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EspècesNœuds
Barracuda du Pacifique
Photo : Piscary

Barracuda du Pacifique

Sphyraena argentea · Sphyraenidae

  • Mer
  • Mer côtière
  • Moyen
  • Taille

    145 cm

  • Poids

    12 kg

  • Longévité

    12 ans

  • Profondeur

    0–18 m

Où le pêcher

  • Côte rocheuse
  • Large

Icônes des milieux : Flaticon

Le barracuda du Pacifique est une espèce élancée aux écailles argentées brillantes, avec un dos gris-bleu et une ligne latérale bien marquée caractéristique des Sphyraenidae. Endémique des eaux tempérées-chaudes de la côte Pacifique nord-américaine, il chasse en eaux mi-profondes côtières.

Calendrier

Signalée dans 2 pays

États-Unis · Mexique

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’aire s’étend de l’Alaska à la baie de Magdalena, en Basse-Californie, le long de la seule façade orientale du Pacifique. Mais l’aire enregistrée et l’aire utile ne coïncident pas : au nord de Point Conception, en Californie, l’espèce cesse d’être commune.

Ce cap n’a rien d’arbitraire. Il marque la rupture thermique majeure de la côte californienne, là où les eaux froides remontées par l’upwelling cèdent la place à un régime plus tempéré. Une bonne partie de la faune marine côtière change de composition en le franchissant, et ce barracuda-ci en fait partie : les mentions les plus septentrionales sont des extrémités d’aire, pas des lieux de pêche.

C’est aussi la seule espèce du genre traitée ici à vivre en eaux tempérées, entre les vingt-quatrième et cinquante-huitième parallèles nord. Tous les autres barracudas de taille comparable appartiennent aux ceintures tropicales ou subtropicales.

Le reconnaître

Une seule épine anale. C’est peu de chose à annoncer, mais c’est un caractère binaire, immédiat, et il isole cette espèce de la quasi-totalité du genre, où l’on en compte deux. Sur un poisson en main, la vérification prend quelques secondes et ne laisse aucune place à l’interprétation.

La livrée, elle, ne dit presque rien — et c’est précisément ce qui la rend informative. Le dos est bleuté ou brunâtre, le ventre argenté, sans barre, sans chevron, sans macule. Là où les barracudas tropicaux portent des rayures, celui-ci est uni.

Le reste du comptage donne six épines dorsales, neuf à dix rayons mous, huit à neuf rayons anaux.

La reproduction

La ponte est pélagique : les œufs sont libérés en pleine eau et dérivent avec les masses d’eau côtières au lieu d’être fixés sur un support.

Le calendrier reproductif se lit à travers le mouvement des adultes. Ceux-ci quittent la côte californienne en automne pour descendre vers le sud, tandis qu’une partie de la population peut se maintenir toute l’année devant les côtes mexicaines.

L’eau qu’il lui faut

Le poisson se tient près du bord ou près de la surface, dans une tranche d’eau qui n’excède pas dix-huit mètres. Il forme le plus souvent de petits groupes.

Les jeunes entrent dans les baies. Ces eaux abritées et peu profondes constituent la nurserie de l’espèce, et leur état conditionne le recrutement bien plus que celui du large.

Zones

  • Eaux côtières de surface
  • Autour des structures immergées
  • Passes rocheuses
  • Zones pélagiques côtières

Techniques

  • Lancer-ramener avec leurres de surface
  • Jigging rapide
  • Traîne côtière
  • Pêche au vif

Appâts

  • Anchois vivants
  • Leurres argentés allongés
  • Cuillers de mer
  • Sardines

Ce qu’il mange

L’alimentation repose principalement sur d’autres poissons. C’est un chasseur de pleine eau qui exploite les bancs de petits pélagiques circulant le long de la côte, et son régime ne se diversifie pas notablement au-delà.

Comment le pêcher

Le calendrier est la donnée qui commande tout. Les poissons descendent vers le sud à l’automne et remontent avec la saison chaude : sur la côte californienne, la présence de l’espèce est saisonnière, alors qu’elle peut être permanente plus au sud. Un même poste ne vaut donc pas la même chose selon la latitude et le mois.

La faible profondeur simplifie le reste. Dix-huit mètres au maximum, souvent beaucoup moins, avec des poissons près de la surface et en petits groupes : la prospection se mène à vue, du bord ou d’une petite embarcation, sans matériel de fond.

Le poisson vit jusqu’à douze ans. Comme chez tout le genre, la longueur est trompeuse : ce sont des animaux fins, et le poids reste modeste au regard de la taille.

La denture appelle une précaution qui n’a rien de théorique. L’espèce est réputée potentiellement dangereuse en raison de ses dents longues et coupantes et de son tempérament, sans qu’aucune attaque ait pourtant été rapportée. Le risque, autrement dit, est celui du dépendage à bord, pas celui de la baignade.

Conservation

Le fait à retenir est migratoire. Une population qui passe la belle saison au large de la Californie et l’hiver devant le Mexique traverse une frontière, et se trouve donc exploitée par deux pêcheries successives qui n’observent chacune qu’une fraction de l’année. La lecture d’un déclin local devient malaisée dans ces conditions : un poisson absent peut avoir été prélevé, ou simplement être ailleurs.

S’ajoute la dépendance des jeunes aux baies côtières, milieux les plus exposés à l’aménagement du littoral sur cette façade.

L’évaluation qui sert de référence date de mai 2008 : c’est très en arrière pour un poisson qui vit douze ans et supporte une pêcherie commerciale.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Barracuda du Pacifique en français, Pacific barracuda ou California barracuda en anglais selon qu’on désigne l’océan ou l’État où il se pêche le plus.

L’épithète argentea signifie « argentée » et renvoie à l’absence de motif du flanc — un nom qui décrit, pour une fois, ce que le poisson n’a pas.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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