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EspècesNœuds
Grand barracuda
Photo : Piscary

Grand barracuda

Sphyraena barracuda · Sphyraenidae

  • Mer
  • Mer côtière
  • Moyen
  • Taille

    140–200 cm

  • Poids

    17–50 kg

  • Longévité

    18 ans

  • Profondeur

    0–100 m

Où le pêcher

  • Récif
  • Côte rocheuse
  • Large

Icônes des milieux : Flaticon

Le grand barracuda est un prédateur fusiforme aux allures de torpille, reconnaissable à sa mâchoire proéminente armée de dents acérées et à sa livrée argentée parcourue de bandes foncées irrégulières. Cette espèce cosmopolite des mers tropicales et subtropicales peut atteindre 1,8 mètre et est redoutée pour sa vitesse d'attaque.

Calendrier

Signalée dans 59 pays

Anguilla · Aruba · Australie · Bahamas · Belize · Bermudes · Brésil · Colombie · Cuba · Curaçao · Égypte · Émirats arabes unis · États-Unis · Fidji · France · Ghana · Guadeloupe · Honduras · Îles Caïmans · Îles Féroé · Îles Mariannes du Nord · Îles Marshall · Îles Turques-et-Caïques · Îles Vierges britanniques · Îles Vierges des États-Unis · Indonésie · Jamaïque · Japon · La Réunion · Madagascar · Malaisie · Maldives · Martinique · Maurice · Mayotte · Mexique · Mozambique · Nouvelle-Calédonie · Panama · Pays-Bas caribéens · Philippines · Polynésie française · Porto Rico · R.A.S. chinoise de Hong Kong · République dominicaine · Royaume-Uni · Saint-Barthélemy · Saint-Martin · Saint-Martin (partie néerlandaise) · Saint-Vincent-et-les Grenadines · Samoa américaines · Seychelles · Taïwan · Tanzanie · Terres australes françaises · Territoire britannique de l’océan Indien · Thaïlande · Trinité-et-Tobago · Venezuela

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’espèce est présente dans les trois océans tropicaux, entre le quarante-deuxième parallèle nord et le trente-cinquième sud. Dans l’Indo-Pacifique, de la mer Rouge et de l’Afrique orientale jusqu’à Hawaï, aux Marquises et aux Tuamotu. Dans l’Atlantique ouest, du Massachusetts et des Bermudes à tout l’espace caraïbe et jusqu’au Brésil. Dans l’Atlantique est, de la Mauritanie et du Sénégal au golfe de Guinée, avec les rochers Saint-Paul et São Tomé.

Les limites nord de cette aire ne sont pas des frontières fixes. Un poisson signalé au large du Massachusetts y a été porté par le courant chaud qui longe la côte américaine, et sa présence à cette latitude est saisonnière, pas résidente.

Le reconnaître

Les barres obliques du dos s’arrêtent à la ligne latérale. Elles ne la franchissent pas, et c’est le caractère qui sépare cette espèce de plusieurs barracudas indo-pacifiques dont les marques traversent le flanc de part en part. Sur un poisson dans l’eau, la moitié inférieure du corps paraît donc unie et argentée sous un dos rayé.

La queue apporte le second signe : noire, avec une pointe blanche à chaque extrémité. Elle change aussi de forme au cours de la vie. En dessous de cinquante centimètres, elle est nettement fourchue ; au-delà, l’échancrure s’adoucit et deux grands lobes se dessinent sur son bord postérieur. Deux poissons de la même espèce n’ont donc pas la même silhouette caudale selon leur âge, ce qui a alimenté bien des confusions sur les jeunes sujets. Ceux-ci portent d’ailleurs, à la place des barres, de grosses macules sombres disposées sans ordre.

Le corps est très allongé — sa hauteur tient six à huit fois dans la longueur standard — et l’œil est grand. Les dents sont dressées et jointives, sans espace entre elles.

L’intérieur de la bouche réserve une singularité anatomique. Le premier arc branchial ne porte aucune branchiospine : à leur place, les deux branches de l’arc sont garnies de plaquettes rugueuses dépourvues d’épine distincte. C’est un caractère de détermination sûr et vérifiable sur un poisson mort.

La première dorsale prend naissance à l’aplomb de la base arrière des ventrales. Six épines dorsales, neuf rayons mous, deux épines anales, huit rayons.

La reproduction

La maturité est atteinte en moyenne à soixante-six centimètres, avec une amplitude considérable — de cinquante-huit à quatre-vingt-dix-huit centimètres selon les individus et les populations. Une telle dispersion signifie qu’un poisson de quatre-vingts centimètres peut avoir déjà pondu comme n’avoir rien reproduit du tout, et que la longueur ne renseigne pas de façon fiable sur le statut reproducteur.

L’eau qu’il lui faut

Le poisson se tient au voisinage immédiat de la surface. La gamme de profondeur va de zéro à cent mètres, mais l’ordinaire se joue entre trois et trente.

L’amplitude des milieux occupés par l’adulte est remarquable et sans équivalent chez ses congénères : depuis les ports intérieurs troubles jusqu’à la pleine mer, en passant par tous les états intermédiaires du récif. Peu de prédateurs de cette taille acceptent à la fois une eau chargée de sédiments portuaires et l’eau bleue du large.

Les jeunes sont plus exigeants. Ils grandissent parmi les palétuviers, dans les estuaires et sur les zones abritées du récif intérieur, en eau peu profonde.

Zones

  • Récifs coralliens
  • Épaves en mer
  • Passes et chenaux
  • Eaux pélagiques côtières

Techniques

  • Lancer-ramener avec leurres de surface
  • Jigging rapide
  • Traîne côtière
  • Pêche au vif

Appâts

  • Poissons vifs argentés
  • Leurres souples allongés
  • Poissons nageurs de surface
  • Cuillers brillantes

Ce qu’il mange

Il chasse le poisson, prend des céphalopodes et, plus rarement, des crevettes.

La chasse a lieu de jour, à vue, ce qui explique la place que tient l’œil dans son anatomie. Un prédateur de surface qui repère sa proie de loin dans une eau claire n’a besoin ni de flair ni d’embuscade : il lui faut de la vitesse sur quelques mètres, et une denture qui sectionne du premier coup ce qu’il ne pourra pas avaler entier.

Comment le pêcher

Le poisson est diurne et solitaire, ce qui est doublement commode : on le cherche aux heures où l’on pêche, et un poste occupé l’est par un individu qu’on peut voir. De petits rassemblements se forment néanmoins par endroits.

La taille change tout. Cent quarante centimètres pour la taille courante et dix-huit ans d’âge maximal rapporté : c’est un très grand prédateur de surface. Le record à la ligne, un poisson des Bahamas, s’établit à un mètre soixante-huit pour quarante-sept kilos environ.

La denture impose sa loi au bas de ligne comme au décrochage. Des dents dressées et jointives sectionnent un nylon sans effort, et la manipulation à bord demande une vraie précaution : l’espèce est classée traumatogène. Les attaques sur l’homme sont rares et se résument en général à une seule morsure, rapide et violente ; elle est sérieuse et rarement mortelle.

Le point sanitaire mérite d’être posé avec précision, parce qu’il est géographique avant d’être spécifique. La ciguatoxine est signalée chez ce barracuda sur la plus grande partie de son aire, au point qu’il figure parmi les espèces les plus souvent citées dans les cas caribéens. Mais dans l’Atlantique oriental, aucune intoxication ne lui est attribuée. Le même poisson, la même espèce, deux verdicts opposés selon l’océan : c’est bien l’origine de la prise, et non son identité, qui décide.

Conservation

La nurserie est le maillon fragile. Les jeunes dépendent des mangroves et des estuaires abrités, milieux qui reculent partout sous la pression du littoral tropical ; un récif en bon état ne suffit pas si les palétuviers voisins ont disparu.

L’évaluation de référence date de janvier 2013. Sur un poisson qui vit dix-huit ans, cela représente moins d’une génération complète de recul.

La manipulation, enfin, engage le pêcheur autant que le poisson. Un barracuda de cette taille ne se maîtrise pas à main nue, et l’usage d’une pince longue pour le décrochage tient autant à la sécurité qu’au soin apporté à un poisson qu’on relâche.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Grand barracuda en français. Dans les Antilles françaises on dit couramment bécune, nom employé pour tout le genre et qui ne distingue donc pas les espèces entre elles.

Great barracuda en anglais, picuda dans une grande partie de la Caraïbe hispanophone. Le mot « barracuda » lui-même est passé de l’espagnol des Antilles à toutes les langues européennes, et il s’applique aujourd’hui à une trentaine d’espèces réparties sur toutes les mers chaudes.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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