
Tilapia à ventre rouge
Coptodon zillii · Cichlidae
- Eau douce
- Autres
- Moyen
- Taille
30–40 cm
- Poids
0,4–0,3 kg
- Longévité
7 ans
- Temp. eau
11–36 °C
- Profondeur
1–7 m
Où le pêcher
- Estuaire
- Lac
- Étang
- Rivière
Icônes des milieux : Flaticon
Le tilapia à ventre rouge est un cichlidé de taille moyenne reconnaissable à ses flancs gris-olive portant des rangées de points sombres et à son ventre orange à rouge vif, particulièrement marqué en période de reproduction. Il peuple les rivières, lacs et canaux d'eau douce en Afrique, au Moyen-Orient et dans diverses régions où il a été introduit.
Calendrier
Signalée dans 11 pays
Chine · Côte d’Ivoire · Égypte · États-Unis · Israël · Mali · Mexique · Ouganda · R.A.S. chinoise de Hong Kong · R.A.S. chinoise de Macao · Taïwan
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
L’aire naturelle traverse l’Afrique d’ouest en est et remonte jusqu’au Proche-Orient : sud du Maroc, points d’eau du Sahara, système du Niger et de la Bénoué, Sénégal, fleuves côtiers ivoiriens et ghanéens, système de la Volta, bassin du Tchad et du Chari, moyen Congo avec l’Oubangui, l’Uele, l’Itimbiri, l’Aruwimi et le Lindi-Tshopo, lacs Albert et Turkana, système du Nil et système du Jourdain.
Les stations sahariennes de cette liste ne sont pas anecdotiques : elles témoignent d’un réseau hydrographique aujourd’hui disparu, dont les poissons subsistent dans des points d’eau isolés.
Hors de cette aire, l’espèce a été transportée sur plusieurs continents, et plusieurs pays signalent un impact écologique défavorable après son introduction.
Le reconnaître
Le ventre rouge vif et les barres verticales bien marquées sur le flanc donnent l’identification de loin. S’y ajoutent des lèvres d’un vert franc, une poitrine rosée et un corps brun olivâtre parcouru de reflets bleus irisés.
La tache dite tilapienne, à l’arrière de la dorsale, est le caractère le plus sûr. Elle est grande, s’étend du dernier rayon épineux jusqu’au quatrième rayon mou, et se trouve toujours bordée d’une bande jaune. Les nageoires dorsale, caudale et anale sont brun olivâtre semées de points jaunes, la dorsale et l’anale étant ourlées d’un liseré orange étroit.
Le corps est haut, la tête étroite avec un profil supérieur non convexe, les mâchoires petites mais fortes. On compte treize à seize épines dorsales pour dix à quatorze rayons mous, trois épines anales pour huit à dix rayons mous, et huit à onze branchiospines inférieures.
La caudale sert d’indicateur de taille. En dessous de quatorze centimètres, elle est uniformément jaunâtre ou grisâtre, sans aucun point ; au-delà, elle devient grise et se couvre de points sur toute sa surface, dont le diamètre augmente avec la croissance. Un poisson en main se date ainsi d’un coup d’œil.
Une bande longitudinale sombre apparaît sur les flancs quand l’animal est agité, et disparaît quand il se calme : c’est un signal d’état, pas un caractère d’espèce.
La confusion possible est celle avec Coptodon rendalli. Le profil de la tête est ici moins abrupt et les barres verticales plus marquées ; en Afrique de l’Est, la caudale de rendalli se partage souvent en une moitié supérieure brun-gris et une moitié inférieure rouge ou jaunâtre, tandis que celle-ci reste d’une teinte uniforme. Les deux sexes se ressemblent, et dans un couple formé le mâle est généralement le plus grand.
La reproduction
L’espèce pond sur le substrat et ne pratique pas l’incubation buccale, contrairement aux tilapias les plus répandus en pisciculture. C’est la différence de fond entre les deux groupes, et elle change tout leur comportement de reproduction.
Un couple se forme, creuse une fosse dans la vase et y dépose des œufs adhésifs, de préférence sur une surface dure, sur des fonds de lac à galets ou à sable pourvus d’une végétation abondante. Une grande femelle peut en déposer un millier.
Les deux parents assurent ensuite la garde, et cette garde est complète. L’éclosion survient environ quatre-vingt-seize heures après la ponte, les jeunes nagent librement quatre à six jours plus tard, et les larves se développent au contact étroit du substrat. Pendant toute cette période, deux adultes stationnent sur une cuvette de quelques décimètres et réagissent à ce qui s’en approche.
L’eau qu’il lui faut
Trois classes d’âge occupent trois zones distinctes. Les adultes se tiennent dans les secteurs peu profonds et végétalisés, entre un et sept mètres ; les alevins restent dans la végétation de bordure ; les juvéniles gagnent la plaine d’inondation saisonnière. La répartition dans un même plan d’eau se lit donc par la taille.
L’espèce est essentiellement diurne et forme parfois des bancs, ce qui la distingue de la plupart des poissons recherchés à l’aube et au crépuscule.
Sa tolérance est l’élément le plus remarquable de sa biologie. Elle vit naturellement entre 10,5 et 36 degrés et survit dans une plage étendue de 6,5 à 42,5 degrés ; elle accepte un pH de 6 à 9 ; elle supporte des salinités très variées et se maintient jusque dans des conditions franchement marines. Un poisson d’eau douce capable de franchir un bras de mer se déplace d’un bassin côtier à l’autre sans intervention humaine.
Zones
- Bordures végétalisées
- Lacs et étangs peu profonds
- Zones calmes de rivière
Techniques
- Pêche au feeder
- Pêche au pain
- Pêche à l'anglaise
Appâts
- Pain de mie
- Algues tendres
- Maïs
- Granulés végétaux
Ce qu’il mange
Les adultes sont herbivores et consomment les feuilles et les tiges des plantes immergées, ainsi que des algues et des débris végétaux. Les petites mâchoires puissantes décrites plus haut sont des outils de découpe, pas de préhension.
Ce régime est l’exception dans le monde des poissons de sport, où l’immense majorité des espèces recherchées sont carnivores ou omnivores opportunistes.
Comment le pêcher
Un herbivore ne se pêche pas comme un carnassier. Les appâts animaux classiques ne le concernent pas ; le pain, les algues tendres, le maïs et les granulés végétaux correspondent en revanche à ce qu’il mange réellement, et c’est cette correspondance qui décide du résultat.
L’activité diurne simplifie l’organisation : le poisson se cherche en pleine journée, dans les bordures végétalisées et les hauts-fonds où il s’alimente, entre un et sept mètres.
La période de garde du nid concentre les adultes dans très peu d’eau et les rend réactifs, mais elle immobilise aussi deux poissons sur une ponte. Prélever l’un des deux laisse l’autre seul sur une cuvette qu’il ne peut plus défendre.
Il faut enfin savoir que ce poisson est considéré comme un ravageur potentiel là où il a été implanté. Son transport vivant et sa remise à l’eau hors de son bassin d’origine relèvent d’une réglementation qu’il faut vérifier localement, et qui n’a rien d’uniforme d’un pays à l’autre.
Conservation
Rien ne pèse sur l’espèce, et la question se pose dans l’autre sens. Là où elle a été introduite, un herbivore capable de brouter la végétation immergée agit d’abord sur la structure du milieu, et c’est probablement par ce mécanisme que passent les impacts défavorables signalés par plusieurs pays.
Sa tolérance thermique, sa résistance à la salinité et l’étendue de son spectre de pH lui permettent de s’installer dans des eaux que peu d’espèces exotiques supportent, y compris des milieux dégradés. Une population implantée est donc, en pratique, définitive.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Le poisson a changé de genre. Longtemps appelé Tilapia zillii, il est rattaché depuis la révision moléculaire de 2013 des cichlidés autrefois regroupés sous le nom de tilapias au genre Coptodon. Les deux noms désignent le même animal, et toute la littérature antérieure emploie le premier.
En français, tilapia à ventre rouge ; en anglais, redbelly tilapia. Les deux retiennent le caractère le plus voyant.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org