
Perche-soleil
Lepomis gibbosus · Centrarchidae
- Eau douce
- Carnassiers
- Facile
- Taille
12–25 cm
- Poids
0,0–0,4 kg
- Longévité
12 ans
- Temp. eau
4–30 °C
- Profondeur
0–41 m
Où le pêcher
- Rivière
Icônes des milieux : Flaticon
Très coloré (orange bleu vert) - Espèce invasive nuisible - Destruction espèces natives
Calendrier
Signalée dans 27 pays
Allemagne · Autriche · Belgique · Bulgarie · Canada · Croatie · Danemark · Espagne · États-Unis · Finlande · France · Grèce · Hongrie · Italie · Luxembourg · Norvège · Pays-Bas · Portugal · Roumanie · Royaume-Uni · Serbie · Slovaquie · Slovénie · Suède · Suisse · Tchéquie · Ukraine
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
L’espèce est native d’Amérique du Nord, du Nouveau-Brunswick au sud jusqu’à la Savannah en Géorgie, plus les bassins des Grands Lacs, de la baie d’Hudson et du haut Mississippi, du Québec au sud-est du Manitoba et au Dakota du Nord, et vers le sud jusqu’au nord du Kentucky et au Missouri.
Elle a été introduite dans les bassins pacifiques, de la Colombie-Britannique à la Californie, et en Europe. Plusieurs pays signalent un impact écologique défavorable.
En Europe, elle évite les eaux vives et fréquente les estuaires jusqu’à dix-huit pour mille de salinité — une tolérance au sel inattendue chez un poisson d’étang.
Le reconnaître
Le corps est court et haut, comprimé au point d’évoquer une palette de peintre — silhouette qui suffit à reconnaître le genre dans une eau européenne, où rien d’autre n’a cette forme.
Le comptage donne dix à douze épines dorsales et autant de rayons mous, trois épines anales, huit à onze rayons, vingt-huit à trente vertèbres.
La taille courante est de dix centimètres, et c’est l’information la plus utile de la fiche. Les maxima publiés varient beaucoup d’une source à l’autre et induisent en erreur : le poisson qu’on rencontre réellement tient dans une main.
La reproduction
Le mâle construit son nid en eau très peu profonde, près du bord. Le couple décrit ensuite des cercles au-dessus, libérant œufs et laitance par intervalles.
Il garde les œufs sept jours environ, puis les alevins jusqu’à onze jours après l’éclosion, et remet aussitôt le nid en état pour une nouvelle ponte — avec la même femelle ou une autre. Dans les eaux européennes, un même mâle féconde plusieurs femelles dans un seul nid et le garde jusqu’à la dispersion des larves.
La ponte atteint mille œufs. C’est peu, et la garde parentale compense : un nid surveillé produit davantage qu’un nuage d’œufs abandonnés.
Cette économie — peu d’œufs, beaucoup de soins, plusieurs pontes par saison, en eau très peu profonde — explique la vitesse à laquelle l’espèce sature un plan d’eau.
L’eau qu’il lui faut
Elle occupe les lacs et les étangs végétalisés, ainsi que les fosses calmes des ruisseaux et des petites rivières. Sa plage thermique est large, de quatre à trente degrés, et la profondeur enregistrée descend à quarante et un mètres.
L’organisation sociale change avec l’âge : les jeunes forment des bancs assez importants, les adultes vivent en couples ou en groupes lâches de trois ou quatre individus, rarement en bancs.
Sa fuite des eaux vives est ce qui borne son expansion européenne : elle prend les étangs, les gravières et les bras morts, pas les rivières courantes.
Zones
- Bordures végétales
- zones chaudes peu profondes
Techniques
- Vers
- Petits appâts
Appâts
- Petits leurres
- Ligne ultra-légère
Ce qu’il mange
En Amérique, elle se nourrit de petits poissons et d’autres vertébrés, ainsi que d’œufs de poisson. En Europe, on la signale prédatrice d’une grande variété d’invertébrés.
Ce détail est important pour comprendre son impact. Un petit poisson qui mange des œufs de poisson pèse sur la reproduction des espèces avec lesquelles il partage un étang, indépendamment de sa taille.
Comment le pêcher
C’est un poisson que la plupart des pêcheurs prennent sans le vouloir, et la documentation le classe explicitement parmi les captures indésirables.
Sa taille courante de dix centimètres et sa très petite bouche font qu’il ne s’attrape ni ne se garde volontiers, mais il mordille absolument tout appât laissé au fond dans un étang où il abonde — au point de rendre une pêche fine impossible.
Là où on le cherche délibérément, ce qui existe surtout pour les enfants et les débutants, il se prend en bordure, en très peu d’eau, sur des hameçons minuscules, à l’aplomb de la végétation.
Le transport d’un individu vivant d’un plan d’eau à un autre est ce qui l’a répandu en Europe, et cette pratique reste la voie d’introduction principale.
Conservation
L’espèce n’est pas menacée. Le sujet est inverse, et les mécanismes sont identifiables.
Une ponte modeste mais gardée, plusieurs fois par saison, en eau très peu profonde, produit un recrutement fiable année après année. La prédation sur les œufs des autres espèces achève de déséquilibrer l’étang. Et une population sans grand prédateur pour la réguler bascule vers une multitude de poissons nains.
Sa tolérance thermique et sa tolérance au sel lui ouvrent des milieux très divers, mais elle bute sur le courant. C’est la seule limite naturelle sérieuse à son expansion, et elle est utile à connaître pour évaluer un risque.
Réglementation
Destruction obligatoire dans plusieurs pays
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Perche-soleil en français, parfois calicoba. Pumpkinseed en anglais, du nom d’une graine de courge dont la forme évoque celle du poisson. Crapet-soleil au Québec. Le mot anglais sunfish désigne toute la famille — et aussi, sans aucun rapport, le poisson-lune des mers, qui pèse deux tonnes.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org