
Barracuda dents-de-scie
Sphyraena putnamae · Sphyraenidae
- Mer
- Mer côtière
- Moyen
- Taille
60–90 cm
- Poids
1,2 kg
- Profondeur
3–20 m
Où le pêcher
- Récif
- Côte rocheuse
- Large
Icônes des milieux : Flaticon
Le barracuda dents-de-scie se distingue par ses rangées de dents finement dentelées et ses nageoires pectorales courtes, caractéristiques parmi les Sphyraenidae de l'Indo-Pacifique tropical. Son corps argenté, légèrement bleuté sur le dos, lui permet de se fondre dans les eaux pélagiques côtières.
Calendrier
Signalée dans 25 pays
Afrique du Sud · Australie · Cuba · Égypte · Espagne · États-Unis · Fidji · Îles Caïmans · Inde · Indonésie · Japon · Malaisie · Malte · Mozambique · Nouvelle-Calédonie · Oman · Philippines · Polynésie française · R.A.S. chinoise de Hong Kong · Singapour · Sri Lanka · Taïwan · Tanzanie · Thaïlande · Wallis-et-Futuna
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
De la mer Rouge et de l’Afrique orientale à la Nouvelle-Calédonie et au Vanuatu, en remontant au nord jusqu’au sud du Japon, avec des mentions aux Fidji et à Tuvalu. Les limites latitudinales, trente-sixième parallèle nord et trente et unième sud, sont celles des eaux tropicales franches.
Ces bornes sont données sous réserve. L’espèce a longtemps partagé son nom avec deux voisines de la même région, et les observations anciennes n’ont pas toujours été rattachées à la bonne. Le motif en chevron est ce qui permet, aujourd’hui, de trancher sur le terrain — encore faut-il l’avoir regardé avant de noter une présence.
Le reconnaître
Les marques du flanc dessinent des chevrons, et non des barres. Elles forment une pointe, franchissent la ligne latérale sans s’y interrompre, et se répètent en grand nombre sur toute la longueur du corps. Aucun autre barracuda de la même aire ne présente ce motif en V aussi nettement, et il se lit à distance sur un poisson dans l’eau claire.
La caudale est presque entièrement noirâtre — pas jaune, pas bordée de blanc, sombre d’un bout à l’autre. Associée aux chevrons, elle suffit à conclure.
Le premier arc branchial ne porte pas de branchiospines. À leur place se trouvent des plaquettes rugueuses, dont aucune ne porte d’épine véritable ; c’est un trait partagé par plusieurs espèces du genre et qui confirme le genre plutôt que l’espèce.
Six épines dorsales, neuf rayons mous, deux épines anales, sept à neuf rayons.
Le gabarit contribue enfin à l’identification. Soixante centimètres pour la taille courante : c’est un petit barracuda, et un poisson d’un mètre vingt vu sur un récif indo-pacifique n’est pas celui-ci.
L’eau qu’il lui faut
L’eau doit bouger. L’espèce occupe les lagons et les récifs externes que le courant travaille, et sa présence est indexée sur cette circulation plus que sur la nature du fond. Elle tolère par ailleurs les baies et les lagons intérieurs troubles, milieux calmes et chargés qui sont l’exact opposé des précédents.
La bathymétrie est la plus resserrée du genre : de trois à vingt mètres, sans exception connue. C’est un poisson de faible profondeur, accessible en plongée comme depuis un bateau léger, et qui ne demande aucun matériel de fond.
Zones
- Récifs coralliens peu profonds
- Passes et chenaux
- Zones rocheuses côtières
- Eaux pélagiques côtières
Techniques
- Lancer-ramener rapide
- Jigging léger
- Pêche au vif
- Traîne côtière légère
Appâts
- Cuillers chromées
- Petits poissons vifs
- Leurres souples
- Sardines
Comment le pêcher
Le poisson est actif la nuit, mais il se laisse voir le jour. Ces deux propositions ne se contredisent pas : les grands bancs relativement denses qu’on rencontre en plein soleil sont des groupes au repos, la chasse ayant lieu une fois la lumière tombée. Un banc croisé en plongée l’après-midi n’est donc pas un banc en activité, et l’insistance à le solliciter au leurre rapporte rarement.
L’enseignement pratique est double. D’une part, le banc diurne renseigne : il marque un secteur fréquenté et permet de préparer une session au bon moment. D’autre part, la faible profondeur à laquelle tout se joue — vingt mètres au plus — rend la prospection nocturne accessible sans moyens particuliers.
Le poste se choisit sur le courant. Une passe, une arête de lagon, une pointe où l’eau accélère concentrent l’espèce ; les fonds calmes et uniformes ne la retiennent pas, sauf dans les baies troubles où elle se comporte autrement.
FishBase classe l’espèce comme inoffensive, ce qui la distingue de plusieurs grands barracudas rangés parmi les poissons traumatogènes. La denture reste celle d’un prédateur et le décrochage se fait à la pince, mais rien n’est rapporté qui approche des morsures documentées chez les espèces de plus grande taille. Les données de référence ne lui associent par ailleurs aucune intoxication alimentaire, là où plusieurs de ses congénères en portent la mention.
Conservation
Le poisson est vendu frais ou transformé en galettes de poisson, ce qui en fait une ressource alimentaire ordinaire plutôt qu’une prise de sport, sur une bonne partie de son aire.
Le point de vigilance tient à la manière dont il se présente. Un rassemblement diurne, dense, immobile, entre trois et vingt mètres de fond, dans une passe connue, se prélève au filet ou au fusil sans difficulté technique aucune. La ressource est locale, la pêche l’est aussi, et c’est à cette échelle que se joue l’état des populations — l’évaluation de référence d’août 2023 portant, elle, sur l’ensemble de l’aire.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Barracuda dents-de-scie en français, sawtooth barracuda en anglais, barracuda dente-de-serra en portugais du Brésil : tous ces noms décrivent le profil en dents de scie des marques du flanc, pas la dentition du poisson. La confusion est fréquente et vaut d’être levée : aucune particularité dentaire n’est décrite pour cette espèce.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org