pour le genre, c’est celui-ci qui n’y a pas tenu.

Le reconnaître

Sa tête ne ressemble à aucune autre dans le groupe ibérique. Vue de profil, l’orbite touche le tracé dorsal du crâne ou le dépasse, et ce tracé se creuse en une concavité nette chez l’adulte : le front s’enfonce entre le museau et la nuque. C’est une silhouette de tête que l’on reconnaît avant même de compter quoi que ce soit.

Le museau est long — il tient 2,3 à 2,8 fois dans la longueur de la tête —, et la tête elle-même représente 27 à 34 % de la longueur standard, la proportion la plus forte des quatre espèces de la péninsule. La lèvre inférieure est mince, dépourvue de lobe médian, et recouvre la pointe de la mandibule.

L’armature de la dorsale est complète : le rayon antérieur est franchement épineux et fortement denté sur sa marge arrière. Parmi les barbeaux ibériques, c’est le seul à conserver une véritable scie à l’âge adulte, et cela se sent à la main.

La ligne latérale porte 48 à 53 écailles. La taille maximale connue est de quatre-vingts centimètres en longueur standard.

L’eau qu’il lui faut

Les adultes occupent les cours moyen et inférieur, en eau profonde et lente, dans des secteurs richement pourvus en végétation immergée. Trois conditions qui vont ensemble et qui décrivent des rivières ibériques de plaine, larges et ralenties.

C’est un domaine sans courant, ce qui est inhabituel chez les barbeaux et cohérent avec un régime qui ne dépend plus de la dérive ni du gravier. La ponte a lieu probablement en mai et juin.

Zones

  • Fosses profondes
  • Zones calmes en aval des rapides
  • Bordures sableuses
  • Confluences

Techniques

  • Pêche au feeder
  • Pêche au fond
  • Pêche à l'anglaise
  • Pêche au coup

Appâts

  • Vers de terre
  • Pâte de farine
  • Granulés
  • Bouillettes
  • Maïs

Ce qu’il mange

Il change de métier en grandissant. Les juvéniles chassent les invertébrés, comme tous les barbeaux ; les grands adultes sont essentiellement piscivores. Le régime documenté comprend aussi des végétaux, mais c’est le basculement vers le poisson qui commande tout le reste.

Cette bascule explique la tête. Museau long, crâne concave, œil placé haut sur le profil : la morphologie qui sert de clé de détermination est celle d’un animal dont l’alimentation a cessé d’être un tri du substrat.

Elle explique aussi le calibre des appâts. Vers de terre, maïs, granulés, pâte de farine et bouillettes constituent des présentations de fond nettement plus volumineuses que ce qu’on offrirait à un cyprinidé fouilleur de la même famille, et elles conviennent à un poisson qui mange des poissons.

Comment le pêcher

Un barbeau piscivore de quatre-vingts centimètres ne se pêche pas au calibre habituel du genre. Les fosses profondes, les bordures sableuses, les zones calmes en aval des rapides et les confluences sont les postes, et les montages de fond y sont posés plutôt que conduits — feeder, pêche au fond, anglaise, coup.

L’espèce n’a pas d’intérêt commercial et n’est recherchée que par les pêcheurs de loisir. C’est une situation confortable pour un poisson en recul : la seule pression halieutique qui s’exerce sur lui est une pression que le pêcheur décide lui-même.

Le décrochage demande de la méthode. Sa dorsale porte une denture fonctionnelle, et la prise en main se fait ailleurs que sur le dos. C’est le seul des quatre barbeaux ibériques pour lequel cette précaution vaut à toute taille.

Conservation · Quasi menacée (UICN) — Cette espèce est en déclin. Relâche vite tes prises et manipule-les avec soin — mains mouillées, le moins de temps possible hors de l'eau.

Conservation

Quatre pressions sont nommées ensemble : pollution, destruction des habitats, introduction d’espèces nouvelles et prélèvement d’eau. Elles convergent sur le même milieu, qui est le plus exposé du réseau.

Les cours moyen et inférieur, profonds, lents et végétalisés, sont exactement ce que les barrages, les captages et les rejets transforment en premier. Un poisson de tête de bassin encaisse la mise en retenue d’un fleuve ; celui-ci vit dans la partie du fleuve que la retenue remplace.

À cela s’ajoute sa position dans la chaîne alimentaire. Un prédateur de poissons dépend de la communauté qu’il consomme, et l’introduction d’espèces nouvelles remanie cette communauté avant même de le concurrencer directement. La pression ne l’atteint pas seulement, elle atteint aussi ce qu’il mange.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Comizo est un nom espagnol local, adopté tel quel comme épithète scientifique puis repris par cinq langues sur six : barbeau comizo, barbo comizo, Comizo-Barbe. Rare exemple d’un nom vernaculaire passé directement à la nomenclature sans jamais être traduit.

L’anglais s’écarte avec Iberian barbel, appellation trop large pour une péninsule qui compte quatre espèces de barbeaux, dont trois atteignent une taille comparable.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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