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EspècesNœuds
Threespot tilapia
Photo : Piscary

Threespot tilapia

Oreochromis andersonii · Cichlidae

  • Eau douce
  • Autres
  • Moyen
  • Taille

    61 cm

  • Poids

    4,7 kg

  • Longévité

    13 ans

  • Temp. eau

    18–33 °C

  • Profondeur

    0–10 m

Où le pêcher

  • Estuaire

Icônes des milieux : Flaticon

Grand cichlidé côtier africain à corps robuste et comprimé, reconnaissable à trois taches sombres caractéristiques sur les flancs, livrée argentée à reflets bleutés.

Calendrier

Signalée dans 4 pays

Botswana · Mozambique · Namibie · Zambie

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

Deux moitiés composent cette aire, et elles n’ont pas la même ancienneté. La première est naturelle : bassin du Ngami et Okavango, Cunene et région de Mossamedes en Angola, haut Zambèze et Kafue, avec un signalement dans le système du Kasai angolais.

La seconde date de l’ingénierie. Le Zambèze moyen n’abritait pas l’espèce ; les lacs Kariba et Cabora Bassa, nés de la construction des barrages, ont été colonisés depuis. Un poisson qui recherche les eaux profondes, calmes et pourvues de couvert a trouvé dans ces retenues exactement ce qu’il lui fallait, et deux mers intérieures se sont ouvertes à lui en une génération humaine.

Des transferts délibérés ont fait le reste, dont un dans le parc national de Kasanka, en Zambie, sur le haut bassin du Congo. Plusieurs pays ont depuis rapporté des dégâts écologiques imputables à ces installations.

Le reconnaître

Trois ou quatre taches noires, larges et nettes, se suivent au milieu du flanc. Elles sont constantes chez la femelle et chez tout poisson hors saison de reproduction, et elles ont donné son nom d’usage à l’espèce. Les bordures de la dorsale et de la caudale sont rouges, sans aucune barre ni série de points verticaux sur la queue.

Le mâle nuptial efface ce dessin. La tête, le dos et les flancs prennent un brun-pourpre sombre et irisé qui recouvre les taches, tandis que les liserés rouges s’élargissent et s’avivent. Ses mâchoires s’élargissent aussi, mais tardivement : un mâle en état de se reproduire mesure normalement au moins trente centimètres.

La nageoire pectorale est le second repère, et le plus rapide sur un poisson en main. Elle est très longue, trente-quatre à quarante-trois pour cent de la longueur standard, proportion qu’aucun tilapia voisin n’atteint. Le corps est haut, quarante et demi à cinquante et demi pour cent de la même mesure.

Le détail achève la détermination : trente et une à trente-cinq écailles en ligne latérale, le plus souvent trente-deux ou trente-trois ; trois rangées complètes d’écailles sur la joue ; trente à trente-deux vertèbres ; vingt-huit à trente et un rayons dorsaux au total ; quinze à dix-huit épines dorsales et neuf à treize rayons anaux. La papille génitale du mâle est conique, émoussée, bordée d’une collerette étroite légèrement échancrée en son milieu.

La reproduction

Le nid est une soucoupe, pas un cône ni une simple cuvette. Le mâle l’excave à la bouche et aux nageoires sur fond de sable, jusqu’à soixante-quinze centimètres de diamètre pour trente de creux, sous un à trois mètres d’eau. Il arrache la végétation à la gueule pour dégager la place, et jusqu’à quarante nids peuvent se côtoyer sur le même secteur.

Il faut vingt et un degrés au moins pour que la ponte se déclenche ; en dessous, l’observation en bassin ne relève rien. La femelle dépose ses œufs dans la concavité sommitale, le mâle féconde, elle reprend aussitôt le tout dans sa bouche.

La suite distingue cette espèce de ses proches parentes : le mâle ne se désintéresse pas de l’affaire. Il continue de défendre le nid et les femelles présentes contre tout intrus, pendant qu’elles assurent l’incubation puis la garde des larves et des alevins. Les soins parentaux se poursuivent quelques semaines après l’éclosion.

Le rythme est lent, à l’échelle du genre. Dans la nature, une femelle mène rarement plus d’une nichée par saison, quand la plupart des tilapias en enchaînent plusieurs ; en bassin, deux par an ont été obtenues. Cette parcimonie reproductive s’accorde avec une longévité de treize ans et une croissance qui mène plus loin que chez les autres.

L’eau qu’il lui faut

L’espèce est la plus fluviale des grands tilapias d’Afrique australe : elle est adaptée à des rivières au courant assez soutenu, ce qui ne l’empêche pas de préférer, quand elle a le choix, l’eau lente ou dormante. Marais et cours d’eau se partagent sa présence.

La répartition dans la colonne d’eau est tranchée par l’âge. Les adultes tiennent le large et la profondeur, généralement entre trois et six mètres, jusqu’à dix ; les juvéniles restent au bord, dans la végétation. Les fosses creusées et fréquentées par les hippopotames constituent un abri de prédilection.

La rusticité est réelle. Le poisson passe de l’eau douce à une eau saumâtre allant jusqu’à vingt grammes de sel par litre, et vit entre dix-huit et trente-trois degrés. Il se déplace en bancs et s’alimente de jour.

Zones

  • Estuaires côtiers
  • Lagunes saumâtres peu profondes
  • Plages sableuses
  • Zones portuaires abritées

Techniques

  • Pêche au fond
  • Surfcasting léger
  • Pêche à l'anglaise en estuaire
  • Ligne de fond

Appâts

  • Crevette
  • Ver de mer
  • Moule
  • Petit poisson
  • Calmar

Ce qu’il mange

C’est un détritivore, au sens strict : il prélève la matière particulaire fine déposée sur le fond, algues, diatomées, débris organiques, avec le zooplancton qui s’y mêle. Le régime varie selon ce que le milieu offre à un moment donné, et cette souplesse compte autant que le menu lui-même.

Les grands individus s’écartent de ce schéma et prennent aussi des insectes et d’autres invertébrés. Le passage se fait avec la taille, à mesure que la bouche et la puissance permettent autre chose que le broutage.

Comment le pêcher

C’est le plus gros des tilapias d’Afrique australe, avec treize ans de longévité. La documentation halieutique le retient comme espèce de sport autant que de table, ce qui n’est pas le cas de tous ses congénères.

La profondeur commande la prospection. Un adulte ne se trouve pas dans les bordures, où l’on ne rencontrera que des juvéniles : il faut chercher entre trois et six mètres, en eau calme, avec du couvert à proximité. Les fosses à hippopotames comptent parmi les postes les plus sûrs pour trouver des sujets d’âge.

Le régime détritivore impose des esches modestes et un montage posé au fond, à ceci près que les plus grands poissons acceptent les insectes et les invertébrés. C’est sur eux que se joue la différence entre une friture et une prise de taille.

La saison de ponte redistribue tout. Les nids en soucoupe, larges et bien visibles sur le sable clair entre un et trois mètres, fixent les mâles de plus de trente centimètres — les seuls capables de se reproduire — et un poisson pris sur un nid est un géniteur en poste, avec ce que cela implique pour une espèce qui n’élève souvent qu’une nichée par an.

Conservation · Vulnérable (UICN) — Cette espèce est menacée d'extinction. Relâche-la systématiquement (no-kill), manipule-la avec le plus grand soin et vérifie la réglementation locale — sa pêche peut être interdite.

Conservation

Une nichée par an dans la nature, treize ans de longévité, et des mâles qui ne se reproduisent qu’au-delà de trente centimètres : le renouvellement de cette espèce est plus lent que celui des tilapias auxquels on la compare, et il repose sur les plus gros individus de la population. Le prélèvement d’un grand mâle ne se remplace pas à la saison suivante.

Les barrages ont joué dans les deux sens. Ils ont ouvert Kariba et Cabora Bassa, et ils ont dans le même mouvement transformé le régime des rivières où l’espèce s’était adaptée au courant. Une retenue produit des tilapias, elle ne produit pas de rivière.

Là où le poisson a été transféré hors de son aire, plusieurs pays rapportent des effets écologiques négatifs, ce qui lui vaut d’être compté parmi les nuisibles potentiels.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Le catalogue conserve pour cette espèce le nom anglais, three spotted tilapia, faute d’un usage francophone établi ; « tilapia à trois taches » en est la traduction directe et la description exacte, à ceci près que la quatrième tache est fréquente.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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