
Bonite orientale
Sarda orientalis · Scombridae
- Mer
- Grands pélagiques
- Moyen
- Taille
55–102 cm
- Poids
2,0–11 kg
- Temp. eau
14–23 °C
- Profondeur
1–167 m
Où le pêcher
- Estuaire
- Récif
- Large
Icônes des milieux : Flaticon
La bonite orientale est un Scombridae pélagique des eaux tropicales et subtropicales de l'Indo-Pacifique et de l'Atlantique oriental, reconnaissable aux rayures horizontales sombres sur son dos bleu métallique. Prédateur actif, elle chasse en bancs les clupéidés, calmars et crustacés décapodes en eaux semi-côtières.
Calendrier
Signalée dans 14 pays
Afrique du Sud · Australie · Chine · Colombie · Costa Rica · Équateur · États-Unis · Indonésie · Japon · La Réunion · Mexique · Mozambique · Panama · Taïwan
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
L’aire est vaste et trouée. La documentation le dit sans détour : l’espèce est répandue dans tout l’Indo-Pacifique, mais son aire connue comporte de nombreuses lacunes. La carte de cette bonite ne montre donc pas où elle vit, elle montre où on l’a signalée, et les deux ne se recouvrent pas.
La raison est économique avant d’être biologique. Un poisson d’intérêt commercial secondaire ne fait pas l’objet de campagnes d’évaluation, et sa présence n’est enregistrée qu’incidemment, là où quelqu’un a pris la peine de séparer les scombridés d’une même caisse.
Un cas fait exception et il est bien décrit. Sur la façade américaine du Pacifique, l’espèce descend jusqu’à Cabo Blanco, au nord du Pérou, surtout pendant les épisodes El Niño. Sa limite australe dans cet océan ne dépend donc pas de la saison mais de l’état interannuel de l’eau, et elle se déplace de plusieurs centaines de kilomètres d’une année à l’autre.
Le reconnaître
Le dessin du dos est fait de raies obliques étroites, presque de filets, et non de bandes larges. C’est la première chose à regarder, parce que la détermination de ce poisson se joue rarement seule : il nage mêlé à des petits thons, et l’examen se fait sur un tas de scombridés vidé sur le pont.
Le compte des vertèbres règle les cas litigieux. Quarante-quatre ou quarante-cinq, sans marge : c’est la fourchette la plus resserrée du genre, et elle ne laisse pas la place à l’interprétation que laissent les autres bonites. Dix-sept à dix-neuf épines dorsales, quatorze à seize rayons à l’anale.
La rosette olfactive porte de vingt et une à trente-neuf lamelles. Ce détail ne s’observe pas au bord, mais il figure dans toutes les clés du genre et sert dès qu’un doute remonte jusqu’au laboratoire.
La taille courante plafonne autour de cinquante-cinq centimètres, très loin de ce qu’atteignent les plus grands individus. L’écart entre les deux est le plus large du genre, et un très gros individu de cette espèce est une rareté et non un grand adulte ordinaire.
La reproduction
La ponte suit la mousson. Ce n’est pas une saison au sens d’un mois du calendrier mais un régime de vents, et la date se déplace donc avec la longitude : une même espèce fraie à des moments différents dans l’océan Indien, en mer de Chine et le long de l’Amérique centrale.
La maturité s’établit autour de quarante-sept ou quarante-huit centimètres en moyenne, les individus les plus précoces mûrissant dès quarante-cinq. Ce seuil se situe juste sous la taille courante des captures.
L’eau qu’il lui faut
Quatorze à vingt-trois degrés : la fenêtre thermique est étroite et fraîche pour un poisson des mers chaudes, et c’est ce qui explique qu’on le trouve sur les bords des océans tropicaux plutôt qu’en leur centre.
La profondeur commence à un mètre. Ce chiffre bas mérite d’être retenu : l’espèce entre dans une eau où l’on a pied, et les abords des îles font partie de ses postes réguliers.
Elle vit en bancs, et ces bancs ne sont pas les siens seuls. La documentation la signale en compagnie de petits thons, dans des rassemblements mixtes où plusieurs espèces chassent le même fourrage.
Zones
- Eaux pélagiques côtières
- Autour des récifs et hauts-fonds
- Fronts thermaux
- Passes et embouchures
Techniques
- Lancer aux leurres métalliques
- Traîne de surface
- Pêche au vif
- Pêche à la cuiller
Appâts
- Petits clupeïdés vivants
- Calmars
- Leurres argentés
- Poissons fourrage
Ce qu’il mange
Les clupéidés viennent en tête — sardines, anchois et apparentés —, suivis d’autres poissons et de calmars.
L’entrée qui étonne est celle des crustacés décapodes. Une bonite lancée à pleine vitesse derrière un banc d’anchois n’est pas l’animal qu’on imagine en train de trier des crevettes, et pourtant cette part du régime est constante. Elle explique qu’on la prenne parfois sur des leurres qui n’imitent aucun poisson.
Comment le pêcher
La chasse mixte est le fait à intégrer avant de sortir. Cette bonite se tient dans les mêmes rassemblements que les petits thons, et sur une chasse repérée aux oiseaux on ne choisit pas ce qui prend. Monter une ligne pour l’un et refuser l’autre n’a aucun sens ici ; la seule décision utile porte sur le calibre du leurre, commun aux deux.
La traîne aux lignes de surface fait partie des méthodes documentées sur l’espèce, à côté des engins tournants et des filets dérivants. Le poisson répond à une présentation rapide en pleine eau.
Les lacunes de la carte ont une conséquence pratique inhabituelle. Sur cette espèce, l’information d’un pêcheur du coin vaut mieux qu’une aire de répartition : elle est présente dans des secteurs où aucune donnée ne la place, et absente de zones qui devraient lui convenir.
Conservation
Le poisson disparaît dans les statistiques des autres. Nageant au milieu des petits thons, il est capturé par des engins qui les visent et débarqué avec eux, si bien que son propre total n’existe qu’au prix d’un tri que personne n’a intérêt à faire. Une espèce qu’on ne compte pas séparément ne peut pas être suivie séparément.
Sa dépendance à l’état de l’océan ajoute une difficulté. Une population dont la limite sud avance de plusieurs centaines de kilomètres les années El Niño change de juridiction en changeant de latitude, et les séries de captures d’un pays donné mêlent des variations d’abondance et des variations de présence.
Rien n’indique en revanche de pression particulière sur l’espèce, et sa maturité précoce au regard de sa taille maximale lui laisse de la marge.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Bonite orientale en français. L’anglais dit striped bonito, l’espagnol bonito mono, l’italien palamita orientale.
Une collision de noms mérite l’attention. L’anglais appelle cette espèce la bonite rayée, alors que le français réserve « bonite à dos rayé » à l’espèce atlantique, qui est un autre poisson. Les deux noms décrivent le même caractère chez deux animaux différents, et une traduction littérale intervertit les espèces sans que rien ne le signale. Le binôme est ici la seule référence sûre.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org