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EspècesNœuds
Barbeau de Graells
Photo : Piscary

Barbeau de Graells

Luciobarbus graellsii · Cyprinidae

  • Eau douce
  • Carpes & blancs
  • Moyen
  • Taille

    80 cm

  • Longévité

    16 ans

Où le pêcher

  • Rivière

Icônes des milieux : Flaticon

Le barbeau de Graells est un grand cyprin ibérique au corps fusiforme et aux teintes brun-olivâtre, présent principalement dans les bassins de l'Èbre et d'autres rivières du versant méditerranéen espagnol. Espèce benthique omnivore à tendance végétarienne, il affectionne les cours d'eau larges et profonds aux eaux fraîches.

Calendrier

Signalée dans 2 pays

Espagne · Italie

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’aire couvre l’Espagne de l’Èbre au Ter sur le versant méditerranéen, et se prolonge vers l’ouest jusqu’à l’Asón sur le versant atlantique. Il franchit donc la ligne de partage des eaux, et il le fait tout au nord, à la hauteur où la distance entre les deux mers est la plus courte.

Des populations ont par ailleurs été implantées en Italie centrale, dans la Fiora, l’Ombrone et l’Albegna. Un Luciobarbus ibérique s’est ainsi installé sur le versant tyrrhénien, dans des bassins qui relèvent naturellement d’un endémique italien du genre Barbus.

Son nom a une histoire à part. Graellsii a d’abord désigné une sous-espèce du barbeau méridional, appliquée aux populations du sud de la France et du centre et du nord de l’Espagne. La révision l’a promue au rang d’espèce et rangée dans un autre genre : le petit barbeau catalan de montagne et le grand barbeau de l’Èbre, longtemps réunis sous un même nom, ne partagent plus même le genre.

Le reconnaître

Le barbillon postérieur dépasse le bord arrière de l’œil. C’est long, c’est mesurable sur un poisson vivant tenu à deux mains, et aucune autre espèce ibérique du groupe n’est décrite par cette proportion.

Sa dorsale, en revanche, est désarmée. Le rayon antérieur est mince et lisse chez l’adulte ; tout au plus quelques petites dents espacées subsistent-elles sur des sujets de moins d’une quinzaine de centimètres. Un poisson qui atteint quatre-vingts centimètres sans porter la moindre denture dorsale est une exception dans un genre dont l’armature dorsale est la signature.

La lèvre inférieure est épaisse et sans lobe médian, et la pointe de la mandibule reste couverte par elle. La ligne latérale compte 43 à 48 écailles plus deux ou trois sur la caudale.

Il monte à quatre-vingts centimètres en longueur totale, atteint seize ans, et devient mature vers 17,5 centimètres, dans une fourchette de quinze à vingt.

La reproduction

Il déménage pour frayer. Les adultes remontent vers les secteurs à courant plus rapide, sur fond de gravier ou de pierre, et redescendent ensuite vers les eaux lentes qu’ils occupent le reste de l’année.

Cette migration est courte à l’échelle d’un fleuve, mais elle est obligatoire : le substrat de ponte ne se trouve pas là où les adultes vivent. Tout ce qui se dresse entre les deux — seuil, barrage, tronçon asséché — sépare la population de sa frayère sans faire disparaître ni l’une ni l’autre.

L’eau qu’il lui faut

Les adultes occupent les cours inférieur et moyen à courant lent, avec une préférence marquée pour la végétation et les abris de berge. C’est une adresse d’été et d’automne ; le printemps les met ailleurs, en amont, sur le gravier.

Un même poisson relève donc de deux descriptions d’habitat incompatibles selon la saison. Chercher dans la mauvaise moitié de la rivière au mauvais mois est l’erreur la plus banale sur cette espèce.

Zones

  • Radiers graveleux
  • Fosses en aval de rapides
  • Bordures de courant
  • Confluences

Techniques

  • Pêche au feeder lourd
  • Pêche au fond
  • Pêche à l'anglaise
  • Pêche au coup

Appâts

  • Vers de terre
  • Asticots
  • Pâte de maïs
  • Granulés
  • Écrevisses

Ce qu’il mange

Il consomme des invertébrés, des végétaux et des algues. La part végétale n’est pas accessoire, et elle autorise les appâts de type pâte de maïs ou granulés au même titre que les proies animales.

Les écrevisses figurent aussi parmi les appâts employés, ce qui étend l’éventail vers le haut : passé une certaine taille, le poisson accepte des bouchées d’un tout autre calibre que celles qu’on présente aux petits cyprinidés de fond.

Comment le pêcher

Le mois décide de l’adresse avant que le montage ne décide du reste. En période de fraie, il faut monter vers les veines rapides et les fonds de pierre ; le reste du temps, il faut redescendre vers les eaux calmes, contre la végétation et sous les berges.

Le matériel suit le volume d’eau et la taille du poisson : feeder lourd et pêche au fond dans les grandes rivières, anglaise et coup dans les secteurs plus abordables. Les postes rentables sont les fosses en aval des rapides, les bordures de courant et les confluences.

L’absence de denture dorsale change la manipulation. Contrairement à la plupart des barbeaux de cette taille, celui-ci ne présente aucune arête coupante, et la prise en main ne demande aucune précaution particulière.

Conservation · Quasi menacée (UICN) — Cette espèce est en déclin. Relâche vite tes prises et manipule-les avec soin — mains mouillées, le moins de temps possible hors de l'eau.

Conservation

Ce qui pèse le plus sur cette espèce tient dans la distance entre ses deux habitats. Une population sédentaire supporte un obstacle ; celle-ci ne le supporte pas, parce que son gravier de ponte est en amont et sa vie d’adulte en aval, et qu’un ouvrage placé entre les deux annule la reproduction sans toucher un seul poisson.

Le second point ne concerne pas l’Espagne. Établi dans trois rivières d’Italie centrale, il y partage désormais les eaux d’un endémique italien dont l’aire est plus étroite et l’état plus dégradé que le sien. Le même poisson est ici une espèce dont on surveille le recul et là-bas une espèce arrivée en plus, et seul le lieu distingue les deux rôles.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Le nom d’espèce honore un naturaliste espagnol, Graells. Les langues européennes l’ont laissé tel quel dans le nom scientifique mais ont préféré le bassin pour l’usage courant : barbeau de Graells en français, mais Ebro barbel, barbo del Ebro, Ebro-Barbe et barbo dell’Ebro ailleurs.

Ces derniers noms sont plus justes que la plupart de ceux du groupe. L’Èbre est bien le cœur de l’aire, même si celle-ci déborde jusqu’au Ter d’un côté et à l’Asón de l’autre.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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