
Marigane noire
Pomoxis nigromaculatus · Centrarchidae
- Eau douce
- Carnassiers
- Moyen
- Taille
28–49 cm
- Poids
0,3–2,7 kg
- Longévité
15 ans
- Temp. eau
14–31 °C
Où le pêcher
- Estuaire
- Lac
- Étang
- Rivière
Icônes des milieux : Flaticon
La marigane noire est un centrarchidé au corps comprimé latéralement, aux flancs argentés mouchetés de taches sombres irrégulières, avec une longue nageoire dorsale à épines et rayons mous caractéristique de la famille.
Calendrier
Signalée dans 2 pays
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
L’aire d’origine de l’espèce n’est plus établissable. La source le dit sans détour : les introductions à travers les États-Unis ont brouillé la carte avant qu’on ne la dresse.
Ce qu’on en reconstitue est un présumé — façade atlantique de la Virginie à la Floride, façade du golfe jusqu’au Texas, Saint-Laurent et Grands Lacs, baie d’Hudson par la rivière Rouge, bassin du Mississippi du Québec au Manitoba et jusqu’au golfe.
Une carte présumée n’est pas une carte fausse, mais elle se lit autrement : la limite d’un bassin y marque une hypothèse, pas une observation.
Le reconnaître
Sept ou huit épines à la dorsale, contre cinq ou six chez la marigane blanche. C’est le caractère qui tranche entre les deux, et il se compte au doigt sur un poisson tenu en main.
La robe, elle, n’est pas un critère de terrain. Les mouchetures se renforcent ou s’effacent selon l’individu, la turbidité et l’état du poisson, et deux mariganes du même plan d’eau peuvent se présenter très différemment. Compter les épines prend cinq secondes et ne trompe pas.
La reproduction
Le mâle dégage une aire sur le fond — sable, vase ou gravier — et c’est là que la ponte a lieu. Il ne creuse pas, il nettoie.
La garde est courte : cinq jours environ. C’est un sixième de ce que tient un black-bass à grande bouche sur un nid comparable, et la différence a des suites. Une ponte de marigane n’immobilise pas son gardien pendant un mois, et le mâle redevient disponible vite.
La femelle ne s’en tient pas à un seul nid. Elle fraie avec plusieurs mâles, sur plusieurs emplacements — le mot employé par la source est « probablement », et il vaut d’être conservé tel quel.
L’eau qu’il lui faut
Eau claire, végétation, fond de vase ou de sable. La marigane noire réunit les trois, et c’est ce qui la sépare le mieux de sa voisine blanche, laquelle se rencontre souvent en eau trouble.
Lacs, étangs, bras morts, fosses des ruisseaux : partout l’eau est lente ou dormante. La fourchette de pH publiée est étroite, de six à sept et demi, ce qui désigne une eau neutre à légèrement acide — une eau franchement calcaire n’entre pas dans cette fourchette. La fourchette thermique rapportée va de quatorze à trente et un degrés.
L’espèce forme des bancs, et cela change la prospection : un poisson trouvé signale un groupe, et l’herbier qui en tient un en tient une dizaine.
Zones
- Structures immergées et pontons
- Herbiers denses
- Bordures des lacs en profondeur
- Embouchures de criques
Techniques
- Pêche verticale aux leurres souples
- Pêche au vif
- Pêche à la mouche
- Pêche au dropshot
Appâts
- Petits leurres souples type shad
- Petits poissons vivants
- Vers de terre
- Minnows artificiels
Ce qu’il mange
L’horaire est l’information la plus précise publiée sur l’espèce, et de loin la plus utile. Elle s’alimente tôt le matin, et de minuit à deux heures.
Le seuil de régime est à seize centimètres. En dessous, le poisson vit de crustacés planctoniques et de larves — larves nageuses, larves nocturnes, larves de diptères. Au-dessus, il mange du poisson.
Ces deux menus n’ont pas le même horaire naturel. Le plancton et les larves se montrent la nuit, le petit poisson se prend à la faveur du jour naissant. Un banc de tailles mélangées n’a donc pas un créneau, il en a deux.
Comment le pêcher
De minuit à deux heures. Le créneau est publié, il est étroit, et il justifie de pêcher de nuit une espèce que sa vie en herbier ferait croire diurne. Le second créneau est celui du petit matin.
L’herbier en eau claire est le poste. La formation de bancs en fait un poste durable : une touche vaut fin de prospection, il reste à tenir la place.
La taille du poisson désigne l’appât. Sous seize centimètres il vit de plancton et de larves, au-dessus il prend du poisson : chercher les gros suppose de monter en taille d’imitation, et les micro-leurres travaillent pour le nombre plutôt que pour le calibre.
La membrane de la bouche impose enfin sa retenue. Elle est mince, elle se déchire sous une traction franche, et le nom américain de l’espèce le rappelle assez.
Conservation
Rien ne pèse sur l’espèce à l’échelle du continent. Son problème est l’inverse : elle est partout, y compris là où elle n’était pas.
Les introductions ont été assez nombreuses pour effacer l’aire d’origine, et la conséquence dépasse la taxinomie. Sur une bonne part du territoire américain, on ne sait pas si une population est ancienne ou déposée — ce qui interdit de raisonner sur un déclin éventuel, faute d’état de référence.
À l’échelle d’un plan d’eau, la fragilité est démographique. L’espèce vit jusqu’à quinze ans quand la marigane blanche s’arrête à dix : les grands individus d’un lac sont donc des poissons anciens, et ils ne se remplacent pas dans la saison.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Marigane noire en français, mot venu du Québec ; la France n’en a pas besoin, l’espèce y étant absente. Cinq des six langues de l’application reprennent d’ailleurs l’anglais crappie avec un adjectif de couleur — le français est le seul à disposer d’un mot propre.
Calico bass et speckled perch circulent selon les régions américaines. Papermouth, employé pour l’une et l’autre des deux mariganes, décrit la fine membrane de la bouche : le nom est un avertissement de matériel avant d’être une description.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org