
Ablette de lac
Alburnus mento · Cyprinidae
- Eau douce
- Carpes & blancs
- Moyen
- Taille
40 cm
Où le pêcher
- Lac
- Rivière
Icônes des milieux : Flaticon
L'ablette de lac est un cyprinidé élancé au dos verdâtre et aux flancs argentés, proche de l'ablette commune mais inféodé aux lacs alpins et préalpins aux eaux froides et claires.
Calendrier
Signalée dans 1 pays
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
L’aire est l’une des plus étroites du catalogue : les lacs subalpins du bassin du Danube, en Allemagne et en Autriche. Deux pays, quelques plans d’eau.
Cette étroitesse n’est pas une lacune de connaissance mais le résultat d’une révision. Le nom a longtemps recouvert un ensemble de formes réparties du Danube à la mer Noire, que l’examen des comptages a séparées en plusieurs espèces distinctes. Ce qui porte aujourd’hui ce nom est la part alpine de cet ancien ensemble, et les cartes antérieures à cette révision montrent une aire beaucoup plus vaste qui n’a plus cours.
Le reconnaître
L’anale démarre derrière la dorsale, et non dessous. Une écaille et demie à deux écailles et demie séparent le dernier rayon dorsal de l’origine de l’anale : c’est le décalage qui sépare immédiatement ce poisson de l’ablette commune, chez qui les deux nageoires se chevauchent.
La taille surprend ensuite. Ce poisson dépasse largement l’ablette ordinaire en longueur alors qu’il vit du même zooplancton, sans changer de famille.
Le reste se compte. L’anale porte quinze à dix-sept rayons ramifiés et demi, on relève vingt et une à vingt-cinq branchiospines, la ligne latérale compte cinquante-deux à soixante-cinq écailles plus quatre sur la caudale, et le pédoncule caudal est 1,8 à 2,4 fois plus long que haut. L’arête ventrale est mise à nu sur huit à douze écailles en avant de l’anus, ce qui représente jusqu’à près de la totalité de la distance qui la sépare de la base des ventrales.
Les mâles en livrée de noces se couvrent de tubercules menus et très nombreux. C’est un point de séparation utile au sein du groupe d’espèces auquel il appartient, dont plusieurs membres portent au contraire quelques gros tubercules épars.
La reproduction
Un poisson de lac qui doit trouver un torrent. Toute la reproduction se joue hors de l’eau où l’adulte passe l’année : les géniteurs entreprennent un court déplacement vers les parties basses des tributaires et fraient dans un courant fort, sur fond de gravier. La ponte sur les rives caillouteuses du lac lui-même reste l’exception.
Les œufs sont collants et adhèrent aux galets et aux pierres. Rien d’autre ne les retient contre le courant : c’est la glu de l’enveloppe, et elle seule, qui rend possible une ponte dans une eau vive.
Le retour est immédiat. Les adultes redescendent au lac aussitôt après la fraie pour s’y réalimenter, et les larves les suivent peu après l’éclosion, en dévalant. Toute la séquence tient donc en quelques jours, sur quelques centaines de mètres de ruisseau.
Zones
- Pleine eau des lacs alpins
- Bordures rocheuses de lac
- Zones de courant en entrée de lac
- Surface près des rives
Techniques
- Pêche à l'anglaise
- Pêche au coup en lac
- Pêche au flotteur léger
- Pêche à la mouche sèche
Appâts
- Asticot
- Ver de vase
- Pinkies
- Pâte fine
- Caster
Ce qu’il mange
Zooplancton, exclusivement mentionné. C’est un filtreur de pleine eau, et ses vingt et une à vingt-cinq branchiospines sont l’outil de ce régime : plus le peigne branchial est dense, plus les particules retenues sont fines.
La taille atteinte par l’espèce prend là son intérêt. Vivre de plancton n’interdit pas de devenir grand, à condition que la ressource soit abondante et régulière — ce qu’un grand lac profond fournit mieux qu’une rivière.
Comment le pêcher
C’est un poisson de pleine eau qu’on cherche au large et non le long des berges. Le banc se tient dans la couche où le plancton se concentre, et cette couche se déplace dans la journée ; sonder est ici la seule prospection utile.
Le régime planctonique limite les options. Aucune esche n’imite du zooplancton, et les prises se font sur des présentations minuscules, à la limite du gréement de compétition, ou sur des insectes en surface au moment où le banc y monte.
La montée de reproduction est la seule occasion où ce poisson devient facile à localiser : il se concentre dans le bas d’un tributaire, sur quelques centaines de mètres, pendant quelques jours. C’est aussi le pire moment pour le déranger.
Conservation
Une espèce entière tenant dans les lacs subalpins de deux pays n’a aucune marge. Chaque population est isolée dans son plan d’eau, sans possibilité de recolonisation depuis un lac voisin, et la perte de l’une n’est pas rattrapable.
Le point de rupture est le tributaire. L’adulte vit au lac, mais rien ne se reproduit sans un accès à une eau vive sur gravier, dans les parties basses d’un affluent. Un seuil posé à quelques centaines de mètres de l’embouchure suffit à supprimer la reproduction d’un lac entier sans qu’aucun poisson n’ait été prélevé ni qu’aucune eau n’ait été polluée. Les adultes restent visibles des années après, ce qui retarde d’autant le constat.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Ablette de lac en français. L’allemand dit Seelaube, littéralement l’ablette du lac, et Mairenke dans le sud de son aire — nom qui renvoie au mois de la montée. Le nom d’espèce mento, le menton, désigne la mâchoire inférieure proéminente. La littérature ancienne place le poisson dans le genre Chalcalburnus, aujourd’hui abandonné.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org