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EspècesNœuds
Poisson-chat marcheur
Photo : Piscary

Poisson-chat marcheur

Clarias batrachus · Clariidae

  • Eau douce
  • Silures & poissons-chats
  • Moyen
  • Taille

    26–47 cm

  • Poids

    0,1–1,2 kg

  • Temp. eau

    10–28 °C

Où le pêcher

  • Canal
  • Étang

Icônes des milieux : Flaticon

Le poisson-chat marcheur est un silure robuste à corps allongé, doté d'appendices pectoraux lui permettant de se déplacer hors de l'eau sur de courtes distances.

Calendrier

Signalée dans 14 pays

Bangladesh · Cambodge · Chine · États-Unis · Inde · Indonésie · Laos · Malaisie · Myanmar (Birmanie) · Philippines · Singapour · Taïwan · Thaïlande · Viêt Nam

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

Le nom recouvre moins de choses qu’il n’y paraît, et c’est le point le plus important de sa carte. Le véritable Clarias batrachus est un poisson de Java. Les populations d’Indochine et de Sondaland, longtemps rangées sous cette étiquette, appartiennent à d’autres espèces encore mal fixées. Toute la littérature ancienne sur le silure marcheur de Thaïlande ou de Malaisie décrit donc autre chose que l’espèce nominale.

Le reste de la répartition tient à l’aquaculture et au commerce d’ornement, qui l’ont dispersé bien au-delà de l’Asie. Plusieurs pays constatent depuis un impact écologique défavorable : un poisson qui franchit à pied la distance entre deux plans d’eau ne reste pas dans celui où on l’a mis, et la clôture d’une pisciculture ne l’arrête pas.

Le reconnaître

L’épine pectorale donne la clé, et elle se lit dans le bon sens. Chez celui-ci, le bord externe est rugueux et c’est le bord interne qui porte les denticules — l’inverse exact de son cousin d’Afrique, dont seule la face externe est dentelée. Deux poissons voisins, deux armes montées à l’envers l’une de l’autre.

Le second repère est l’arrière du crâne. Le processus occipital dessine un triangle plus ou moins net, sa longueur valant environ la moitié de sa largeur ; l’espace qui le sépare de la dorsale tient quatre à cinq fois et demie dans la distance du museau à l’extrémité de ce même processus. Ces rapports se mesurent sur un poisson mouillé posé à plat et suffisent à trancher.

Pour le reste, un corps allongé qui se comprime vers l’arrière, une mâchoire supérieure qui avance légèrement sur l’inférieure, une dorsale de soixante à soixante-seize rayons mous et une anale de quarante-sept à cinquante-huit, toutes deux dépourvues d’épines. Le sexe se lit sans dissection : la papille génitale du mâle est allongée et pointue.

La reproduction

L’accouplement passe par l’étreinte, geste partagé par plusieurs silures. Les deux partenaires commencent par se pousser mutuellement au niveau des orifices génitaux en battant de la dorsale, puis le mâle enroule son corps autour de la femelle, qui libère alors un filet d’œufs adhésifs dans le nid.

Le nid est creusé, et c’est ce qui rattache la ponte à la saison. En Asie du Sud-Est, la reproduction attend la mousson : la montée des eaux détrempe les berges de vase et les diguettes des rizières inondées, seuls matériaux dans lesquels un couple puisse excaver. Une crue insuffisante ne retarde pas la ponte, elle la rend impossible faute de support, et des œufs collants déposés à même le fond d’une mare stagnante ne valent rien.

L’eau qu’il lui faut

Il occupe le bas de l’échelle des eaux, celles que les autres espèces désertent. Ruisseaux de plaine, marécages, mares, fossés, rizières, flaques abandonnées par la décrue après le passage du fleuve : le dénominateur commun est une eau stagnante, chargée, à fond boueux. On le trouve aussi dans les rivières moyennes à grandes et les canaux à écoulement lent, mais c’est dans l’eau morte qu’il est chez lui.

Le cycle annuel épouse celui de la crue. Depuis le cours principal du Mékong ou depuis n’importe quelle eau permanente, il gagne latéralement les surfaces inondées pendant la saison des hautes eaux, puis reflue vers l’eau permanente dès l’installation de la saison sèche.

Ses organes de respiration auxiliaires le maintiennent en vie hors de l’eau pendant un temps appréciable et lui permettent de couvrir de courtes distances à sec, d’un plan d’eau à l’autre. Il supporte en outre une salinité légère, ce qui lui ouvre les bas de deltas.

Zones

  • Fossés et canaux agricoles
  • Bordures de rizières
  • Mares et étangs stagnants
  • Berges encombrées de végétation

Techniques

  • Pêche au fond avec appât naturel
  • Ligne de fond nocturne
  • Vif ou mort manié

Appâts

  • Vers de terre
  • Petits poissons morts
  • Crevettes
  • Abats de volaille

Ce qu’il mange

Larves d’insectes, vers de terre, coquillages, crevettes, petits poissons, végétaux aquatiques et débris : le menu est celui d’un fouilleur qui trie la vase plus qu’il ne poursuit. Cette absence de spécialisation est ce qui lui permet de subsister dans une flaque isolée pendant des semaines, où un carnassier strict aurait épuisé sa ressource.

Comment le pêcher

Le format commande le matériel. La taille couramment rencontrée est de l’ordre de vingt-six centimètres : on est plusieurs crans en dessous de son parent africain, et un montage taillé pour un gros silure ne transmet rien de ses touches.

Le lieu compte plus que l’heure. Une eau stagnante, épaisse, encombrée, un fossé de rizière, une mare résiduelle : ces postes ne paient pas au leurre mais donnent régulièrement sur un appât naturel posé au fond, de préférence de nuit. L’animal se repère à l’odorat dans une eau où il ne voit rien.

À la prise, l’épine pectorale dentelée sur son bord interne blesse en profondeur si le poisson est empoigné à pleine main au niveau des nageoires : il se tient plus haut, derrière la tête. Sa capacité à rester longtemps vivant à l’air prolonge sa vigueur au sol, et un poisson posé dans l’herbe s’en va parfois tout seul.

Conservation

Le paradoxe de cette espèce est qu’elle se raréfie chez elle pendant qu’on la combat ailleurs. Introduite un peu partout, elle y prospère au détriment des faunes locales ; sur son aire d’origine, elle est signalée en recul, remplacée par le silure marcheur africain que l’aquaculture y a importé.

Le même commerce a donc produit les deux effets opposés. Il a exporté un poisson qui déséquilibre les milieux où il arrive, et il a importé chez lui un concurrent qui prend sa place. L’étiquette de nuisible potentiel qu’on lui accole décrit sa conduite en terre étrangère ; elle ne dit rien de sa situation à Java.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Poisson-chat marcheur en français, walking catfish en anglais, Wanderwels en allemand : les trois noms retiennent le même comportement, la sortie de l’eau. Le nom scientifique va dans le même sens, batrachus désignant la grenouille. Au Laos, le poisson entre dans deux préparations traditionnelles, le lap pa et le ponne pa.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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