Avant-première AndroidTeste Piscary avant tout le monde — laisse l’adresse Gmail de ton compte Google Play.

Uniquement pour t’ajouter au test, puis supprimée. Confidentialité

EspècesNœuds
Saumon rose
Photo : Piscary

Saumon rose

Oncorhynchus gorbuscha · Salmonidae

  • Mer
  • Salmonidés
  • Moyen
  • Taille

    51–76 cm

  • Poids

    2,1–7,0 kg

  • Longévité

    3 ans

  • Profondeur

    0–250 m

Où le pêcher

  • Estuaire

Icônes des milieux : Flaticon

Le saumon rose est le plus petit et le plus prolifique des saumons du Pacifique ; les mâles développent une bosse dorsale caractéristique pendant la fraye. Espèce anadrome à cycle biannuel strict, il peuple les côtes du Pacifique Nord de la Californie jusqu'en Sibérie, et s'est récemment établi en Europe du Nord.

Calendrier

Signalée dans 6 pays

Canada · États-Unis · Japon · Norvège · Russie · Suède

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

Cette espèce se distingue par un cycle rigide de deux ans. Elle passe seize à dix-huit mois en mer, revient au printemps suivant, fraie et meurt : trois ans est l’âge maximal rapporté, ce qui ne laisse la place à aucune variation. Chaque rivière porte donc deux lignées qui ne se croisent jamais, celle des années paires et celle des années impaires, et l’abondance alterne d’une saison à l’autre selon la vigueur de chacune.

Le second trait explique l’extension de l’aire. Le retour au ruisseau natal est ici moins précis que chez les autres saumons : une part des poissons erre et s’installe ailleurs, jusqu’à six cent quarante kilomètres du cours d’eau d’origine. Cette imprécision, coûteuse à l’échelle d’un individu, est un mécanisme de colonisation à l’échelle de l’espèce — elle explique la présence dans les tributaires arctiques, du delta du Mackenzie à l’estuaire de la Lena, et la capacité à réoccuper vite un bassin vidé.

Elle explique aussi ce qui se passe hors de l’aire d’origine. Des introductions ont eu lieu, et des populations reproductrices se sont établies dans le nord de l’Europe, où l’espèce n’existait pas.

Un dernier point tient à la génétique : l’hybridation avec le saumon kéta est occasionnelle mais produit des descendants fertiles, ce qui est rare entre deux salmonidés distincts.

Le reconnaître

De grosses taches noires ovales marquent le dos, l’adipeuse et les deux lobes de la caudale. Ce semis grossier, bien plus large que celui des autres saumons du Pacifique, se lit d’un coup d’œil sur un poisson frais sorti de l’eau.

Le second repère concerne les jeunes : ils n’ont pas de marques de parr. Un juvénile de salmonidé sans les taches ovales sombres du flanc, dans un cours d’eau de la côte pacifique nord, n’a pas beaucoup d’autres identités possibles. La truite arc-en-ciel, avec laquelle on pourrait le confondre à l’état argenté, garde ces marques et porte une bande claire rosée que ce saumon n’a jamais.

Les comptages achèvent la séparation : cent soixante-dix-sept à deux cent quarante écailles sur la rangée médiane, vingt-six à trente-trois branchiospines, onze à quinze rayons ramifiés à l’anale, treize le plus souvent. Le décompte vertébral va de soixante-trois à soixante-douze.

En mer, la robe est bleu acier à bleu-vert dessus, argent sur les côtés, blanche dessous. À l’approche de la fraie, le mâle noircit sur le dos et prend des flancs rouges marbrés de vert brunâtre ; la femelle suit le même virage en plus discret.

C’est le plus petit des saumons vrais. La maturité arrive vers quarante à cinquante centimètres, et la taille courante tourne autour de cinquante.

La reproduction

La déformation du mâle est sans équivalent dans le genre. Pendant la montaison, son dos se soulève en une bosse énorme, la tête grossit, et les deux mâchoires se garnissent de fortes dents recourbées ; la mâchoire inférieure s’allonge et se relève à sa pointe au point que la gueule ne peut plus se refermer. Un poisson dont la bouche reste ouverte en permanence n’a plus vocation à s’alimenter, et la transformation est irréversible.

La montaison s’étale de juin à la fin septembre selon les régions, et son déclencheur est hydraulique : ce sont les hautes eaux qui mettent les poissons en mouvement.

La femelle se couche sur le flanc et bat de la queue pour évacuer les fines et le gravier léger, creusant une auge profonde ; le mâle, lui, passe l’essentiel de son temps à repousser les intrus. Une fois l’auge prête, elle s’y installe, il la rejoint immédiatement, et les deux libèrent leurs produits en vibrant, bouche ouverte. Plusieurs mâles participent parfois à la même émission. Le nid suivant, creusé juste en amont, recouvre le précédent.

Une femelle dépose environ mille deux cents à mille huit cents œufs — un chiffre modeste pour un salmonidé, compensé par le nombre de reproducteurs. La survie observée sur une rivière canadienne s’échelonne de un à vingt-cinq pour cent selon les années.

Les géniteurs survivent quelques semaines au plus. La mortalité est rapportée entre dix et vingt jours après l’émission.

L’eau qu’il lui faut

En eau douce, ce saumon occupe des rivières de montagne et de piémont à courant modéré à rapide et à fond de gravier. La fraie se fait dans les radiers ou en tête de radier, en faible profondeur, sous un courant pouvant atteindre un mètre cinquante par seconde, sur du gravier grossier et propre.

Le reste de la vie est marin et pélagique, entre la surface et deux cent cinquante mètres, dans une eau qui ne dépasse pas vingt et un degrés.

Le passage en eau douce des jeunes est réduit au minimum. À la sortie du gravier, les alevins dévalent immédiatement, séjournent quelques mois dans la bande côtière, puis prennent le large. Ils peuvent y consommer des larves et des nymphes d’insectes, ou ne rien manger du tout : l’essentiel de la ressource est ailleurs, et ce saumon ne demande à la rivière qu’une frayère et un couloir de descente.

Zones

  • Embouchures et estuaires
  • Rapides peu profonds de rivière
  • Zones côtières marines
  • Fosses de rivière

Techniques

  • Pêche aux leurres (cuillères roses)
  • Pêche à la mouche (streamers)
  • Pêche au vif (crevettes)
  • Pêche en dérive

Appâts

  • Crevettes roses
  • Œufs de saumon
  • Leurres souples rose-orangé
  • Cuillères colorées

Ce qu’il mange

En mer, les jeunes commencent par les copépodes et les tuniciers larvacés, puis passent aux amphipodes, aux euphausiacés et aux poissons à mesure qu’ils grandissent. Ostracodes, larves de décapodes, cirripèdes, tuniciers et insectes diptères complètent le tableau.

Toute la croissance tient dans ces dix-huit mois océaniques : un alevin de quelques centimètres part à la mer et revient à cinquante. La contrepartie est une exposition maximale à la prédation marine, mammifères et grands poissons, quand les alevins paient déjà un lourd tribut aux oiseaux et aux petits carnivores pendant leur dévalaison.

Comment le pêcher

Le calendrier prime sur tout le reste, et il n’a rien de commun avec celui des autres salmonidés. Un bassin donné n’offre une remontée abondante qu’une année sur deux, selon la lignée qui domine. Prospecter la mauvaise année revient à pêcher une rivière presque vide, quelle que soit la technique.

À l’échelle de la saison, le second signal est la crue. Les poissons attendent en zone côtière et s’engagent sur la montée d’eau ; les jours qui suivent une hausse de débit concentrent l’entrée en rivière, et la fenêtre se referme quand le niveau retombe.

Le troisième fait est physiologique. Une gueule déformée qui ne ferme plus interdit toute prise alimentaire, et le poisson qui frappe un leurre en rivière ne se nourrit pas. Un mâle bossu, denté et coloré est en fin de parcours : sa chair a perdu ce qui faisait la valeur du poisson argenté quelques semaines plus tôt, et sa remise à l’eau ne coûte rien à personne.

Là où l’espèce a été introduite hors de son aire, sa capture répond souvent à une logique de gestion plutôt que de loisir, et les consignes locales priment sur l’usage.

Conservation

Un bassin porte deux populations qui ne peuvent pas se secourir. Une lignée détruite par un étiage sévère ou par le colmatage des radiers au mauvais moment ne sera pas reconstituée par celle de l’année voisine, puisque les deux ne se croisent jamais. Le secours ne peut venir que du dehors, par les poissons errants — l’imprécision du retour, coûteuse à l’échelle individuelle, est exactement ce qui répare.

Rien n’indique de recul général : la fécondité modeste de chaque femelle est compensée par des remontées massives et par un renouvellement complet de la population tous les deux ans.

Le sujet se pose plutôt hors de son aire. Un salmonidé prolifique, à génération courte et à retour approximatif, désormais reproducteur dans des rivières du nord de l’Europe, arrive dans des systèmes occupés par des espèces natives déjà en difficulté. Les effets de cette installation sont encore en cours de mesure.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Saumon rose en français, d’après la teinte de sa chair, que le commerce international reprend sous le nom de pink salmon. L’allemand retient l’autre caractère et l’appelle Buckellachs, le saumon à bosse — même image que le humpback salmon anglais. La production part surtout en conserve, avec des débouchés secondaires en frais, en fumé et en congelé, et des œufs recherchés, particulièrement au Japon.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

Espèces proches