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EspècesNœuds
Silure glane
Photo : Piscary

Silure glane

Silurus glanis · Siluridae

  • Eau douce
  • Silures & poissons-chats
  • Difficile
  • Taille

    120–273 cm

  • Poids

    10–130 kg

  • Longévité

    80 ans

  • Temp. eau

    4–20 °C

  • Profondeur

    0–30 m

Où le pêcher

  • Rivière
  • Lac
  • Canal

Icônes des milieux : Flaticon

Le silure glane est le plus grand poisson d'eau douce d'Europe, au corps allongé, sans écailles et recouvert d'un mucus sombre, avec une tête aplatie, une très large gueule et de longs barbillons sensoriels. Il peut dépasser deux mètres et peser plus de cent kilos dans les grands fleuves d'Europe et d'Asie.

Calendrier

Frai : poisson vulnérable. Vérifie la réglementation locale, les dates de fermeture varient selon les pays.

Signalée dans 19 pays

Allemagne · Autriche · Belgique · Danemark · Espagne · France · Hongrie · Italie · Luxembourg · Pays-Bas · Pologne · Portugal · Roumanie · Royaume-Uni · Russie · Suède · Suisse · Tchéquie · Ukraine

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

Le silure est natif des bassins de la mer du Nord, de la Baltique, de la mer Noire, de la Caspienne et de la mer d’Aral, jusqu’au sud de la Suède et de la Finlande vers le nord, plus la Maritza et quelques bassins égéens et la Turquie. Il était absent du reste du bassin méditerranéen.

Il a depuis été introduit et transféré dans une grande partie de l’Europe, et jusqu’au bassin du lac Balkhach au Kazakhstan. Sa progression dans les fleuves français au cours des dernières décennies relève de cette histoire, et plusieurs pays signalent un impact écologique défavorable là où il s’est établi.

Le reconnaître

Six barbillons, dont deux très longs sur la mâchoire supérieure et quatre plus courts sous le menton — c’est la première chose qu’on voit, et elle suffit. Aucun autre poisson d’eau douce européen n’est ainsi équipé.

La nageoire anale est l’autre caractère décisif, et le plus fiable pour les déterminations : elle porte quatre-vingt-trois à quatre-vingt-quinze rayons et court presque jusqu’à la caudale, occupant plus de la moitié du ventre. À l’inverse, la dorsale est minuscule, deux à quatre rayons seulement, et il n’y a pas d’adipeuse.

Le corps est nu, sans écailles, couvert d’un mucus épais. La tête est large et aplatie, la bouche immense, la caudale arrondie ou tronquée. La peau va du vert olive marbré au brun foncé, souvent presque noire chez les grands sujets de rivière profonde.

La reproduction

Le mâle défend un petit territoire sur la frayère et y construit un nid. Il creuse une dépression peu profonde ou nettoie un support — racines de saule, végétation immergée — sur lequel les œufs seront déposés.

La ponte se fait par couples. Les œufs, de trois millimètres, sont entourés d’une enveloppe muqueuse et adhérente qui les fixe au support. L’incubation dure une cinquantaine d’heures à vingt-quatre degrés, et l’éclosion survient en deux ou trois jours. Les larves, longues de huit millimètres et demi, restent dans le nid deux à quatre jours, le temps de résorber leur vésicule.

Le mâle monte la garde jusqu’à leur émergence. Ce comportement parental, rare chez les poissons d’eau douce européens, a une conséquence de terrain : un silure pris sur son nid au printemps laisse une ponte sans protection.

La maturité arrive à deux ou trois ans, autour de quatre-vingt-sept centimètres en moyenne.

L’eau qu’il lui faut

Le silure occupe les grandes et moyennes rivières de plaine, les bras morts et les lacs bien végétalisés. On le trouve surtout dans les grands volumes d’eau, et il fréquente les retenues profondes des barrages construits sur les cours inférieurs.

Il entre à l’occasion en eau saumâtre, dans la Baltique et la mer Noire, mais reste un poisson d’eau douce.

Ce qu’il cherche est la profondeur et l’obstacle : fosses, fondations d’ouvrages, arbres immergés, zones encombrées. Un silure occupe un trou et y revient, ce qui rend les postes remarquablement constants d’une saison à l’autre.

Zones

  • Fosses profondes
  • obstacles immergés
  • zones calmes

Techniques

  • Vif
  • Poisson mort
  • Leurres XXL
  • Bouillettes carnées

Appâts

  • Leurres souples géants
  • Glidebait
  • Calamar géant
  • Pellets

Ce qu’il mange

C’est un prédateur nocturne qui chasse près du fond comme en pleine eau. Les larves et les juvéniles sont benthiques et se nourrissent d’une grande variété d’invertébrés et de poissons ; les adultes prennent du poisson et d’autres vertébrés aquatiques.

Ses barbillons sont des organes sensoriels qui détectent vibrations et traces chimiques : il localise une proie dans une obscurité totale, sans la voir ni la poursuivre. Cette capacité explique à la fois son activité nocturne et sa présence dans les eaux les plus troubles, où la vue ne sert plus à rien.

Comment le pêcher

Tout se joue sur la nuit et sur l’odeur. Un prédateur qui chasse au sens chimique et vibratoire répond à un appât qui sent fort ou à un leurre qui déplace beaucoup d’eau — pas à la finesse ni à la discrétion visuelle.

Trouver le trou est l’essentiel du travail. Le silure est fidèle à ses postes profonds, et une fosse identifiée produit saison après saison. Le sondage compte donc plus que la prospection large : mieux vaut connaître trois fosses que parcourir un kilomètre de berge.

La taille impose son matériel, et le sous-dimensionnement n’a pas ici les conséquences habituelles. Les maxima longtemps répétés — cinq mètres, trois cents kilos — viennent d’erreurs d’identification et d’unités ; les records établis avec preuves sont de deux mètres soixante-treize et cent trente kilos. Cela reste un poisson qui casse un matériel de carnassier ordinaire, et qui repart avec le montage dans la gueule si on lui en laisse l’occasion.

Le combat se joue en force et en angle : il cherche le fond et l’obstacle, et le laisser gagner la première équivaut à perdre le poisson.

Conservation

Rien ne menace le silure. Il est même en expansion dans une bonne partie de l’Europe occidentale.

C’est l’autre versant qui pose question. Introduit hors de son aire, un prédateur de cette taille modifie durablement le peuplement d’un fleuve, et plusieurs pays le classent parmi les espèces à impact. Le débat est vif là où il a colonisé des rivières à migrateurs.

La longévité mérite d’être connue avant de décider du sort d’une prise : l’âge maximal rapporté est de quatre-vingts ans. Un très gros silure est un poisson qui a traversé plusieurs décennies, et sa manipulation — soutenir le corps entier, jamais suspendre par la mâchoire — engage sa survie.

Réglementation

Taille min 60-80cm selon zones / Quotas parfois

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Silure glane en français, du grec glanis. Les anglophones disent wels catfish, les Allemands Wels ou Waller, les Italiens siluro. Le mot « poisson-chat » désigne en français une autre espèce, bien plus petite et d’origine américaine, ce qui entretient une confusion fréquente.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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