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EspècesNœuds
Lune de mer
Photo : Piscary

Lune de mer

Selene vomer · Carangidae

  • Mer
  • Mer côtière
  • Moyen
  • Taille

    35–48 cm

  • Poids

    0,5–2,1 kg

  • Profondeur

    1–53 m

Où le pêcher

  • Estuaire
  • Plage
  • Côte rocheuse

Icônes des milieux : Flaticon

La lune de mer est un carangidé à l'allure singulière des eaux tropicales atlantiques d'Amérique du Nord et du Sud, reconnaissable à son corps extrêmement comprimé en forme de disque, son profil frontal vertical presque droit et les longs filaments qui prolongent ses nageoires dorsale et anale chez les jeunes individus. Sa surface argentée très réfléchissante lui confère un aspect métallique caractéristique.

Calendrier

Signalée dans 5 pays

Brésil · États-Unis · Guyane française · Mexique · Porto Rico

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’aire longe les côtes continentales américaines sur presque toute leur hauteur : du Canada et du Maine à la Floride — la Nouvelle-Écosse est mentionnée sous réserve —, puis le long de l’Amérique centrale et du Sud jusqu’en Uruguay, Bermudes et golfe du Mexique compris. Quarante-six degrés nord, quarante-cinq degrés sud.

Une exception est notée au beau milieu de cet ensemble : l’espèce est rare dans les Grandes Antilles. Cuba, Hispaniola, la Jamaïque et Porto Rico se trouvent pourtant au centre géométrique de l’aire. Le dossier n’explique pas ce creux, et il vaut mieux le laisser tel qu’il est donné : un vide documenté au milieu d’une répartition continue.

Le reconnaître

Deux nombres sont donnés sans fourchette : vingt-trois rayons mous à la dorsale, dix-huit à l’anale, derrière neuf épines dorsales et trois épines anales. Là où la plupart des relevés de la famille annoncent une plage, celui-ci pose une valeur fixe.

Un troisième caractère est noté, et il n’a rien de décoratif : la ventrale est petite. C’est tout ce que le dossier retient de la forme — sa case de profil range l’animal parmi les corps ordinaires, ce que personne ne dirait de ce poisson en le voyant.

L’eau qu’il lui faut

Le classement est ce qui distingue vraiment l’espèce dans sa famille : démersale. Elle vit au contact du fond, entre un et cinquante-trois mètres, sur des substrats durs ou sableux de la frange côtière.

Les jeunes occupent un autre terrain : les zones estuariennes et les abords des plages de sable. Eau dessalée et remuée d’un côté, fond côtier stable de l’autre — le passage de l’un à l’autre est le seul déplacement notable de sa vie.

L’espèce va en bancs, mais aussi par petits groupes ou par paires.

Zones

  • Plages sablonneuses côtières
  • Estuaires
  • Zones peu profondes atlantiques
  • Jetées et pontons

Techniques

  • Pêche aux petits leurres argentés
  • Popper léger en surface
  • Pêche au vif
  • Pêche au flotteur

Appâts

  • Crevettes
  • Petits poissons
  • Leurres argentés
  • Vers marins

Ce qu’il mange

Petits crabes, crevettes, poissons et vers. C’est un menu de fond, ramassé sur le substrat ou dedans, où l’invertébré domine largement et où le poisson ne fait que compléter.

Les vers méritent qu’on s’y arrête, parce qu’ils disent la manière. Une proie enfouie ne se voit pas et ne se poursuit pas : elle se cherche. Un prédateur qui en consomme régulièrement travaille au contact du sédiment et prospecte autant qu’il ne chasse — ce qui cadre avec le classement démersal et avec les fonds meubles où on le rencontre.

Comment le pêcher

Le caractère démersal décide de la profondeur de présentation. Les leurres de surface et les récupérations rapides visent d’autres espèces ; celle-ci se prend au ras du fond, sur les substrats durs ou sableux du bord.

L’esche découle du menu : crustacés, vers, petits poissons. La taille courante est de trente-cinq centimètres, ce qui impose des hameçons proportionnés à une bouche modeste. C’est une pêche fine.

Les jeunes tiennent les estuaires et le devant des plages, les adultes un peu plus au large sur le fond dur. Deux pêches distinctes pour une seule espèce, séparées par quelques centaines de mètres d’eau.

Le grégarisme est variable : un banc, un trio, une paire. Une prise ne garantit pas la suivante, mais elle la rend probable.

Conservation

Deux usages tirent sur le même animal sans se ressembler. La chair est réputée excellente et vendue fraîche, ce qui soutient une pêcherie commerciale mineure. Et l’espèce est prélevée pour les aquariums publics, où sa silhouette fait l’attraction — un débouché faible en nombre, mais qui exige des animaux vivants et intacts, donc capturés avec des méthodes particulières.

La rubrique sanitaire signale des cas d’intoxication ciguatérique. La mention détonne sur un poisson de fonds côtiers sableux et de petit gabarit, loin du profil des grands prédateurs de récif habituellement mis en cause ; elle figure au dossier sans que la zone concernée soit précisée. Il y a là une raison de s’informer sur le secteur de capture, pas de renoncer à la prise.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Vomer, en latin, est le soc de la charrue. Le mot a servi en anatomie à nommer un os du palais, et c’est de là que vient l’épithète.

Les noms courants regardent tous ailleurs, et chacun dans une direction différente. L’anglais lookdown décrit une attitude, tête basse. L’espagnol jorobado de penacho et le portugais galo-de-penacho nomment un panache. Le français dit lune de mer, pour le disque argenté. L’allemand, avec Gabelmakrele, retient la fourche de la caudale.

Une dernière remarque pour qui lit l’italien : pesce specchio, le poisson miroir, sert ici et sert aussi à la palomète africaine. Deux carangidés argentés, deux océans, un seul nom.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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