
Bar blanc
Morone chrysops · Moronidae
- Eau douce
- Carnassiers
- Moyen
- Taille
32–45 cm
- Poids
0,5–3,1 kg
- Longévité
9 ans
- Temp. eau
12–32 °C
- Profondeur
0–13 m
Où le pêcher
- Estuaire
- Lac
- Rivière
Icônes des milieux : Flaticon
Le bar blanc est un poisson de taille moyenne au corps argenté et allongé, avec des stries longitudinales caractéristiques sur les flancs. Il appartient à la famille des Moronidae et se distingue par sa bouche légèrement proéminente.
Calendrier
Signalée dans 2 pays
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
L’aire couvre trois grands bassins continentaux : le Saint-Laurent et les Grands Lacs, la baie d’Hudson par la rivière Rouge, et le Mississippi, du Québec et du Dakota du Sud jusqu’à la Louisiane. Elle se prolonge vers l’ouest depuis le bas Mississippi jusqu’au Rio Grande, au Texas et au Nouveau-Mexique.
Cette géographie est celle d’un poisson qui circule à l’intérieur des réseaux d’eau douce, sans passer par la mer pour changer de bassin. Elle explique la forme de l’aire, ramassée sur les grands drainages centraux du continent, et son extension vers le sud-ouest le long d’une seule ligne de fleuves.
Le reconnaître
C’est le seul des Moronidae nord-américains à ne jamais voir la mer. Poisson d’eau douce strict, il n’a ni la tolérance au sel ni le trajet côtier de ses congénères, et cela suffit souvent à trancher : un bar argenté rayé pris dans un réservoir continental, loin de toute marée, est plus probablement celui-là.
Le corps est allongé et argenté, marqué de stries longitudinales sur les flancs. Elles sont moins régulières et moins nettes que les sept ou huit lignes continues du bar rayé, et le fond n’a pas la teinte dorée du bar jaune. La bouche est légèrement proéminente.
Le gabarit aide aussi. Une trentaine de centimètres pour le poisson courant : cette espèce n’atteint jamais les dimensions qui rendent le bar rayé identifiable de loin.
La reproduction
La ponte se fait près de la surface, ce qui est peu banal pour un percomorphe d’eau douce. Aucun nid n’est creusé, aucun support n’est nécessaire : les œufs sont émis en pleine eau, dans les couches hautes, et gagnent le fond ensuite.
La maturité est atteinte vers vingt-huit centimètres, soit à peine en dessous de la taille couramment rencontrée. Presque tout ce qui se prend dans cette espèce est donc un adulte reproducteur, et l’âge maximal rapporté ne dépasse pas neuf ans.
Ce cycle court a une conséquence visible sur l’eau. Une population dont les individus vivent moins d’une décennie repose sur un petit nombre de classes d’âge, et une année de reproduction réussie ou ratée se lit dans les prises deux ou trois saisons plus tard. L’abondance de cette espèce oscille beaucoup, sans que cela signale quoi que ce soit d’anormal.
L’eau qu’il lui faut
Lacs, étangs, fosses des cours d’eau petits comme grands : l’espèce s’accommode de tout volume d’eau douce assez profond, dans les treize premiers mètres, entre douze et trente-deux degrés.
Elle vit en bancs et se déplace beaucoup. C’est un poisson de pleine eau plus que de bordure ou de fond, et les bancs montent vers la surface au moment des chasses. Sa position dans la colonne d’eau varie donc dans la journée bien plus que celle d’un percidé, qui reste bas.
Zones
- Grands lacs et réservoirs
- Rivières à courant modéré
- Embouchures de tributaires
- Hauts-fonds rocheux
Techniques
- Lancer-ramener avec leurres légers
- Pêche en surface aux popper
- Verticale au jig léger
- Pêche à la traîne lente
Appâts
- Petits leurres souples
- Cuillères tournantes légères
- Vers de vase
- Petits poissons vivants
Ce qu’il mange
Le passage au poisson est complet chez l’adulte. Les juvéniles prennent de petits invertébrés — cladocères, copépodes, larves de chironomes — puis le régime bascule sur les clupéidés de type alose à gésier, sur les athérines et, à l’occasion, sur de jeunes centrarchidés.
Cette dépendance à une ou deux espèces de fourrage grégaire est le fait central de sa biologie. Là où l’alose abonde, la croissance est rapide et les bancs sont gros ; là où elle manque, l’espèce plafonne. Un banc de bars blancs se trouve donc en cherchant d’abord le banc dont il vit.
Comment le pêcher
Repérer la chasse, pas le poisson. Un prédateur grégaire qui pousse un banc de clupéidés vers la surface se signale par l’agitation de l’eau et par les oiseaux, et ce signal vaut n’importe quelle lecture de fond. Le banc se déplace vite : la fenêtre sur une chasse dure quelques minutes, et un lancer long compte plus qu’une approche patiente.
Hors de ces moments, la pêche se fait en pleine eau. Le poisson n’est ni collé au fond ni en bordure, et sonder la colonne d’eau — plutôt que d’insister à une profondeur choisie — est la seule manière de le trouver. Une profondeur qui donne à midi n’est pas celle qui donne au crépuscule.
Le déplacement à l’intérieur des réseaux d’eau douce crée enfin un rendez-vous annuel. Au moment où l’espèce remonte, elle se concentre dans les tributaires et au pied des obstacles, en très grand nombre et sur peu de linéaire. C’est le seul moment de l’année où l’on connaît d’avance l’endroit exact.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org