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EspècesNœuds
Saumon kéta (chien)
Photo : Piscary

Saumon kéta (chien)

Oncorhynchus keta · Salmonidae

  • Mer
  • Salmonidés
  • Moyen
  • Taille

    58–100 cm

  • Poids

    4,2–18 kg

  • Longévité

    7 ans

  • Temp. eau

    0–24 °C

  • Profondeur

    0–250 m

Où le pêcher

  • Estuaire

Icônes des milieux : Flaticon

Le saumon kéta est le plus abondant des salmoniidés du Pacifique ; il se distingue par ses flancs tachetés de motifs tigres violets et noirs à maturité. Espèce anadrome, il migre de l'océan Pacifique vers les rivières d'Amérique du Nord et d'Asie pour se reproduire en eau douce.

Calendrier

Signalée dans 5 pays

Canada · Corée du Sud · États-Unis · Japon · Russie

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

Ce saumon est celui qui demande le moins à la rivière. Les juvéniles la quittent en février, à une taille de vingt-sept à quarante-cinq millimètres, dans une eau autour de quatre degrés, sans avoir passé la moindre saison à s’y nourrir. Ils forment des bancs dans les estuaires, restent quelques mois le long du littoral, puis se dispersent au large.

Cette absence totale de phase de grossissement en eau douce explique l’ampleur de l’aire et la présence de l’espèce dans des cours d’eau arctiques trop pauvres ou trop courts pour nourrir un salmonidé pendant un an. Il suffit d’un lit sableux accessible et d’un couloir de descente ouvert quelques semaines.

Le retour a lieu trois à quatre ans plus tard, sur le lieu exact de naissance. La contrepartie de la stratégie apparaît là : la fraie se fait près des têtes de bassin, donc au terme du parcours le plus long possible à l’intérieur du réseau hydrographique.

Le reconnaître

Dix-huit à vingt-huit branchiospines courtes, épaisses et lisses garnissent le premier arc. C’est le décompte le plus faible et l’armature la plus grossière du genre, à l’opposé du peigne serré et dentelé du saumon rouge, et cette différence se voit à l’œil nu sur un poisson ouvert.

Ni le dos ni la queue ne portent de taches noires nettes. Un grand individu est bleu acier dessus, avec un simple moucheté sombre, argenté sur les côtés, blanc argenté sous le ventre ; les mâles montrent une teinte noire à la pointe de la caudale, de l’anale et des pectorales.

La caudale est tronquée ou à peine échancrée, les ventrales portent un prolongement axillaire. Dix à quatorze rayons mous à la dorsale, treize à dix-sept à l’anale, cinquante-neuf à soixante et onze vertèbres.

La robe de reproduction est la plus reconnaissable du groupe. Le dos passe à l’olive foncé ou au noir, les flancs deviennent gris rougeâtre et se barrent verticalement de vert, le ventre vire au gris sombre. L’anale et les ventrales prennent une pointe blanche franche, détail constant qui permet d’identifier un poisson en fraie à distance. Les femelles reprennent le même motif en plus effacé.

La taille courante est de cinquante-huit centimètres, et l’espèce est la deuxième du genre par le poids. La maturité intervient vers soixante-dix centimètres et entre deux et quatre ans ; l’âge maximal rapporté est de sept ans.

La reproduction

L’œuf mesure environ six millimètres sept dixièmes. C’est le plus gros du genre, et tout le reste de la stratégie de l’espèce en découle : une telle réserve produit une larve de seize millimètres, assez avancée pour se passer d’une phase de grossissement en rivière.

Le site retenu ne ressemble pas aux radiers où fraient les autres saumons du Pacifique. La ponte a lieu près des sources, sous environ trois mètres d’eau, dans un courant faible de l’ordre de vingt centimètres par seconde, sur du sable et des cailloux, entre quatre et onze degrés.

La femelle creuse une excavation d’un mètre de diamètre et d’un demi-mètre de profondeur, couchée sur le flanc, en fouettant de la queue pour chasser le sable et les limons. Le couple s’y installe, les bouches s’ouvrent, une vibration rapide libère œufs et laitance, et elle recouvre l’ensemble. Les mâles, agressifs, passent d’une femelle à l’autre ; les femelles font de même et construisent en conséquence plusieurs excavations distinctes.

Sept cents à sept mille œufs sont déposés en deux ou trois émissions, de trois cents à trois mille cinq cents chacune. L’incubation est longue : soixante jours avant l’éclosion à huit ou dix degrés. Une semaine après la ponte, les géniteurs sont morts.

Le poisson entre par ailleurs en eau douce à un stade de maturation déjà avancé, et fraie presque immédiatement. Il n’y a pas de longue attente en rivière comme chez les grandes espèces de fleuve.

L’eau qu’il lui faut

L’essentiel de la vie se passe en mer, entre la surface et deux cent cinquante mètres, le plus souvent au-dessus de soixante et un mètres, dans une eau de zéro à vingt-quatre degrés.

Les larves ne s’éloignent pas du site de ponte. Les juvéniles occupent ensuite la frange côtière, ce qui les expose à toute altération de l’estuaire pendant les quelques mois où ils s’y tiennent — c’est la seule fenêtre où l’espèce dépend d’un milieu de transition.

Les adultes reviennent par le large. La faible profondeur d’usage en mer, quelques dizaines de mètres, les place dans la même tranche d’eau que la plupart des engins côtiers.

Zones

  • Embouchures de rivières
  • Rapides et radiers de rivière
  • Fosses de repos en rivière
  • Côtes du Pacifique Nord

Techniques

  • Pêche aux leurres (cuillères, spinnerbaits)
  • Pêche à la mouche (streamers colorés)
  • Pêche au vif (crevettes, œufs)
  • Pêche en dérive naturelle

Appâts

  • Œufs de saumon
  • Crevettes marines
  • Vers de vase
  • Leurres souples colorés

Ce qu’il mange

Copépodes, tuniciers et euphausiacés constituent l’essentiel du bol alimentaire, complétés de ptéropodes, de calmars et de petits poissons. Le régime change peu entre le juvénile et l’adulte, ce qui est inhabituel dans ce genre : la plupart de ses congénères basculent vers le poisson en grandissant, celui-ci reste largement planctonophage toute sa vie.

Les branchiospines épaisses et lisses correspondent à cette alimentation moyenne, faite de proies petites mais non microscopiques. La croissance est pourtant considérable, ce qui tient à la durée du séjour marin — trois à quatre ans — plutôt qu’à la taille des proies.

Comment le pêcher

Un fait commande le reste : l’adulte cesse de s’alimenter dès qu’il quitte le sel. Comme il entre en rivière déjà mûr et fraie presque aussitôt, la période pendant laquelle un poisson en bon état se trouve en eau douce est extrêmement courte, plus courte que chez toutes les autres espèces du genre.

L’essentiel se joue donc en aval, dans les estuaires et sur le littoral, avant la transformation. Un poisson encore argenté, aux nageoires simplement bordées de noir, vaut la peine ; le même, barré de vert et pointé de blanc, est engagé dans son dernier mois.

Les postes de fraie ne se cherchent pas au même endroit que ceux des autres saumons. Le sable et les cailloux d’une zone calme sous trois mètres d’eau, près des sources, n’ont rien de commun avec les radiers rapides des espèces voisines, et une prospection calquée sur celles-ci passe à côté.

Les œufs, enfin, valent commercialement autant que la chair. Cela concentre l’effort de pêche sur les femelles pleines, au moment précis où elles portent la génération suivante — un point à connaître avant de décider du sort d’une prise.

Conservation

Le point sensible n’est pas la qualité des frayères mais l’accès. Puisque la ponte se fait près des têtes de bassin et que les jeunes n’ont besoin de la rivière que quelques semaines, tout se joue sur la libre circulation d’un bout à l’autre du réseau, à l’aller comme au retour. Un cours d’eau dégradé sur sa partie moyenne mais franchissable continue de produire ; le même, coupé, ne produit plus rien.

La pêche aux œufs constitue la seconde pression. Un marché qui valorise autant la ponte que la chair oriente structurellement l’effort vers les femelles arrivées à maturité, et l’intensité de ce prélèvement ne se lit pas dans les tonnages débarqués.

Le troisième point est génétique. L’hybridation occasionnelle avec le saumon rose donne ici des descendants fertiles, ce qui ouvre un échange de gènes entre deux espèces là où les deux remontées se superposent.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Saumon kéta en français, transcription du russe, et saumon chien dans l’usage courant — l’anglais dog salmon et l’allemand Ketalachs recouvrent la même paire. Le premier terme sert de dénomination commerciale internationale, quand l’Amérique du Nord lui préfère chum salmon. La chair part principalement en conserve, accessoirement en frais, en séché-salé, en fumé et en congelé ; les œufs, eux, alimentent le marché des œufs de saumon.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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