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EspècesNœuds
Aspe
Photo : Piscary

Aspe

Leuciscus aspius · Cyprinidae

  • Eau douce
  • Carpes & blancs
  • Moyen
  • Taille

    55–120 cm

  • Poids

    1,4–9,0 kg

  • Longévité

    11 ans

  • Temp. eau

    4–20 °C

Où le pêcher

  • Lac
  • Rivière

Icônes des milieux : Flaticon

Grand cyprinidé au corps allongé et argenté, à la mâchoire inférieure proéminente, l'aspe est un prédateur de surface actif chassant les alevins en pleine eau.

Calendrier

Signalée dans 15 pays

Allemagne · Autriche · Belgique · Finlande · France · Hongrie · Italie · Norvège · Pays-Bas · Pologne · Russie · Suède · Suisse · Tchéquie · Ukraine

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’aspe occupe les grandes rivières qui se jettent en mer du Nord — Weser, Elbe —, en Baltique, en mer Noire, en mer d’Azov et en Caspienne, ainsi que le bassin égéen de la Maritza au lac Volvi. En Turquie, il ne dépasse pas Ankara vers l’est.

Il est absent du bassin de la mer Noire au sud du Danube et du Rioni géorgien. Il a été introduit dans le Rhin, dans la Dvina septentrionale et dans le lac Balkhach.

Sa présence dans le Rhin est récente et procède de cette introduction : un pêcheur du bassin rhénan a affaire à une espèce qui n’y était pas il y a quelques décennies.

Le reconnaître

Le caractère décisif se cherche au doigt, sous le ventre : une carène tranchante court entre l’origine des ventrales et celle de l’anale, recouverte d’écailles. Aucun autre cyprinidé d’Europe n’en porte, et elle suffit à conclure.

Le second est l’anale, longue de douze à quatorze rayons branchus et demi. La ligne latérale compte soixante-quatre à soixante-seize écailles, ce qui est beaucoup, et le maxillaire dépasse vers l’arrière le bord antérieur de l’œil.

Le corps est allongé, comprimé latéralement, prolongé par une tête longue et pointue. Le dos est vert à reflets argent ou bleutés, les flancs plus clairs, le ventre blanc argenté ; pectorales, ventrales et anale tirent sur le gris à brun.

Cette silhouette n’est pas celle d’un cyprinidé ordinaire. C’est la ligne d’un poisson qui poursuit.

La reproduction

La maturité arrive tard pour un cyprinidé, à quatre ou cinq ans. La ponte a lieu d’avril à juin, après une montaison dans les affluents, en eau rapide, sur gravier ou sur végétation immergée, et les œufs adhèrent au support.

Elle s’étale sur une quinzaine de jours et se répète sur plusieurs saisons.

Le succès de la reproduction semble lié à deux conditions simultanées : un niveau d’eau bas et un printemps chaud. C’est une combinaison relativement rare, et elle explique que les classes d’âge d’une population soient très inégales — quelques années fournissent l’essentiel du recrutement, les autres presque rien.

L’eau qu’il lui faut

C’est un poisson d’eau libre, celle des grandes et moyennes rivières de plaine et des grands lacs. Les adultes occupent les cours inférieurs et les estuaires, jusqu’à une dizaine de mètres de fond.

Ses postes sont ceux d’un chasseur qui utilise les ruptures : piles de ponts, confluences d’affluents, aval des seuils, veines profondes, parties encombrées et baies calmes des coudes de rivière. Toutes ces situations ont un point commun — elles rassemblent ou désorientent les poissons fourrage.

Sa tolérance thermique va de quatre à vingt degrés, et il supporte l’eau saumâtre des estuaires.

Zones

  • Surfaces de grands fleuves
  • Bords de courant rapide
  • Fosses aval de barrages
  • Rives dégagées de lacs

Techniques

  • Lancer-ramener aux leurres de surface
  • Pêche à la mouche (streamer)
  • Leurres coulants type poisson nageur
  • Pêche au vif

Appâts

  • Poissons nageurs
  • Streamers
  • Spinnerbaits
  • Vifs (ablettes)

Ce qu’il mange

L’aspe est l’un des rares cyprinidés piscivores, et c’est le fait central de sa biologie. Juvéniles comme adultes vivent de poisson, en particulier d’ablette et d’éperlan, et il lui arrive de prendre de petits oiseaux d’eau.

La chasse change de forme avec l’âge. Les juvéniles chassent en groupe ; les adultes opèrent en petites bandes ou seuls.

Un détail compte pour la technique : l’aspe n’a pas de dents dans la bouche, seulement des dents pharyngiennes au fond de la gorge. Il ne saisit donc pas sa proie comme un brochet, il l’assomme et la gobe — ce qui donne à sa chasse un caractère explosif et visible en surface.

Comment le pêcher

L’attaque se voit et s’entend. L’aspe percute son banc de proies en surface, souvent en bordure de courant, et cette gerbe est le signal le plus fiable dont dispose le pêcheur : il ne s’agit pas de chercher le poisson mais de repérer sa chasse.

Les postes sont fixes et lisibles. Une pile de pont, un confluent, l’aval d’un seuil concentrent l’ablette, et l’aspe y revient. Connaître trois de ces points sur une rivière vaut mieux que parcourir dix kilomètres de berge.

La méfiance est extrême en eau claire, à la mesure d’un poisson qui chasse à vue en pleine lumière. Un lancer long et une approche discrète comptent plus que le choix précis du leurre, et le premier passage sur une chasse est celui qui décide.

Sa bouche sans dents mais dure demande une ferrure appuyée. Et l’âge maximal, onze ans, est court au regard des tailles atteintes : c’est un cyprinidé à croissance rapide plutôt qu’un poisson ancien.

Conservation

L’aspe dépend d’une conjonction climatique — eaux basses et printemps chaud — pour se reproduire correctement, et d’un accès libre aux affluents pour y arriver. Les deux conditions sont exactement ce que la régulation des débits et les seuils suppriment.

Un poisson qui ne réussit sa reproduction qu’une année sur plusieurs supporte mal qu’on lui retire ces années-là. C’est une fragilité qui ne se lit pas sur l’abondance des adultes, laquelle reste bonne longtemps après que le recrutement s’est arrêté.

Là où il a été introduit, un prédateur piscivore de cette taille modifie l’équilibre du peuplement, et le Rhin en est l’exemple en cours.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Aspe en français, parfois écrit asp. Asp en anglais, Rapfen ou Schied en allemand, jaź et boleń dans les langues slaves. Le genre a longtemps été Aspius, nom qu’on rencontre encore dans toute la littérature ancienne et dans beaucoup de textes réglementaires.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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